Dorothée Munyaneza danse en mémoire du conflit rwandais

Dorothée Munyaneza dans Samedi Détente. /TV5MONDE
Dorothée Munyaneza dans Samedi Détente. /TV5MONDE

Vingt ans après le génocide au Rwanda, Dorothée Munyaneza, danseuse et chorégraphe britannique d’origine rwandaise, présente son spectacle sur ce conflit qui a marqué son adolescence. Son spectacle mêle danse, chant et récit de cette tragédie.

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En avril 1994, Dorothée Munyaneza a douze ans. Elle vit au Rwanda, où débute un génocide, qui fait 800 000 morts –en majorité tutsis- en une centaine de jours. 
Aujourd’hui trentenaire, la danseuse signe sa première pièce en tant que chorégraphe, en revenant sur cette partie douloureuse de son passé.
 
Samedi détente, le nom que la chanteuse a choisi pour son spectacle, proposé à Paris au Montfort Théâtre, est aussi celui d’une émission de radio de l’époque, qui diffusait des tubes français et américains.
 
« Samedi détente fait référence à une époque, en 1994 et même avant dans les années 90. Cette émission radiophonique qu’on écoutait à l’époque avec mes amis, la famille, les voisins… Pour moi c’est des moments très joyeux. C’était des moments d’insouciance avec mes amis, mes cousins, mes frères et sœurs. La plupart de ces gens là, sont morts pendant le génocide », confie la jeune femme.

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Dorothée Munyaneza raconte ainsi son histoire sur la scène, à travers des chants, de la danse. « Notre danse sera la danse des corps animés, rescapés », souligne la danseuse ivoirienne de la pièce, Nadia Beugré. Mais la chorégraphe donne aussi à entendre son propre récit sur les évènements. « Le Rwanda et les Rwandais ont sombré dans l’abîme, tandis que le monde tergiversait… », déclame-t-elle sur scène.  

Le compositeur, Alain Mahé a également choisi d’y ajouter des sources documentaires issues d’émissions de radio ou de déclarations politiques de l’époque. 

Comme dans le passé, la jeune femme porte aussi plusieurs couches de vêtements sur elle, qui rappellent son exode.
Elle partira en effet peu de temps après à Londres avec sa famille. « Je ne comprends toujours pas comment on a réussi à échapper à tous les contrôles et à fuir », avoue-t-elle au quotidien français Libération

En Angleterre, Dorothée Munyaneza commence des études de musique et de sciences sociales. En 2010, elle sort son premier album solo. Ce n’est qu’en 2006 qu’elle se lance dans la danse contemporaine. En 2013, Dorothée Munyaneza a crée sa propre compagnie : Compagnie Kadidi, pour produire ses pièces.

Samedi Détente, présenté au Théâtre Monfort à Paris jusqu’au 31 janvier 2015, redonne  donc vie à ses souvenirs mais sans sombrer dans le pathos. Un spectacle qui mélange « La colère, la douleur, la tristesse, l’espoir et la joie », décrit l’artiste.

Entretien avec Dorothée Munyaneza

20.01.2015Sujet TV5 MONDE
"Ce n'est pas que mon corps qui bouge sur scène, il y a la danseuse Nadia Beugré aussi qui a un mouvement singulier. Je pense qu'elle a réussi à toucher ce à quoi je voulais tendre, c'est-à-dire le corps vivant".
Entretien avec Dorothée Munyaneza