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Coupe du monde de football féminin : au pays des Nadeshiko, Japonaises idéales

Pendant la finale Japon/États-Unis de la Coupe du monde 2011 de football féminin - photo AFP
Pendant la finale Japon/États-Unis de la Coupe du monde 2011 de football féminin - photo AFP

Ce dimanche 17 juillet 2011, l'équipe de football féminine japonaise a décroché la Coupe du Monde pour la première fois de son histoire. Cet exploit, qui a eu lieu en Allemagne, sur le stade Commerzbank-Arena de Francfort, a été réalisé au grand dam des Américaines, pourtant largement favorites (elles ont déjà été lauréates deux fois). Mais qui sont ces Nadeshiko qui réchauffent le cœur des Japonais depuis hier soir ?

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Au pays du baseball roi et du sumo empereur, le football peut paraître anecdotique. Bien sûr, les amateurs auront en tête les noms de Nakata ou Kawaguchi, éminents joueurs des Samurai Blue (l'équipe masculine). Mais peu nombreux sont ceux - à part peut-être Nelly, l'éléphanteau à qui on prête le même pouvoir de divination que feu Paul le Poulpe - qui auraient parié sur les Asiatiques avant leur accession en phase finale. Ça ne les a pourtant pas empêché de créer la sensation, en sortant tour à tour l'Allemagne, la Suède, et enfin les États-Unis, soit les trois équipes favorites du tournoi.

Les Nadeshiko, c'est ainsi qu'on surnomme les joueuses de l'équipe. Un surnom tiré de la culture traditionnelle nippone, où la Yamato Nadeshiko (qui est aussi le nom donné à l'œillet superbe) est supposée être la personnification de la japonaise idéale. Une personnification alliant grâce, sagesse, loyauté et humilité face au mari. Car il ne faut pas oublier que le Japon reste une société historiquement patriarcale, où la place de l'homme supplante celle de la femme, dans la vie publique comme au foyer. Un image que la propagande de la Seconde Guerre mondiale a transformé en esprit de sacrifice pour la famille et la nation.

Homare Sawa, star nationale

Ce sont donc bien des jeunes femmes gracieuses, mais fortes et indépendantes qui ont renversé l'équipe américaine. Avec une mention spéciale toute particulière à Ayumi Kaihori, la gardienne, et surtout Homare Sawa, la capitaine. Kaihori, qui, du haut de ses 24 ans, a su repousser à nombreuses reprises le jeu très offensif des attaquantes adverses, et s'est distinguée en ne fléchissant pas lors de la séance de tirs au but décisive. Sawa, doyenne des Nadeshiko ce soir là, sauve l'équipe in extremis en marquant le superbe but d'égalisation. Elle reçoit d'ailleurs les récompenses du Ballon d'Or (qui couronne la meilleure joueuse de la compétition), ainsi que le Soulier d'Or (pour la meilleure buteuse). Enfin, l'équipe dans son ensemble remporte le prix du Fair Play.

Contrairement à leurs homologues masculins, les footballeuses japonaises jouent essentiellement en amateures, comme dans de nombreuses autres ligues de football féminines. On peut donc estimer que les participantes jouent alors vraiment plus pour le sport que pour l'argent. Le football féminin est considéré comme techniquement plus beau et travaillé que le masculin, chose que les Nadeshiko, avec leur jeu de passes abouti ont démontré une nouvelle fois.

Un espoir pour l'avenir

Dans le contexte tragique que vit le Japon depuis près de 4 mois, cette Coupe du Monde est une lueur d'espoir pour tout un pays. D'autant plus que certaines joueuses (Iwashimizu en particulier qui est d'Iwate, proche de Fukushima) sont originaires des régions sinistrées. Le Japon voit dans la victoire de son équipe féminine le symbole de son redressement dans l'adversité.

On sait l'effet de grandes victoires sportives sur les inscriptions en club de sport l'année suivante. Qui sait, d'ici quelques années nous assisterons peut-être à l'émergence d'une nouvelle génération de joueuses nippones trustant les sommets du football mondial.
 
18.07.2011JT TV5Monde
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