Terriennes

Après les élections municipales, une vague féminine déferle sur Québec

Trois des nouveaux visages de la politique municipale du Québec, avec de gauche à droite, Doreen Assad, mairesse de Brossard, Diane Dallaire, mairesse de Rouyn-Noranda, et Cathy Poirier, mairesse de Percé
Trois des nouveaux visages de la politique municipale du Québec, avec de gauche à droite, Doreen Assad, mairesse de Brossard, Diane Dallaire, mairesse de Rouyn-Noranda, et Cathy Poirier, mairesse de Percé
Pages Facebook des candidates

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, a fait exploser tout un plafond de verre le 5 novembre 2017 en remportant la course à la mairie, mais elle n’est pas la seule : plusieurs femmes ont également remporté des mairies lors de ces élections et pour la première fois également il y a plus de femmes que d’hommes parmi les élus dans la métropole québécoise. Mais aussi en dehors...

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375 ans après Jeanne Mance, des mairesses aux manettes de Québec

375 ans après sa fondation par l’infirmière Jeanne Mance et le sieur de Maisonneuve, Montréal vient donc de s’offrir un beau cadeau : une mairesse et un contingent d’élues pour veiller sur son avenir. Le symbole est fort ! Sur les 103 postes de conseillers municipaux de la métropole, 53 sont des femmes – elles étaient 45 avant ces élections. Et on compte dorénavant 8 mairesses d’arrondissements sur les 19 que compte la ville. L’un de ses arrondissements ne compte même qu’un seul homme parmi ses élus. 

Par ailleurs, des femmes ont également pris les rênes d’autres villes importantes au Québec : à Percé, en Gaspésie, Cathy Poirier, a remporté la mairie haut la main avec 67 % des voix contre quatre hommes, ou encore la ville de Saguenay, l’une des dix plus grandes villes de la province, Rouyn-Noranda en Abitibi, et Brossard, dans la banlieue montréalaise. « On peut se réjouir de qui est en train de se passer avec les femmes, a déclaré au quotidien Le Devoir la nouvelle mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire. En tous cas, à Rouyn-Noranda, en 90 ans, il n’y avait jamais eu de femme à la mairie ».

Je n’arrête pas de recevoir des messages de jeunes femmes qui se disent inspirées d’en voir d’autres, comme moi, en politique
Doreen Assaad, mairesse de Brossard

« Non seulement j’ai été élue mairesse, mais on a un conseil à parité, une première dans l’histoire de notre ville, s’est réjouie de son côté la mathématicienne Doreen Assaad, nouvelle mairesse de Brossard. Je n’arrête pas de recevoir des messages de jeunes femmes qui se disent inspirées d’en voir d’autres, comme moi, en politique ». 

De plus en plus de femmes dans le monde municipal au Québec donc, et les chiffres le confirment : elles formaient 24% des candidats à la mairie ou aux postes de conseiller municipal en 2005, elles étaient 31% à ces élections de 2017. 

L’organisme « Groupe femmes politique et démocratie » se réjouit de cette vague féminine qui déferle sur la politique municipale mais estime que cette progression est encore « trop lente » : « En tout, c’est environ 4000 femmes qui se sont présentées, mais si on veut atteindre la parité, ça va prendre pas mal plus de candidates » a précisé la directrice Esther Lapointe en entrevue au quotidien Le Devoir.  « Se faire confiance en faisant confiance aux gens qui nous entourent ».

Après 375 ans il était temps que ça arrive, une femme à la mairie de notre métropole
Pauline Marois, Première ministre du Québec 2012 - 2014

Celle qui a également fait voler en éclat un plafond de verre en se faisant élire Première ministre en septembre 2012, Pauline Marois, a tenu à féliciter Valérie Plante et lui prodiguer quelques conseils que la jeune mairesse a écouté avec attention. 
« Je sais ce que cela représente, que c’est exigeant, et après 375 ans il était temps que ça arrive, une femme à la mairie de notre métropole, je voulais vous féliciter, a déclaré Pauline Marois. D’autres femmes aussi ont été élues dans d’autres villes importantes et je suis très heureuse de ça, on cherche la parité partout, dans le monde économique mais dans le monde politique aussi. Et je crois que ça peut-être une incitation à des jeunes femmes à songer à venir s’engager en politique ». 

Ses conseils sont simples : « rester à l’écoute et s’entourer de gens les plus forts possible pour vous permettre de faire les meilleurs choix possibles et de prendre les meilleures décisions. Se faire confiance en faisant confiance aux gens qui nous entourent je crois que c’est le meilleur conseil que je peux lui donner ». 

Mobilité et logements sociaux, nouvelles priorités des élues

Valérie Plante a du pain sur la planche et elle s’est attelée à la tâche dès le lendemain de sa victoire. Elle a déjà rencontré le ministre québécois des Municipalités pour lui parler de son projet de ligne rose, la nouvelle ligne de métro qu’elle veut offrir aux Montréalais pour désengorger les autres lignes de métro – la décision de construire une nouvelle ligne de métro sera prise conjointement par les gouvernements du Québec et du Canada. Elle veut également mettre sur la route prochainement 300 autobus supplémentaires afin de bonifier le service des transports en commun dans l’île de Montréal. Cela fait partie de ses priorités, ainsi qu’offrir des logements sociaux aux quelques 25 000 familles en attente à Montréal. Cette anthropologue de formation a travaillé longtemps dans le milieu communautaire : elle défend des valeurs sociales démocrates et sa sensibilité politique est très clairement à gauche. 

Valérie Plante vient en tous cas de prendre les rênes d’une des plus importantes métropoles en Amérique du nord et elle va ouvrir la voie aux autres femmes qui se lanceront elles aussi un jour en politique. Il faut se réjouir de ces progrès enregistrés par les femmes lors de ces dernières élections municipales au Québec tout en gardant en tête qu’on est encore loin de la parité et que la route pour y arriver sera parsemée d’obstacles et de difficultés. Mais au moins, on avance…