Coupe du monde de rugby féminin : les Bleues (presque) favorites

Marie-Alice Yahé pendant le match France-Pays de Galles, à Laon le 8 février 2013 (@AFP)
Marie-Alice Yahé pendant le match France-Pays de Galles, à Laon le 8 février 2013 (@AFP)

Du 1er au 17 août 2014, la France accueille pour la première fois la Coupe du monde féminine de rugby. Face aux Néo-Zélandaises, quadruples championnes et grandes favorites de la compétition, les Françaises aussi ont toutes leurs chances. Marie-Alice Yahé, ancienne capitaine du XV féminin, parle de sa passion pour ce sport à l'univers très masculin, mais qui se décline aussi au féminin, avec succès !

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Les Bleues bien parties pour les demi-finales

Les Bleues bien parties pour les demi-finales

Marie-Alice Yahé commente la 1ère victoire des Bleues sur les Galloises

04.08.2014Interview de Karine Henry et Pascale Veysset
L'ancienne capitaine des Bleues est l'invité du JT internationale de 12h00 GMT sur TV5MONDE.
Marie-Alice Yahé commente la 1ère victoire des Bleues sur les Galloises


Le XV féminin : l'autre visage du rugby

01.08.2014Par Liliane Charrier
Tout le monde peut faire du rugby. Il n'existe aucun critère physique ni gabarit obligatoire. "Chacune des joueuses occupe le poste qui lui convient le mieux. Les plus rapides et les plus petites derrière, tandis que les plus costaudes, prêtes au combat, occuperont les postes d'avant", explique Marie-Alice Yahé, ancienne demi de mêlée et capitaine de l'équipe de France de rugby féminin jusqu'en mai 2014. Pour se protéger des chocs, l'équipement féminin est (presque) le même que pour les garçons : "Le casque, le protège-dents, les protège-tibias et les épaulettes. Les femmes sont équipées d'un plastron pour protéger les seins, même si le placage est une technique à laquelle nous sommes préparées pour éviter les blessures, avec ou sans protection."

Le rugby n'est pas un sport violent, insiste Marie-Alice, mais c'est un sport de combat. Elle est bien placée pour le savoir, qui a dû renoncer à cette Coupe du Monde à la suite de multiples commotions. Les questions, elle a commencé à s'en poser quand les médecins ont tiré la sonnette d'alarme : "Au début, on y va par envie de jouer, sans arrière-pensées. Mais quand sa santé est en jeu, on privilégie sa vie de famille et on fait un choix. Malgré toutes ces commotions, et même si ça été un crève-coeur de renoncer, je ne regrette rien." 

La passion des joueuses pour ce sport "de mecs" naît le plus souvent dans le cercle familial - avec des frères, des parents ou des cousins rugbymen. En outre, de plus en plus de filles rejoignent les clubs universitaires pendant leurs études ou par l'intermédiaire de copines joueuses, et puis elles restent. Si Rennes, Montpellier, Toulouse ont de grands clubs de rugby féminin, c'est en partie parce qu'ils sont alimentés par de bonnes équipes universitaires.

Les Françaises remporte le Tournoi des Six Nations en mars 2014 (@AFP)
Les Françaises remporte le Tournoi des Six Nations en mars 2014 (@AFP)
Trentenaire au joli visage un peu enfantin, longs cheveux blonds et silhouette féminine, Marie-Alice ne s'arrête pas à l'image plutôt masculine du rugby, un cliché sur lequel seuls "ceux qui ne connaissent pas le rugby peuvent s'attarder". Les réactions sont plutôt positives, témoigne la joueuse, à l'exception de quelques réflexions un peu "macho", venant de certains hommes, mais aussi de femmes qui collent aux joueuses une étiquette masculine. "Le premier mouvement de surprise passé, on me demande plutôt pourquoi j'ai choisi un sport si peu reconnu," explique Marie-Alice. Si elle a choisi le rugby, ce n'est pas pour être reconnue, mais parce que cette discipline regroupait tout ce qu'elle recherchait dans un sport : "Le combat, qui me permettait d'extérioriser une certaine agressivité, la vitesse, une intelligence tactique du jeu et le collectif."

Le public des championnes, c'est tout d'abord la famille, et puis les supporters des clubs masculins, attirés par les bons résultats des équipes féminines qui leur sont rattachées. De plus en plus, ce sont aussi les curieux, sensibilisés par la presse et la retransmission des rencontres féminines à la télévision. Car s'il reste peu médiatisé, le rugby féminin fait d'énormes progrès. "Voici encore quatre ans, lors de la dernière Coupe du monde, nous avions à peine le quart de la couverture médiatique d'aujourd'hui. Bien sûr, il en faut encore beaucoup plus pour faire évoluer le rugby féminin, car sans visibilité, rien ne bouge, à commencer par les sponsors et les finances." Or pour être médiatisé, il faut des résultats. Et leur Grand Chelem au Tournoi des Six Nations en février et mars dernier n'est pas étranger à l'engouement suscité par les Bleues.

Très soudées, liées par une solidarité renforcée par la victoire, les Bleues sont animées, sans complexe, par une féroce envie de gagner. Face aux Néo-Zélandaises, quatre fois championnes, elles sont, aux yeux des autres nations, les vraies favorites de cette Coupe du monde. "Elles jouent à domicile, poussées par leur public, et  sont déjà classées premières au niveau européen après leur Grand Chelem. Individuellement, elles sont peut-être inférieures aux Néo-Zélandaises, mais collectivement, elles montrent une confiance que j'avais rarement vu dans leurs yeux," assure leur ancienne capitaine.

Coupe du Monde : le calendrier des Bleues

Vendredi 1er août : France - pays de Galles (20h45) à Marcoussis
Mardi 5 août : France - Afrique du Sud (20h45) à Marcoussis
Samedi 9 août : Australie - France (20h45) à Marcoussis

En cas de qualification, les Bleues disputeront les demi-finales au stade Jean-Bouin, à Paris, le mercredi 13 août.

La finale se tiendra le dimanche 17 août à 18h45 au stade Jean-Bouin, à Paris.

Equipes qualifiées pour la Coupe du Monde de rugby féminin

Poule A
Canada
Espagne
Angleterre
Samoa

Poule B
Nouvelle-Zélande
Kazakhstan
Etats-Unis
Irlande

Poule C
Australie
Afrique du Sud
France
Pays de Galles