Camille Claudel ou la “liberté à grands cris“

Camille Claudel sculptant son oeuvre “Sakountala“ en 1887 en compagnie de Jessie Lipscomb dans leur atelier du N° 117 de la rue Notre-Dame-des- Champs. ©ADAGP (Source : Musée Rodin)<br/>
Camille Claudel sculptant son oeuvre “Sakountala“ en 1887 en compagnie de Jessie Lipscomb dans leur atelier du N° 117 de la rue Notre-Dame-des- Champs. ©ADAGP (Source : Musée Rodin)

A l'occasion du 70ème anniversaire de la mort de Camille Claudel (1864-1943), le musée Rodin à Paris consacre une exposition/hommage à cette sculptrice tourmentée dont le nom reste trop souvent lié à ceux d'hommes : celui d'Auguste Rodin, son amant, ou celui de son frère, Paul Claudel.

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"Ce n'est pas ma place au milieu de tout cela. Il faut me retirer de ce milieu. Après 14 ans d'une vie pareille, je réclame la liberté à grand cris", écrivait l'artiste Camille Claudel (1864-1943) de son asile de Montdevergues en 1927. Elle implorait son frère, le poète Paul Claudel de la faire sortir de l'hôpital où elle avait été internée en 1913. Sa liberté ? Celle de créer, de sculpter.

Un rêve vers lequel elle a toujours tendu, qui l'a animée même, tout au long de sa vie, en particulier face à Auguste Rodin, son maître, devenu son amant. Ses oeuvres phares, les plus célèbres, en sont devenues l'expression.
En haut : “La vague“ par Camille Claudel (1897-1903). En bas : “La vague de Kanagawa“ réalisé par Hokusaï en 1831. (Cliquer pour agrandir)  ©Adagp/Musée Rodin
En haut : “La vague“ par Camille Claudel (1897-1903). En bas : “La vague de Kanagawa“ réalisé par Hokusaï en 1831. (Cliquer pour agrandir) ©Adagp/Musée Rodin

Les années qui courent de 1892 à 1913 restent une époque charnière pour Camille Claudel. Elle y produit des sculptures imprégnées de japonisme, une influence qui lui donne un nouveau souffle artistique. "La vague", épurée mais délicate, rappelle "La grande vague de Kanagawa" (1831) de l'artiste japonais Hokusaï.

Son oeuvre "Les causeuses" montre aussi son goût pour les sujets de la vie quotidienne, en particulier celle des femmes. D'autres, telles que "La Valse" ou "L'Âge mur", révèlent une artiste encore affectée par sa rupture avec le sculpteur Auguste Rodin, autrefois son amant dont elle fut la "muse".
“Les causeuses ou les bavardes“, Camille Claudel, 1897. ©Adagp/Musée Rodin
“Les causeuses ou les bavardes“, Camille Claudel, 1897. ©Adagp/Musée Rodin

Elle l'avait rencontré en 1882 à l'Académie Colarossi à Paris, des cours d'Art pour lesquels elle a quitté sa ville natale de Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne (Nord Est), quittant ainsi délibérément le cadre imposé aux filles à cette époque.

Auguste Rodin, son maître donc, de 24 ans son aîné, devient son amant. Pendant près de 10 ans, ces deux sculpteurs, fusionnels, s'influencent mutuellement. Leur rupture a affecté Camille Claudel et ses œuvres, fragiles. Plus dans les détails, moins dans le monumental que celles d'Auguste Rodin dont elle voulait aussi s'éloigner artistiquement, au point de détruire plusieurs de ses propres oeuvres, avant d'être internée dans un "asile" proche de Paris. Elle a alors presque 50 ans et restera enfermée jusqu'à sa mort (sans doute de faim), 30 ans plus tard.

Sa volonté d'échapper à Rodin semble vaine. Une grande partie des sculptures de Camille Claudel sont actuellement conservées... au musée Rodin.
©Coll.Part.
©Coll.Part.

Camille Claudel, le tourment d'une création

Reportage de nos partenaires de France 2
Le musée Rodin consacre une exposition à la sculptrice Camille Claudel du 5 octobre 2013 au 5 janvier 2014 à Paris : 22 de ses oeuvres y sont présentées. Assistante et amante d'Auguste Rodin entre 1882 et 1892, Camille Claudel est restée toute sa vie affectée par sa relation tumultueuse avec le sculpteur.
Camille Claudel, le tourment d'une création

Camille Claudel en quelques dates

8 décembre 1864 : naît à Fères-en-Tardenois (Aisne)
1881 : s'installe à Paris et entre à l'Académie Colarossi. Elle rencontre le sculpteur Alfred Boucher puis Auguste Rodin
1882-1892 :
relation amoureuse avec Auguste Rodin.
1913 : internée à la demande de son frère Paul Claudel.
19 octobre 1943 : elle meurt à l'hôpital de Montdevergues, près d'Avignon, où elle  est restée pendant 30 ans.