Yémen : L. Fabius sonne "l'ordre d'évacuation"

Laurent Fabius, ministre français des Affaires Etrangères,  Isabelle Prime et son accompagnatrice yéménite toutes deux enlevées au Yémen
Laurent Fabius, ministre français des Affaires Etrangères,  Isabelle Prime et son accompagnatrice yéménite toutes deux enlevées au Yémen
AFP et capture d'écran

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a réitéré mercredi l'appel aux ressortissants français à quitter le Yémen, au lendemain du kidnapping d'une jeune Française à Sanaa et de son accompagnatrice.

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"Il reste un certain nombre de Français (au Yémen). On ne peut pas les obliger à partir mais je redis l'ordre d'évacuation qu'on avait donné il y a deux semaines", a déclaré M. Fabius à la radio France Info.

"C'est un pays extrêmement dangereux", a-t-il insisté. "La France met tout en oeuvre pour tenter de reprendre le contact avec les kidnappeurs" a-t-il ajouté via son porte-parole, Stéphane Le Foll.

La capitale du Yémen est actuellement contrôlée par les miliciens chiites houtis.

Début février, la France et d'autres pays occidentaux avaient fermé leurs ambassades, et Paris avait appelé sa centaine de ressortissants à quitter le Yémen.

Une jeune ressortissante française, Isabelle Prime, employée d'une société de conseil américaine, a été enlevée mardi à Sanaa

"Tous les services sont mobilisés" pour obtenir sa libération, a souligné M. Fabius, précisant que la jeune femme avait été enlevée à un barrage à Sanaa, mais que l'identité des ravisseurs n'était pas encore connue.

L'accompagnatrice d'Isabelle Prime a, quant à elle, refusé d'être libérée, pour rester avec la jeune Française. Les deux femmes sont employées d'une société de conseils américaine, sous contrat avec un fond, lui-même travaillant pour la Banque mondiale.

Isabelle Prime, une consultante spécialisée

La jeune ressortissante française enlevée mardi au Yémen à Sanaa, Isabelle Prime, se trouvait dans ce pays depuis plus d'un an, dans la continuité d'un parcours professionnel tourné vers l'international.

Issue d'une famille de Loire-Atlantique, la jeune femme, née en mai 1984, a grandi et suivi la majeure partie de sa scolarité à Angers (Maine-et-Loire).

Arrivée en novembre 2013 au Yémen selon son père interrogé par RTL, elle devait quitter le pays "dans quelques jours", a indiqué à l'AFP le patron de la société de conseil américaine pour laquelle elle travaillait.

Francisco Ayala, président de Ayala Consulting, basée dans la banlieue de Miami (Floride, sud-est) et en Equateur, a indiqué qu'"Isabelle était la dernière" des expatriés de sa société encore au Yémen.

Le père de la jeune femme a souligné sur le site internet de RTL la prudence de sa fille qui, loin d'être une tête brûlée selon lui se trouvait en permanence en relation avec les services de sécurité locaux.

Selon le site d'Ayala Consulting, Isabelle Prime est consultante spécialisée en développement durable et en communication. Elle avait auparavant travaillé en Jordanie et en France dans les télécommunications et l'assainissement de l'eau.