La nouvelle Sarah Palin

C'est surtout la droite américaine qui semble inciter certaines militantes à entrer en politique. Et pas question pour elles de défendre le droit des femmes...

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Féministes les Américaines ? Sans aucun doute. Avant l'heure même. Pas question de se laisser marcher sur les pieds au travail et ni de tolérer un geste déplacé de la part de leurs collègues masculins, sous peine de poursuites.

Pourtant, si le politiquement correct, voire l'éthiquement correct, exigent un comportement exemplaire outre-Atlantique, les femmes ont encore du chemin à parcourir dans certains domaines.

Ainsi, en politique, malgré des porte-drapeaux aussi célèbres qu'Hillary Clinton, elles ont récemment régressé. Elles ne sont plus que 91 femmes à siéger au Congrès (soit 17%) depuis le scrutin de mi-mandat de 2010, contre 95 deux ans auparavant. Un recul inédit depuis 30 ans.

De quoi inquiéter certaines féministes, comme Kirsten Gillibrand, sénatrice démocrate de l'Etat de New York, qui a remplacé Hillary Clinton quand celle-ci a été nommée Secrétaire d'Etat. Petite fille d'une militante pour les droits des femmes, Kirsten Gillibrant a lancé un mouvement (et un site web) pour inciter les femmes à entrer en politique, les conseiller, lever des fonds. Cela, c'est pour le camp démocrate.

Dans le camp républicain, la situation est bien différente. Les femmes sont nombreuses à être entrées en politique, mais elles sont loin d'être féministes. Après Sarah Palin, la droite conservatrice s'est trouvée une nouvelle égérie : Michele Bachmann. A part devenir présidente des Etats-Unis, puisqu'elle vient de se lancer dans la course à l'investiture du parti républicain pour la présidentielle de 2012, le rêve de cette Représentante du Minnesota, c'est d'être mère au foyer. Si elle a dû travailler, c'est parce qu'il n'y avait pas assez d'argent dans la famille. Et si, en plus de ses 5 enfants, elle en a élevé 23 autres de l'assistance publique, elle a souhaité qu'on leur apprenne autre chose que le Darwinisme ou la tolérance vis à vis des homosexuels. Elle a donc commencé sa carrière en militant pour que des « valeurs chrétiennes » soient enseignées à l'école - à l'exception du reste.

Aujourd'hui en campagne, elle milite bien entendu pour la famille traditionnelle et contre le mariage gay, pour  les réductions budgétaires et contre un système de santé publique, pour la grandeur de l'Amérique et contre le « big government ».

Des femmes, de leurs droits et des progrès qui restent à faire, elle ne souffle mot....

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 

Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.