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Arabie saoudite : une militante libérée

Souad al-Shammari (Capture d'écran Twitter)
Souad al-Shammari (Capture d'écran Twitter)

Quelques jours après son accession au trône, Salmane d'Arabie saoudite annonçait une amnistie partielle pour certains prisonniers. Aujourd'hui, la militante saoudienne Souad al-Shammari a été libérée après trois mois de détention, contre l'engagement écrit de "réduire ses activités".

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Arrêtée le 28 octobre 2014, Souad al-Shammari a passé environ 90 jours dans une prison pour femmes dans la ville de Jeddah, sur la mer Rouge (ouest de l'Arabie saoudite). "Dieu merci, elle est libre maintenant", a déclaré sa fille Sarah al-Rimaly. Elle a été libérée il y a trois jours après avoir pris l'engagement par écrit de "réduire ses activités", ajoute sa fille. Sa mère va bien, précise-t-elle, même si elle a souffert d'une mauvaise alimentation. Selon Amnesty International, Souad al-Shammari, mère de six enfants, travaillait comme directrice d'école à Jeddah, avant d'être "mise de force à la retraite de son poste en 2011, en raison de son militantisme". Depuis, elle "s'est vu refuser accès à sa pension de retraite" et a interdiction de voyager depuis mars 2013.

Souad al-Shammari a été arrêtée pour des commentaires jugés injurieux envers l'islam et pour avoir mis en ligne sur Twitter des remarques à propos de dignitaires religieux. Dans un tweet, elle jugeait "idiot" que les croyants se sentent obligés de porter la barbe, ce qui lui avait aussitôt valu d'être accusée d'insulter le prophète. "Souad al-Shammari est bien connue pour son opposition au système de tutelle, qui soumet l'autonomie des femmes à l'autorité d'un gardien masculin. Elle a participé aux campagnes pour lever l'interdiction faite aux femmes de conduire", rappelait Amnesty International lors de son arrestation.

L'avocate saoudienne Souad al-Shammari est la cofondatrice du site internet, Liberal Saudi Network, avec le blogueur Raef Badaoui, dont la condamnation en novembre à 10 ans de prison et mille coups de fouet a suscité une vague d'indignation à travers le monde. Aujourd'hui, Liberal Saudi Network est fermé sur ordre de la justice. Pour Reporters sans frontières (RSF), qui a décerné à Raef Badaoui son prix 2014 pour la liberté de la presse, ce site était "un réseau en ligne de discussions qui vise à encourager les débats politiques, religieux et sociaux en Arabie saoudite". La libération de l'avocate éveille l'espoir de voir Raef Badaoui libéré à son tour, pour qu'il puisse rejoindre sa femme, Ensaf Haidarn et ses enfants au Canada. Depuis 2013, Ensaf Haidar a trouvé refuge avec ses trois enfants à Sherbrooke, une petite ville du Québec. Là-bas, elle tente de mobiliser la communauté internationale pour obtenir la clémence de la justice saoudienne sur le cas de son époux.
 

Portrait d'Ensaf Haidar, la femme de Raif Badawi http://t.co/N459sLs4lF

— Cybersolidaires (@Cybersolidaires) 2 Février 2015