Terriennes

146 personnes décédées en France sous les coups de leur conjoint

Victimes de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint, 122 femmes et 24 hommes, soit 146 personnes, sont décédé-e-s en France dans le cours de l'année 2011. Des chiffres un peu moins élevés que les années précédentes mais qui restent encore trop importants tant pour les associations que pour le nouveau ministère des Droits des femmes.

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Comme chaque année depuis 2007, la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur a publié vendredi 3 août 2012 son rapport sur les morts violentes au sein des couples. Il en ressort que 146 personnes en France sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint au cours de l'année 2011 : 122 femmes et 24 hommes. Des chiffre qui n'ont jamais été aussi bas depuis que ce genre d'étude, s'appuyant sur les rapports de police et gendarmerie, est menée. En 2010, 174 décès au sein du couple avaient été enregistrés (dont  146 femmes et 28 hommes), 165 en 2009, 183 en 2008 et 192 en 2007.

Ce qui est « encourageant », a jugé la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), tout en jugeant les chiffres « encore trop élevés ».  En effet, sur le plan statistique, la tendance reste la même qu'il y a 5 ans :  une femme meurt tous les trois jours des conséquences des violences perpétrés par son partenaire et un homme tous les 16 jours.

« De nombreuses femmes restent sans solution au moment où elles décident de quitter le domicile, parce qu'elles se sentent en danger, faute de places disponibles » dans des centres dédiés, souligne la FNSF qui continue de réclamer la création de « 4 000 places d'hébergement spécifique, d'urgence et à plus long terme, pour les femmes victimes de violences ».
 
La ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a de son côté rappelé sa volonté de créer avant la fin de l'année un Observatoire national des violences faites aux femmes. Il s'agira de suivre toutes les formes de violence et « d'organiser la prévention ». Elle aussi précisé dans un communiqué que « la lutte contre les violences faites aux femmes sera l’une des priorités du Comité interministériel de l’égalité entre les femmes et les hommes qui se réunira en octobre prochain »
      
Les enfants, victimes collatérales   

Dans l'immense majorité des cas (81%), les homicides ont été commis au domicile (du couple, de l'auteur ou de la victime). Conséquence, 11 enfants ont été également victimes des violences mortelles exercées par leur père ou leur mère en 2011 et 15 ont été témoins de scènes de crimes.
 
L'auteur masculin est le plus souvent marié, de nationalité française, sans activité professionnelle, et a entre 41 et 60 ans. Il commet son acte sans préméditation, avec une arme blanche ou une arme à feu, parce qu'il n'accepte pas la séparation.

L'auteur féminin, quant à elle, vit le plus souvent en concubinage, est de nationalité française, sans activité professionnelle, et a entre 31 et 50 ans. Elle commet son acte sans préméditation, avec une arme blanche, à cause de disputes ou pour mettre fin aux violences subies.

L'alcool et l'utilisation de produits stupéfiants ont été constatés dans plus de 50% des situations, est-il aussi précisé. Et dans 12% des cas, l'auteur faisait l'objet d'un suivi psychologique ou psychiatrique, notamment pour dépression.

En 2011, les Bouches-du-Rhône et le Nord ont été les deux départements les plus touchés par le phénomène (8 cas chacun).