Campagne pour permettre aux femmes d'avorter sans risque sanitaire

En cette fin septembre 2013, l'avortement connaît un regain d'actualité un peu partout dans le monde. Des coups de boutoir sont portés en Pologne ou aux Etats-Unis pour en limiter l'accès ; des sites de désinformation se poussent du col sur la toile pour tenter de dissuader les femmes d'y avoir recours ; le gouvernement français riposte en lançant à son tour un site Internet afin d'aider celles qui voudraient recourir à l'interruption volontaire de grossesse. Et une campagne internationale est activée à l'occasion de la journée mondiale pour "l’accès à l’avortement sûr et légal".

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Affiche  de la campagne internationale pour généraliser un accès à l’avortement sûr et légal : “Des aiguilles pour tricoter ? Non, pour avorter“
Affiche de la campagne internationale pour généraliser un accès à l’avortement sûr et légal : “Des aiguilles pour tricoter ? Non, pour avorter“
C'est une journée internationale de plus diront certains : depuis 2012, le 28 septembre est la date annuelle instaurée pour permettre à toutes "l’accès à l’avortement sûr et légal". Une alerte indispensable, à l'heure où ce droit conquis de haute lutte féministe au cours du XXème siècle, surtout dans son dernier quart, à travers tous les continents, fait l'objet de nombreuses attaques, en particulier de la part des dignitaires de toutes les religions. Ainsi la Cour suprême américaine fait sa rentrée autour de ce sujet toujours brûlant aux Etats-Unis, et alors, qu'à la suite du Texas ou de l'Oklahoma, plusieurs Etats tentent de limiter drastiquement l'accès à ce droit fondamental des femmes, grâce à des astuces telles l'augmentation phénoménale des normes de sécurité sanitaire dans les cliniques où les interruptions volontaires de grossesse sont pratiquées.

En Pologne, la Diète, Assemblée législative du Parlement polonais, vient de rejeter, le 26 septembre, un amendement destiné à renforcer encore davantage la déjà fort sévère loi anti-avortement en vigueur en Pologne (seul pays de l'Union européenne avec Malte à maintenir cette interdiction en dépit de la Charte européenne des droits fondamentaux, dont la Pologne est pourtant signataire et qui a valeur de loi…). L'amendement, soumis au Parlement par un Comité civique ayant collecté plus de 400 000 signatures en sa faveur, activement soutenu par la droite catholique et la puissante Eglise de Pologne, visait à interdire l'avortement en cas de malformation irréversible du foetus, seul cas où il est actuellement permis. Il s'en est fallu de peu pour qu'il soit adopté.

Et si la très catholique Irlande a réussi une timide avancée dans la voie de la légalisation, en Italie, la situation ne cesse de se détériorer pour les femmes, qui trouvent de moins en moins d'établissements où elles peuvent se faire pratiquer une IVG, grâce à un dispositif d'"objection de conscience", qui permet à des médecins toujours plus de nombreux de refuser de les opérer

A travers le monde, chaque année, 5 millions de femmes sont hospitalisées pour des complications sévères liées à des avortements, et 47 000 femmes décèdent. Près de la moitié des avortements mondiaux sont à risque et presque tous (98%) ont lieu dans des pays en développement. En 2008, les avortements à risque constituaient 97% des avortements en Afrique et 95% des avortements en Amérique latine.

En France, où ce droit à été acquis en janvier 1975, grâce à la détermination de la ministre de la Santé de l'époque, Simone Veil, l'offensive se poursuit sur la toile, polluée par des militants anti avortement, alors que l'information sur les questions de santé passe de plus en plus par Internet. C'est ce qui a poussé la ministre française des Droits des femmes, Najat Vallaud Belkacem, à lancer un site gouvernemental dédié à cette question, en espérant qu'il soit mieux référencé par les moteurs de recherche que ceux qui la combattent.

Charlotte Soulary, militante de l'association française "Osez le féminisme" est venue sur le plateau de TV5MONDE rappeler l'actualité de ce combat des femmes.