Terriennes

Accord planétaire contre les violences faites aux femmes

La Directrice exécutive d'ONU Femmes Michelle Bachelet, au Liberia en 2011 pour expliquer que les sociétés sans violence contre les femmes seraient plus saines, plus productives et plus stables.
La Directrice exécutive d'ONU Femmes Michelle Bachelet, au Liberia en 2011 pour expliquer que les sociétés sans violence contre les femmes seraient plus saines, plus productives et plus stables.
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C'est la dernière victoire de Michelle Bachelet comme directrice exécutive de l'Onu femmes. Occidentaux et pays musulmans ont surmonté vendredi 15 mars 2013 leurs profondes divergences pour s'accorder sur une déclaration de l'ONU qualifiée d'historique qui dénonce les violences faites aux femmes et définit un code de conduite pour les combattre. A l'issue de ces rencontres, l'ancienne présidente chilienne a annoncé qu'elle démissionnait pour retourner aux affaires intérieures de son pays.

"Dites non ! Tous unis pour mettre fin à violence à l'égard des femmes !" La campagne de la branche de l'Organisation des nations unies consacrée à la condition des femmes, ONU femmes, fondée en 2010, avait été lancée pour le 8 mars 2013, journée internationale des femmes.  A l'issue de près de deux semaines de négociations à New York entre les 193 Etats membres de l'ONU, l'Iran, la Libye, le Soudan et d'autres pays musulmans à l'origine très réticents ont accepté d'inclure dans cette déclaration un paragraphe soulignant que la violence contre les femmes et les filles ne pouvait se justifier "par aucune coutume, tradition ou considération religieuse".

De leur côté, les pays occidentaux, notamment scandinaves ont fait des concessions sur le chapitre des droits des homosexuelles et des droits sexuels, en matière de contraception et d'avortement, par exemple. Plus de 6.000 représentants de la société civile participaient depuis le 4 mars à cette 57e session annuelle de la Commission de l'ONU sur le statut de la femme. Des applaudissements nourris et des cris de joie ont salué l'annonce de l'adoption du texte au siège de l'ONU à New York.

Michelle Bachelet, directrice exécutive de ONU Femmes, a qualifié la réunion d'"historique". Juste après, l'ONU a annoncé que Mme Bachelet quittait son poste pour reprendre sa carrière politique au Chili, dont elle a été présidente.

Au cours des négociations, l'Iran, le Vatican ou la Russie s'étaient ligués dans une alliance conservatrice, pour tenter d'édulcorer le projet de déclaration finale soutenu par les Etats-Unis, le Canada et les Européens, comme la Norvège et le Danemark. Cette impasse a menacé jusqu'à la dernière minute de faire échouer la réunion, comme cela avait été le cas en 2003.

Les pays conservateurs s'opposaient aussi à ce que des relations sexuelles imposées à une femme par son mari ou son compagnon soient considérées comme un viol et contestaient des références dans le texte au droit à l'avortement. Les Frères musulmans, qui ont été portés au pouvoir en Egypte après la révolution de 2011, estiment pour leur part que le texte en discussion à l'ONU est contraire à l'islam et conduira à la "déchéance totale de la société" en cas d'adoption.

"La Commission demande instamment aux Etats de condamner avec force toutes formes de violence contre les femmes et les filles et de s'abstenir d'invoquer toute coutume, tradition ou considération religieuse pour se soustraire à leur obligation de mettre fin" à cette violence, proclame la déclaration. Elle ajoute que les Etats doivent "accorder une attention particulière à l'abolition des pratiques et des lois discriminatrices envers les femmes et les filles ou qui perpétuent ou considèrent comme acceptable la violence exercée à leur égard". Les pays doivent "traiter et éradiquer en priorité les violences domestiques", souligne encore le texte.

Selon un rapport de la Banque mondiale, les femmes âgées de 15 à 44 ans sont plus nombreuses à décéder de mort violente que du paludisme, du sida ou du cancer réunis.
 
16.03.2013
La ministre des Droits des femmes et porte parole du gouvernement français revient de New York où elle a défendu cet accord historique contre les violences faites aux femmes. Elle fait part de son émotion sur le plateau de TV5MONDE.
Accord planétaire contre les violences faites aux femmes