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En Chine, Manuel Valls veut “rééquilibrer les échanges“

Manuel Valls et son homologue chinois Li Keqiang à Pékin le 29 janivers 2015 (AP Photo/Fred Dufour, Pool)
Manuel Valls et son homologue chinois Li Keqiang à Pékin le 29 janivers 2015 (AP Photo/Fred Dufour, Pool)

Le Premier ministre français a entamé jeudi 29 janvier une visite officielle de trois jours en Chine. Après François Hollande à Pékin en 2013 et la venue du numéro un chinois Xi Jinping à Paris l'an dernier, l'objectif de Manuel Valls est d'encourager les investissements en France de la 2ème économie mondiale. 

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Rééquilibrage commercial

Les exportations de la Chine vers la France sont 2,5 fois plus élevées que celles de la France vers la Chine. L'Hexagone a accusé 26 milliards d'euros de déficit commercial avec la Chine en 2013, soit près de 40% de son déficit extérieur total. A Tianjin, Manuel Valls a appelé à "remédier au déséquilibre" des échanges commerciaux, mais le rééquilibrage suppose une réciprocité reposant "sur la confiance et la connaissance mutuelle de nos atouts".
Cette allusion à la réciprocité peut s'entendre comme une référence aux obstacles jugés encore trop nombreux aux exportations françaises et européennes vers la Chine qui "ne recherche en aucun cas l'excédent commercial", a assuré Li Keqiang, son homologue chinois, lors d'une conférence de presse commune. Un exercice qui reste exceptionnel pour le pouvoir chinois. "Bien au contraire, nous espérons un équilibre dans les échanges commerciaux puisque c'est la seule manière d'assurer un développement durable des relations commerciales", a poursuivi M. Li. "Les investissements chinois sont les bienvenus en France", a de son côté affirmé Manuel Valls, credo qu'il avait martelé en entamant au matin son voyage en Chine, à Tianjin, métropole dynamique à une centaine de kilomètres de Pékin.

Elargissement des coopérations

Manuel Valls a salué l'élargissement des coopérations sino-françaises, prenant en exemple la première émission obligataire publique en yuan à Paris cette semaine, témoignant de l'internationalisation de la monnaie chinoise. Les Premiers ministres Li et Valls ont supervisé la signature d'une douzaine d'accords divers, dont un entre EDF et l'opérateur nucléaire chinois CGN. Toutefois, même si une importante délégation d'hommes d'affaires accompagne M. Valls - les nouveaux patrons d'EDF, Thales, Areva, les dirigeants de la SNCF, GDF Suez, Schneider, Airbus... - aucun contrat commercial majeur n'a été annoncé.                 
                 
Airbus

Accompagné notamment du chef de la diplomatie française Laurent Fabius, le chef du gouvernement français s'est rendu à l'usine d'Airbus, ouverte il y a dix ans.
Cette usine d'assemblage d'A320 "illustre parfaitement le dynamisme de notre relation", a lancé Manuel Valls: un quart des avions vendus par Airbus vont vers le marché chinois.
Le Premier ministre s'est dit "sûr" que l'avionneur européen concrétiserait son projet de "centre de finition" de l'A330, spécialement adapté au marché chinois, "sous réserve qu'il reçoive un nombre suffisant de commandes" en Chine.
Visite de l'usine Airbus de Tianjin lors de la visite de Laurent Fabius, le 24 février 2014 (AP Photo/Goh Chai Hin, Pool)
Visite de l'usine Airbus de Tianjin lors de la visite de Laurent Fabius, le 24 février 2014 (AP Photo/Goh Chai Hin, Pool)

Changement climatique et autres "sujets de préoccupation français"

Le voyage de M. Valls en Chine vise aussi à rapprocher Pékin de la signature d'un accord mondial sur le climat à Paris en fin d'année. Un sujet pris "très au sérieux" par la Chine, "déterminée à agir", a assuré Manuel Valls. "Nous avons déjà beaucoup fait pour lutter contre réchauffement et nous continuerons à faire des efforts difficiles et très marqués", a répondu Li Keqiang.

Il a ajouté avoir abordé avec Manuel Valls "les sujets de préoccupation français, les droits de l'Homme, l'Etat de droit et l'internet", le régime communiste exerçant une censure draconienne des réseaux sociaux.

Sa visite clôt une série d'événements marquant le 50e anniversaire de l'établissement, en 1964, des relations diplomatiques entre la France et la Chine populaire.