Dans la famille Trump, demandez Melania

Melania Trump, épouse du milliardaire et candidat à l'investiture républicaine Donald Trump, le 8 février 2016, à Manchester (Etats-Unis).
Melania Trump, épouse du milliardaire et candidat à l'investiture républicaine Donald Trump, le 8 février 2016, à Manchester (Etats-Unis).
©AP Photo/David Goldman

Discrète, ex-mannequin d'origine slovène, Melania Trump sort du bois pour vanter les mérites de son mari, dont elle adoucit l'image tout en la renforçant. Les médias voient en elle «le conjoint politique parfait».

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Jusqu’à présent, et contrairement à ses concurrents directs, Donald Trump a peu joué la carte de l’épouse. Il faut dire que c’est sa troisième et que pour les républicains, cela fait deux de trop. Dire aussi que cet ex-mannequin a posé quelquefois nue pour des magazines de mode et que les internautes n’ont pas attendu le «Super Mardi» pour se demander si c’était bien elle, cette créature juste habillée de bijoux et posée sur une peau de plumes, qui, peut-être, deviendra la future First Lady. Dire encore que cette Slovène d’origine n’a jamais voulu se mettre dans la lumière des projecteurs. Ce qui ne l’empêche pas, et elle le répète comme un mantra, «d’être 100% derrière son mari».

Depuis quelques jours, Melania Trump sort du bois. Elle a accordé jeudi une interview télévisée à la chaîne MSNBC, où elle apparaît en force tranquille, aussi classe que son mari est vulgaire, aussi réservée qu’il est voyant, aussi humble qu’il est mégalomane. Mais finalement assez mystérieuse, ce qui lui vaut le titre «de conjoint politique parfait.»
 

La semaine précédente, c’est à «Paris Match» qu’elle confiait ses impressions de femme de… dans un français impeccable puisqu’elle parle couramment cinq langues, dont l’italien et l’allemand. Elle disait son bonheur d’être une épouse et une mère, son plaisir d’aménager un foyer de tranquillité pour que son homme puisse se ressourcer après chacun de ses meetings. Dans ce même reportage, on la voit, très glamour dans son maillot une pièce, au bord d’une des trois piscines de leur villa de Westchester de 4645 mètres carrés qu’elle a entièrement décorée. Légende de la photo: «Dans ma vie, et aujourd’hui plus que jamais, j’essaie d’être moi-même.»

Les Clinton à leur mariage




Alors qui est-elle, s’interrogent les médias. Née en 1970 dans une petite ville dans ce qui était alors la Yougoslavie, d’un père concessionnaire de voitures et d’une mère dessinatrice de mode, Melania Knauss fait des études d’architecte puis file à Milan pour commencer une carrière de mannequin. Elle rencontre Donald Trump en 1998, au cours de la Fashion Week de New York. Ils se marient en 2005. Elle porte une robe Dior dessinée par Galliano à 200 000 dollars. Le couple Clinton – Trump était un des principaux donateurs de leur fondation – fait partie des invités. La photo qui en témoigne circule aujourd’hui sur les réseaux sociaux. L’image peut nuire à Hillary, pas à Donald. Fort d’un patrimoine revendiqué à 11 milliards de dollars, il n’a besoin de personne. Ce que Melania se plaît à souligner: «Il mène sa campagne en toute indépendance financière, ce qui lui donne une liberté qu’aucun autre candidat ne peut revendiquer face au Parti républicain, aux médias ou aux lobbies.»

Discrète, elle livre néanmoins quelques secrets sur l’harmonie de leur couple. «Nous partageons la même philosophie: ne pas se plaindre, ne pas gémir sur son sort mais l’affronter.» Peut-être aussi possèdent-ils une même forme d’humour quand elle dévoile à «Vanity Fair» la clef de leur réussite conjugale: avoir chacun ses propres toilettes.

Melania Trump, lors d'un meeting à Spartanburg (Etats-Unis), le 20 février 2016.
Melania Trump, lors d'un meeting à Spartanburg (Etats-Unis), le 20 février 2016.
©AP Photo/Paul Sancya

Adoucir pour justifier

A la fois Jackie Kennedy pour son sens de la famille et Carla Bruni (avec qui Donald Trump a d’ailleurs eu une liaison) pour sa discrétion affectée, Melania Trump devrait permettre à son mari d’élargir sa base électorale. Celle qui désormais s’occupe en priorité de son fils, Barron, et d’œuvres caritatives sait très bien temporiser les propos excessifs de son mari, tout en les justifiant. A propos de l’interdiction d’entrée des musulmans aux Etats-Unis: «C’est temporaire. Il veut juste protéger l’Amérique.». Quid de sa misogynie? «Il traite tout le monde de la même manière. Il est seulement plus précis en ce qui concerne les femmes.» Que penser de son désir d’ériger un mur entre le Mexique et les Etats-Unis? Et Melania de se citer en exemple: «J’ai traversé un long processus pour devenir citoyenne américaine. Les gens doivent respecter la loi.»

Un immense château de sable

Pour en savoir plus sur cette spectaculaire femme de l’ombre, on va sur son compte Facebook, très symbolique sous ses dehors consensuels. Son dernier message remonte au 4 juillet 2015, fête nationale qu’elle salue d’un immense drapeau américain. Le 18 juin, elle poste une rose blanche pour les victimes de la fusillade raciste de Charleston, dont l’auteur est un suprémaciste blanc. Et deux jours auparavant, elle a mis en ligne la vidéo de l’annonce officielle de son mari à la présidence des Etats-Unis. Patriotisme et compassion. En remontant un peu le fil de son journal, sous le hashtag #tbt qui consiste à ressortir de vieilles photos de soi ou de ses proches, on voit son fils sur la plage devant un immense et très sophistiqué château de sable.

Article paru dans le Temps, le 1er mars 2016, reproduit ici dans le cadre d'un partenariat avec information.tv5monde.com