Combattre l'excision : conférence internationale des Nations Unies à Rome

Une affiche de l'Unicef pour lutter contre l'excision en Côte d'Ivoire photo AFP Kambou Sia
Une affiche de l'Unicef pour lutter contre l'excision en Côte d'Ivoire photo AFP Kambou Sia

Durant trois jours, du 22 au 24 octobre, la capitale italienne accueille une nouvelle conférence internationale sur les mutilations et les excisions génitales féminines, à l'initiative des Nations Unies. 125 millions de femmes sont concernée, elles seront sans doute 30 millions de plus en 2023. 

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Sylvie Braibant
Trois millions de petites filles sont excisées chaque année dans le monde - rejoignant les 140 millions de femmes qui le sont déjà -, principalement en Afrique et en Asie, mais aussi au sein des diasporas qui pratiquent ce rite initiatique – en France, on estime à plus de 50 000 le nombre de femmes excisées. Trace d’une tradition copte, voire pharaonique  en Egypte, par exemple, de certaines convictions animistes ou encore de crédos chamanistes, les pratiquants y voient des vertus de transmission identitaire.

Portée par des superstitions et des croyances, aucune des grandes religions ne la prévoit dans ses textes fondateurs (bible, évangiles, coran ou torah, par exemple). Les conséquences de cette amputation du clitoris sont effrayantes pour les femmes : risques de septicémie, de stérilité, abolition du plaisir sexuel.

Le 28 novembre 2012, pour lutter contre ce fléau qui sévit sur tous les continents et n'est le malheureux apanage d'aucune religion, les États Membres des Nations Unies ont adopté la première résolution appelant à mettre fin à aux mutilations génitales féminines – outre l’excision, il s’agit de mettre fin aussi à l’infibulation (excision suivie de la couture des lèvres du vagin) et à l’introcision (élargissement du vagin pratiquée par les descendants de peuples anciens d’Australie ou d’Amérique latine).

En Somalie, convaincre d'abord les femmes elles-mêmes

23.10.2013récit Mylène Girardeau
Dans ce pays de la Corne de l'Afrique, aujourd'hui sous gouvernance islamiste, il est judicieux de rappeler que l'excision fut pratiquée bien longtemps avant l'avènement de l'islam. Et le travail de persuasion doit se faire d'abord du côté des femmes elles-mêmes, dont les plus âgées, au nom des traditions et des rites de passage, s'érigent en gardiennes les plus intransigeantes.
En Somalie, convaincre d'abord les femmes elles-mêmes

L'excision et les mutilations sexuelles dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne et au Moyen Orient mais aussi dans les pays d'immigrations, européens, nord américains ou océaniens. Plus la couleur est foncée, plus importante est la proportion des mutilations. 
Source Women's stats database - Cliquer sur l'image pour l'agrandir
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Arrêts du Conseil d'Etat sur le statut de réfugiées accordé aux petites filles menacées d'excision