Ameenah Gurib-Fakim, présidente de Maurice... et de la biodiversité

<p>Ameenah Gurib-Fakim, présidente de Maurice. </p>

Ameenah Gurib-Fakim, présidente de Maurice. 

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Ameenah Gurib-Fakim, première femme élue à la présidence de l’archipel de Mascareignes, dont l'île Maurice, était en visite à Paris pour préparer la COP21, un sujet qui lui tient viscéralement à coeur. Elle s’est arrêtée sur le plateau de TV5MONDE.

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Le 5 juin 2015, l’île Maurice plus grand territoire de l’archipel des Mascareignes vivait un moment historique : Ameenah Gurib-Fakim, une mère de deux enfants, de confession musulmane et âgée de 53 ans, apolitique revendiquée, élue par l’Assemblée nationale à l’unanimité, devenait première cheffe d’Etat mauricienne. « En tant que femme et en tant que musulmane, je suis une minorité », répète-t-elle, tant elle a conscience d’être un symbole. Avant elle,  Monique Ohsan Bellepeau avait exercé la fonction, mais de façon intérimaire.

Pionnière


Le gouvernement mauricien avait donc tenu sa promesse lancée en décembre 2014 : porter une femme au poste plus honorifique que décisionnaire, mais tout de même très symbolique, à la fonction de présidente de la République.

Autre originalité, au sein des sciences dures toujours majoritairement masculines, la présidente de la République de Maurice et ses quelque 1 million 260 000 citoyens, était auparavant une chimiste de renommée internationale. Après avoir étudié au Royaume Uni, l’ancienne puissance coloniale, cette amoureuse de la langue française, à dirigé une chaire de chimie organique, une fois rentrée dans son pays natal et fut doyenne de la faculté des sciences de 2004 à 2007.

Lorsque je pense à Marie Curie, je vois une petite dame en robe noire, qui travaille dans son laboratoire et qui tient bon


« Pour ma part, lorsque je pense à Marie Curie, je vois une petite dame en robe noire, qui travaille dans son laboratoire et qui tient bon, malgré les humiliations. » confiait-elle au lendemain de son élection au quotidien français Le Monde.

Pas d'avenir sans biodiversité


Pour ce pays insulaire de l’Océan indien menacé par le réchauffement climatique, la nomination de cette scientifique de renom, biologiste de stature internationale, est aussi une question de survie.

Première femme professeure d’université de l’île, première doyenne de la faculté des sciences, prix l’Oréal-Unesco 2007 pour son inventaire des plantes médicinales de Maurice (675 !), elle est persuadée que les phytomédicaments sont une ressource économique importante pour son pays, comme pour l’Afrique. Et ce sont dans ces plantes, que selon la biochimiste présidente, réside la pérénité de notre planète Terre.

En prenant ses fonctions, elle a annoncé qu’elle ne serait pas une «Je ne serai pas une « yes-woman », c’est à dire une potiche au service du gouvernement, dans une démocratie parlementaire où le pouvoir exécutif est exercé à parité entre le gouvernement et le président ou plutôt donc la présidente.

Rapportés par l'Express mauricien, ses premiers mots, au premier jour de son investiture, reflétaient son entrée en mission : « Je ressens une très grande fierté et humilité. On touche au sommet de l’Etat, on n’a pas droit à l’erreur. Il y a un gros travail à faire, notamment en ce qui concerne la gent féminine. »

Je suis une optimiste prudente

Sur le plateau du 64' sur TV5MONDE, la présidente de la république de Maurice rappelle le rôle fondamental de la biotechnologie pour l'avenir du continent africain. "Les îles de l'archipel des Mascareignes sont une réserve extraordinaire de plantes qui pourrait donner de l'élan à la médecine traditionnelle." La présidente rappelle aussi que le dodo, emblême de Maurice, a disparu des espèces  animales de la terre, détruit pas les hommes, en particulier, les colons. Pour son pays, la COP21 est cruciale pour la survie de certaines régions, dont Maurice... La scientifique affirme qu'elle appliquera le même pragmatisme, nécessaire à la recherche, à la politique.