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Egypte, Iran : ces hommes qui s'habillent en femme par solidarité

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Un jeune Egyptien grimé en femme filme sa promenade dans le centre-ville du Caire. Objectif : sensibiliser les spectateurs au fléau du harcèlement sexuel. Des Kurdes et des Iraniens s'affichent habillés en femme sur leur page Facebook pour protester contre une décision de justice - un criminel condamné à s'exhiber en robe et foulard en guise de sentence. Pour exprimer leur solidarité, les hommes, désormais, se font belles.

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Selon une étude, plus de 90 % des Egyptiennes disent avoir été agressées au moins une fois dans la rue. Un homme vous frôle en faisant mine de vous bousculer, un autre vous suit des yeux en tournant ostensiblement la tête ou vous glisse une remarque grivoise à l'oreille lorsqu'il vous croise, parfois des insultes ou des mains baladeuses... D'autres encore, plus agressifs qui vous proposent une place dans leur grosse voiture ou de monter dans une chambre d'hôtel retrouver des amis... Glissé dans la peau d'une femme le temps d'une promenade en plein jour dans un quartier cosmopolite du Caire, le jeune acteur égyptien Walid Hamad a voulu vivre tout cela, au nom de ses amies et de ses soeurs. Et comme toutes les femmes du monde, il a appris à ravaler la colère et l'humiliation, à faire mine de ne rien voir, ne rien entendre. Mais il a tout filmé, en caméra caché, et a fait diffuser sa vidéo sur une chaîne égyptienne de télévision privée.


A 24 ans, Walid Hammad endosse le rôle le plus difficile de sa jeune carrière. Travesti en femme, il s'est exposé aux regards appuyés, aux remarques sexistes, aux invitations sordides, aux gestes déplacés... Diffusé sur OnTV, le film de son expérience est étonnant : grande et mince, la fausse jeune femme est autant, sinon plus, harcelée lorsqu'elle se promène voilée qu'en T-shirt et jupe longue.

Dans la vidéo ci-dessus, les petites phrases saisies au vol ("- Oh oui, ma douceur!" ou encore - "On peut discuter 2 mn ?") ne sont pas d'une violence extrême, mais elles deviennent irritantes, pour ne pas dire plus, à force de répétition...

Un bandit iranien exhibé en femme en guise de sentence

 
15 avril 2013 : un homme en robe, la tête couverte d'un foulard rouge, est promené à l'arrière d'un pick-up sous bonne garde et escorté de dizaines de voitures de police dans les rues de Marivan, une ville du Kurdistan iranien. Telle était la sanction prononcée par la justice contre ce repris de justice accusé de violences et de trouble à l’ordre public.
 


La peine appliquée par la justice de Marivan a déclenché une vague de solidarité virtuelle : en soutien à leurs épouses, leurs soeurs, leurs mères, leurs filles... les hommes ont créé une page Facebook le 18 avril 2013. Kurdes, Iraniens d'Iran et de la diaspora, mais aussi femmes et hommes du monde entier, y sont invités à poster des photos d’eux habillés en femme, ou d'elles habillées en hommes. La page compte aujourd'hui près de 15 0000 fans et une cinquantaine de photos.