Elena Perlino rend leur humanité aux prostituées nigérianes

L'une des photos d'Elena Perlino exposée à Vendôme - © http://www.elenaperlino.com/
L'une des photos d'Elena Perlino exposée à Vendôme - © http://www.elenaperlino.com/

Pour leur 10ème édition, les Promenades Photographiques de Vendôme, ville historique du Val de Loire, (le temps d'une été, jusqu'au 21 septembre 2014) ont choisi de faire honneur aux femmes, et parmi elles, Elena Perlino.  La photographe italienne travaille depuis plus de 10 ans sur les phénomènes migratoires en Méditerranée. Avec dans son viseur un focus sur ces nigérianes échouées en Italie, des prostitués pour la plupart, qu'elle suit depuis 2006. D'un cliché à l'autre, elle raconte le quotidien combattif de ces femmes... Reportage de Pascale Achard et Hervé Labourdette

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"La photographie signifie de donner du sens à la réalité. Ce qui est impressionnant  c'est l'empilement de différents niveaux que la photographie recèle : le lien entre l'esthétique, l'émotionnel, le sociologique, le politique et l'anthropologique."

Elle a 42 ans et derrière elle, déjà, une pensée et un parcours impressionnants. Italienne, Elena Perlino est venue à la photographie de presse via des études d'histoire et de cinéma, à Turin et à Paris. Son travail a été exposé des deux côtés de l'Atlantique, avec au coeur de ses clichés, l'humain, l'humaine : "la vie quotidienne est une extraordinaire source d'inspiration pour chaque projet photographique".

De ces Nigérianes qu'elle a choisies de fixer sur sa pellicule, dont une autre tragique facette a surgi à l'occasion des enlèvements à répétition de lycéennes par la secte extrémiste Boko Haram, elle dit : "L'Italie est une destination et une place de transit importantes du trafic international de la prostitution. Ces dernières années, nous avons été témoins d'un accroissement exponentiel : des jeunes Nigérianes issues de régions rurales constituent la population la plus vulnérable à cette exploitation sexuelle industrielle." Elena Perlino les a accompagnées dans les différents moments de leur séjour en Italie, entre Turin, Gênes, Rome, Naples et Palerme, de 2006 à 2013.

La photographe rappelle que la prostitution est la 3ème source de revenus la plus importante du crime organisé. D'où le titre donné à sa démarche avec ces damnées de la terre "Pipeline", parce que la traite humaine rapporte, comme le pétrole, beaucoup d'argent.

“Pour comprendre, je suis descendue dans la rue“

09.07.2014
"Les mafieux utilisent le même vocabulaire pour désigner les femmes et les objets de leurs commerces". 
“Pour comprendre, je suis descendue dans la rue“

Les promenades photographiques de Vendôme, 20 juin - 21 septembre

Pour en savoir plus sur l'exposition d'Elena Perlino et sur les autres artistes exposés.

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