La révolution américaine est en marche

Les compagnies d'assurance privées vont, à partir du 1er janvier 2013, prendre totalement en charge l'achat de la pilule outre-Atlantique. De quoi changer une société où la moitié des grossesses sont non-planifiées.

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La ministre Kathleen Sebelius
Au même titre que la détection du cancer de l'utérus ou le soutien en cas de violence conjugale, la pilule contraceptive sera intégralement prise en charge par les compagnies d'assurance privées américaines, à partir du 1er janvier 2013. Au nom de la prévention. Ainsi en a décidé l'administration Obama, lundi 1er août.

De quoi révolutionner l'Amérique, connue pour le conservatisme d'une partie de sa population en matière de sexualité. Des millions de femmes seront concernées, même si déjà, la pilule est largement utilisée. Ce qui n'empêche pas la moitié des grossesses d'être non-planifiées, selon l'estimation donnée par la ministre de la Santé américaine, Kathleen Sebelius, dans un twitt. C'est elle qui a poussé le dossier, après une enquête réalisée par l'Université de Californie à Los Angeles soutenant notamment que la prévention des grossesses non-désirées était un élément essentiel pour la santé physique autant que psychologique des femmes.

Il était temps ! Alors que le système de santé public destiné aux plus démunis fournit gratuitement des moyens de contraception, certaines assurances privées refusent de rembourser entièrement l'achat de la pilule. Ce sera donc impossible à l'avenir. A part pour certaines. De fait, pour satisfaire les conservateurs, les nouvelles règles édictées par l'Administration Obama incluent une « option de sortie » pour des institutions religieuses (gérant des hôpitaux ou des mutuelles, par exemple), qui n'auraient pas à couvrir entièrement la contraception si elles ne le souhaitent pas...

Reste que le mouvement est lancé. Selon les observateurs, certaines compagnies assurances n'attendraient même pas 2013 pour satisfaire la demande de leurs clientes, mais offrirait une prise en charge complète de tout moyen de contraception bien avant cette date, tant la demande est forte.

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 

Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.