Yémen : catastrophe humanitaire en vue

Vincent Taillandier Yémen
Ce 3 avril 2015, Vincent Tallandier, directeur des opérations pour Action contre la Faim, est l'invité du JT de TV5MONDE.
Interview d'Isabelle Malivoir

Au Yémen, 90% des biens de consommation sont importés. Mais depuis le début des combats, les accès au pays sont compromis, et la population civile souffre. Bilan d'une situation humanitaire très préoccupante avec Vincent Tallandier, directeur des opérations pour Action contre la Faim.

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En deux semaines, les combats au Yémen ont fait 519 morts et près de 1700 blessés, selon l'ONU. Un autre aspect de ce conflit est la raréfaction des produits de consommation courante, à commencer par les aliments, qui touche les populations civiles dont plus de la moitié vivait déjà en situation d'insécurité alimentaire chronique avant les combats.

Importations bloquées

Blocus portuaires, interdictions de survol du territoire et aéroports impraticables... L’intervention militaire bloque tout approvisionnement dans ce pays qui dépend en grande partie de ses importations : 90 % des biens de consommation sont importés, à commencer par les produits alimentaires. 

Populations déplacées

A la rareté des produits alimentaires vient s'ajouter le déplacement de centaines de milliers de civils qui fuient les combats. L’insécurité qui sévit à travers le pays conduit les populations à fuir dans la panique, à la recherche de zones moins exposées. Ainsi des milliers de déplacés internes cherchent-ils un refuge. Les villes et infrastructures étant des cibles privilégiées, car autant d'enjeux-clés pour les belligérants, les familles se retrouvent dans des villages ou des lieux coupés de toute structure de soin, démunies de tout, parfois sans eau et bientôt sans possibilité de se ravitailler en nourriture.

Urgence humanitaire

Loin des centres et des marchés déjà peu approvisionnés, sans réel abri, les déplacés internes courent un grand risque de déshydratation et de malnutrition. Les personnes les plus vulnérables sont les premières victimes de la violence et des déplacements : elles doivent accéder à une aide humanitaire qu'il est de la responsabilité de la communauté internationale de mobiliser. 
La centaine de travailleurs humanitaires d’Action contre la Faim qui intervient dans ces conditions ne peut plus ni ravitailler les programmes en cours ni faire entrer les traitements nécessaires aux enfants suivis qui souffrent de sous-nutrition. Ils doivent désormais travailler à partir de stocks de contingence.