Tirez les premiers, messieurs les Anglais !

Les sociétés britanniques sont à la traîne en ce que concerne la féminisation des conseils d'administration des grandes sociétés. Si elles ne font rien, c'est l'Europe qui décidera pour elles... Shocking !

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Non seulement certains écoutent aux portes et aux portables, mais en plus, l'Angleterre reste un « gentlemen's club» très fermé. En particulier pour les femmes dans les conseils d'administration.

Alors que nombre de pays européens - de la Norvège, pionnière en la matière, à l'Espagne et la France - se dotent d'un système de contraintes avec pour objectif la féminisation des conseils d'administration des sociétés cotées, l'Île avait décidé jusqu'à présent de rester dans son splendide isolement.

Mais voici qu'elle est rattrapée par l'Europe. Les administrateurs des sociétés cotées européennes devront être à 40% des femmes à horizon 2020, une loi devrait y veiller. Ainsi en a décidé le parlement européen il y a quelques semaines.

Un coup dur pour les businessmen britanniques, qui refusent, par principe, que des lois les contraignent dans ce domaine et encore plus si elles viennent de Bruxelles. Il ne reste qu'une seule solution : faire des efforts, et atteindre, volontairement, les objectifs.

Pour l'heure, si les sociétés britanniques annoncent régulièrement mais du bout des lèvres, vouloir accroître le pourcentage de femmes dans les conseils d'administration, leur performance est à l'aune de leur enthousiasme : l'an dernier, les « boards » n'étaient féminisés qu'à hauteur de 12,5% (contre 20% en France selon l'étude récente d'Ethics & Boards, citée dans la Tribune du 11 juillet 2011)

La Confédération de l'Industrie Britannique vient donc de prévenir ses membres : il va falloir faire un effort, un vrai,  sinon, le couperet tombera. L'ancien ministre du commerce, Lord Davies of Abersoch, un « labour », a quant à lui recommandé que les sociétés de l'indice boursier britannique visent un minimum de 25% de femmes dans leurs conseils d'ici 2015.

Pour atteindre la cible de 40% en 2020, cela promet du sang, de la sueur et des larmes...

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 

Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.