Terriennes

Indignadas !

Quelques 40 Espagnoles sont mortes depuis le début de cette année en raison de maltraitance machiste. Certaines militent pour qu'une liste des condamnés soit disponible. Une méthode plus immédiatement efficace que l'éducation des hommes...

dans
Comme chaque année, l'enquête du ministère de la santé, de la politique sociale et de l'égalité sur la maltraitance des femmes vient de sortir en Espagne. Avec son lot de chiffres affligeants: sur les trois premiers mois de l'année, 32 492 plaintes pour violence conjugale ont été enregistrées, une augmentation de 1,7% par rapport à l'enquête 2010. Et depuis le début 2011, déjà 40 femmes ont péri sous les coups de leur conjoint...

D'autres - nombreuses - subissent sans mot dire, psychologiquement dépendantes qu'elles sont de leur agresseur. Pis, toujours selon la dernière enquête du ministère, 1,4% de sondés estime que « dans certaines circonstances », la violence contre les femmes est « acceptable » ! Affligeant, dis-je...

Mais les choses bougent quand même. Ainsi, si la majorité des personnes interrogées estime que la meilleure solution pour éradiquer la maltraitance machiste reste « l'éducation » et le « travail psychologique », sans oublier la lutte contre l'alcoolisme et la drogue, deux phénomènes qui tendent à accroître les actes de violence contre les femmes, d'autres envisagent désormais une méthode plus radicale: la constitution d'un registre des délinquants et la mise à disposition des femmes de cette liste d'hommes accusés et condamnés pour maltraitance.

Selon l'enquête du ministère de la santé, cette solution gagnerait même du terrain: alors qu'elles n'étaient que 4,1% à y croire l'an dernier, les personnes interrogées sont cette année 5,1% (soit l'équivalent de 2 millions d'Espagnols à l'échelle du pays) à s'intéresser à cette solution, qu'elles jugent plus immédiatement efficace.

En proie au doute, forte d'une mauvaise expérience ou afin de confirmer un soupçon, les femmes qui s'engagent dans une relation pourraient ainsi, si elles le désirent, consulter le registre en question pour vérifier si leur nouvel « amoureux » ne s'y trouve pas. Et éviter bien des ennuis - sans parler de parfois sauver leur vie...

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 

Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.