CAN 2015 : équipes favorites et joueurs à suivre

Le Nigeria, vainqueur de la CAN 2013 © AFP/B.Stansall
Le Nigeria, vainqueur de la CAN 2013 © AFP/B.Stansall

La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015 débute aujourd'hui en Guinée-Equatoriale. 16 équipes participent à cette compétition africaine très attendue. Cette année, quelles sont les favorites ? Quels joueurs risquent de faire parler d'eux ? Tour d’horizon avec Mansour Loum, rédacteur en chef du site Afrik.foot.  

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Les équipes favorites

L’Algérie, "star" du Mondial 2014

L’Algérie de Christian Gourcuff se présente comme l’équipe favorite de la poule C. Cette dernière regroupe le Ghana, l’Afrique du Sud et le Sénégal. Durant le Mondial 2014 au Brésil, c’est l’équipe africaine qui a fait la plus forte impression en bousculant jusqu’en prolongation l’Allemagne, sacrée championne du monde, en 8ème de finale. "Puisque l'équipe algérienne a fait une bonne Coupe du monde, qu'elle a développé du jeu et qu'elle possède de bons joueurs, elle est attendue dans la continuité du Mondial 2014. Durant les éliminatoires de la CAN, l'Algérie a joué six matchs et en a gagné cinq. Ils étaient les premiers qualifiés dès la 4ème journée. On attend beaucoup de cette équipe."Les Fennecs sont au 18ème rang du classement Fifa, ce qui fait d’elle la meilleure équipe africaine. 

Pour Ali Fergani, ancien capitaine des Verts, interrogé par le journal Tout sur l'Algérie (TSA), "les chances de l’Equipe nationale de gagner la Coupe sont réelles. Mais il faut savoir qu’il y a d’autres paramètres qui font partie du jeu lors d’un tournoi tel que la Coupe d’Afrique. Il ne faut pas perdre le premier match contre l’Afrique du Sud, sinon ça deviendra difficile. L’idéal ça serait de gagner. Surtout que le niveau de notre groupe est assez élevé".

L'équipe d'Algérie aligné face à la Tunisie en match de préparation à la CAN, le 11 janvier 2015 au stade de Radès, près de Tunis © AFP
L'équipe d'Algérie aligné face à la Tunisie en match de préparation à la CAN, le 11 janvier 2015 au stade de Radès, près de Tunis © AFP

Cameroun : nouveau souffle 

Le Cameroun jouera la CAN avec sa nouvelle génération de joueurs - fini les années Samuel Eto'o, l'avant-centre vedette des Lions Indomptables. Mais l'équipe "peut créer la surprise, affirme Mansour Loum. Ils ont des jeunes du Barça qui ont 19 ans. Ils repartent sur un nouveau cycle et pour l'instant, ça fonctionne"
Absent de la CAN en 2012 et 2013, le Cameroun doit faire ses preuves et essayer de faire oublier le Mondial 2014 où les Lions Indomptables se sont fait ridiculiser par la Croatie (4-0) et le Brésil (4-1). Durant la Coupe du monde, l'image de cette équipe nationale avait été quelque peu entachée par les histoires de primes réclamées par les joueurs à leurs responsables sportifs, mais également par les altercations entre certains joueurs, notamment durant le match contre les Croates. 

La Côte d'Ivoire et ses "stars" 

La Côte d'Ivoire dispose d'un effectif qui évolue au plus haut niveau mais le but pour l'équipe sera de s'extraire de la poule D ou la "poule de la mort". Cette année, les Eléphants joueront sans Didier Drogba; mais il reste encore du beau monde avec Yaya Touré sacré pour la quatrième fois joueur de l'année par la Confédération africaine de football, le dribbleur Roma Gervinho et les attaquants Salomon Kalou, Wilfried Bony (Manchester City) et Max-Alain Gradel (Saint-Etienne). 

Ghana et Mali : valeurs sures

L’équipe du Ghana est plutôt constante : elle a figuré dans le dernier carré des quatre dernières Coupe d’Afrique, sans aucun titre à la clef malheureusement. Les Black Stars ont fait un Mondial décevant au Brésil avec une élimination au premier tour. Ils sont donc très attendus durant cette CAN 2015, sachant que le pays a déjà remporté quatre fois la compétition : 1963, 1965, 1978 et 1982. Décrochera-t-elle un cinquième titre continental cette année ? 

Les Aigles du Mali ont terminé troisième lors des deux dernières éditions, 2012 et 2013. L'équipe bénéficie d'une expérience et d'une performance au plus haut niveau africain. Seydou Keita, le capitaine du Mali et meilleur buteur de l'histoire de sa sélection dispute sa septième CAN, "preuve du sérieux que je mets dans mon métier", a-t-il déclaré au site Malifootball.   

Sénégal : revanchard 

Le Sénégal se doit une revanche après ses deux dernières CAN de 2008 et 2012 achevées en fiasco (élimination dès le premier tour). Le sélectionneur Alain Giresse, en poste depuis début 2013, a la lourde tâche de rendre aux Lions de la Téranga une place dans le foot africain. L'équipe a renforcé sa défense : il n'a encaissé qu'un seul but dans son parcours de qualifications. Elle possède plusieurs joueurs aguerris en France, comme Lamine Sané (Bordeaux), Idrissa Gueeye, Pape Souaré (Lille), Djilobodji (Nantes) et Cheikh Mbengue (Rennes). En attaque, le groupe peut compter sur Moussa Sow (Fenerbahçe) et Papiss Cissé (Newcastle).  

Les joueurs à suivre selon Mansour Loum, rédacteur en chef d'Afrik.foot

De gauche à droite et de haut en bas : Yacine Brahimi, Raïs M'Bolhi, Sadio Mané, Yannick Bolasie, Yayé Touré et Gervinho
De gauche à droite et de haut en bas : Yacine Brahimi, Raïs M'Bolhi, Sadio Mané, Yannick Bolasie, Yayé Touré et Gervinho
Yacine Brahimi (Algérie) : C'est la tête d'affiche. L'année dernière, il a fini meilleur joueur africain du championnat espagnol. Il a été sacré meilleur joueur algérien et meilleur joueur africain 2014 par la BBC. Pour lui, c'est l'occasion de confirmer ces titres.  

Raïs M'Bolhi (Algérie) : C'est le gardien de but algérien. Il a fait une coupe du monde impressionnante avec un match de folie face à l'Allemagne. C'est lui qui a permis à l'Algérie d'aller en prolongations. On s'attend à ce qu'il poursuive sur sa lancée. 

Sadio Mané (Sénégal) : Il est arrivé en Angleterre cette saison, il fait partie de la nouvelle génération de footballeurs sénégalais. C'est un joueur dans le style de Brahimi. Son jeu est technique, il va vite. Il fait la différence à lui tout seul. 

Yannick Bolasie (RD Congo) : Il joue au Crystal Palace en Angleterre. C'est un joueur offensif qui est très attendu. Lui aussi possède un jeu très très technique, il adore dribbler et les supporters congolais sont vraiment fan de lui. Durant les matches amicaux, dès qu'il rentrait sur le terrain, lui ou quelqu'un de son équipe marquait.  

Yayé Touré (Côte d'Ivoire) : On disait souvent qu'avec Didier Drogba, il y avait un problème de leadership. Maintenant qu'il est le seul maître à bord, c'est à  lui de tirer l'équipe vers le haut. 

Gervinho (Côte d'Ivoire) : Il est l'un des cadres de la section ivoirienne. A la Roma, il est très performant, donc les Ivoiriens s'attendent à ce qu'il soit aussi bon en sélection. 

Une CAN “pas comme les autres“

Initialement prévue au Maroc, la Coupe d'Afrique des Nations a finalement été déplacée en Guinée-Equatoriale. Le royaume chérifien avait, en effet, déclaré ne pas vouloir accueillir la compétition du 17 janvier au 8 février prochain à cause de la propagation du virus Ebola. Le nouveau pays hôte a bénéficié d'environ deux mois pour préparer cette Coupe continentale, tant attendue. Un délai extrêmement court qui annonce quelques problèmes d'organisation et de logistique. "Quand on a 74 jours pour organiser une CAN, il faut s'attendre à avoir des loupés", assure Mansour Loum. 

Et cela n'a pas loupé. Le Congo qui ouvre la CAN face à la Guinée Equatoriale, ce samedi, a eu la surprise de constater, en arrivant sur place, que l'hôtel qui accueille l'équipe ne bénéficiait pas d'assez de chambres pour tout le monde. "C’est invraisemblable, inadmissible, s'est énervé Claude Le Roy, sélectionneur du Congo, cité par L'EquipeC’est la première fois que je vois ça en 8 CAN. On ne sait pas où certains vont dormir !" 

Autre problème : les terrains d'entrainement. Sur RFI, le 13 janvier dernier, le sélectionneur, pointait du doigt ce manque d'organisation : "Dès hier (lundi), on a reçu un mail des organisateurs disant qu’il fallait revoir les programmes d’entraînement parce qu’un terrain était indisponible. Si, un matin, les terrains d’entraînement sont indisponibles, je crains le pire". Pour Mansour Loum, l'inquiétude est du côté du revêtement des stades. "Moi ce qui me fait peur, ce sont les pelouses", souligne le journaliste. Ils ont posé de nouvelles pelouses début janvier, alors que cela doit se faire des mois à l'avance pour qu'il n'y ait plus que l'entretien à faire ensuite. Mais là, je me demande si elles vont tenir à raison de plusieurs matches par jour..."

De nombreuses préoccupations pèsent sur l'ouverture de cette 30ème édition de la CAN. Reste à espérer que les problèmes d'organisation n'influenceront pas la qualité de jeu des équipes africaines.