Terriennes

En Arabie saoudite, Mbayang Diop, domestique sénégalaise, risque la décapitation

Mbayang Diop
©Lou Garçon / TV5MONDE

Au ‪Sénégal‬, les travailleurs domestiques se mobilisent pour leur compatriote, Mbayang Diop. Incarcérée en Arabie Saoudite pour le meurtre de sa patronne, elle risque la décapitation.

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A Dakar, un rassemblement a été organisé lundi 1er août 2016 par un collectif de soutien sénégalais pour demander la grâce de leur compatriote Mbayang Diop. Une pétition a été lancée mi-juillet par l'ONG Horizon sans frontières et a déjà recueilli plus de 4700 signatures. 

Et sur les réseaux sociaux, le mot-clé #SauvonsMbayang fédère les soutiens en ligne. 

Son demi-frère qui était présent à la manifestation de ce début de semaine a indiqué à nos confrères de la BBC être inquiet quant au sort de sa soeur dont il n'a plus de nouvelles depuis 3 semaines : "D'habitude, nous nous parlons au téléphone, puis il y a eu une rupture de communication. Nous avons ensuite adressé une lettre au ministère des Affaires étrangères afin qu'il mène des recherches et la retrouve".

L'affaire Mbayang Diop fera peut être partie des discussions entre le président Macky Sall et le ministre des Affaires étrangères saoudien qui est en visite à Dakar ce mercredi 3 août.

La famille de la jeune femme pourra quant à elle en savoir davantage, ce jeudi 4 août. Les autorités saoudiennes doivent s'entretenir avec l'ambassadeur du Sénégal sur place ainsi que Mbayang Diop entourée d'avocats sénégalais dépêchés dans le pays, toujours selon nos confrères de la BBC.   

Peine capitale pour meurtre

Recrutée par un réseau de trafiquants, la jeune femme était partie depuis quelques semaines en Arabie saoudite pour y travailler comme domestique. Elle risque aujourd'hui la peine capitale en Arabie saoudite où elle est accusée d'avoir tué sa patronne. 

"On lui a reproché d’avoir porté atteinte à la vie de son employeur. En fin de compte, la dame n’a pas survécu aux différentes blessures occasionnées par les coups de couteau que la jeune femme lui a donnés, expliquait à RFI Sory Kaba, le directeur des Sénégalais de l'extérieur. Elle a reconnu les faits et aujourd’hui elle est sous mandat de dépôt."

Après son arrivée en Arabie saoudite, Mbayang Diop a rapidement alerté sa famille qu'elle ne voulait pas rester chez ses employeurs. C'est ce que raconte l'un de ses frères au site d'information sénégalais senenews : "Ma sœur avait émis le souhait de retourner au bercail dès les premiers jours de son séjour. Elle ne cessait de pleurer sur son sort. A peine après deux semaines passés chez ses employeurs, elle m’a donné un coup de fil pour nous demander de lui venir en aide. Elle se plaignait de son travail et des conditions que sa patronne lui faisait subir."

Travailleurs-es domestiques

Comme elle, de nombreux Sénégalais partent travailler Moyen Orient dans des conditions déplorables dénoncées récemment par Cheikh Bamba Dieye, maire de la ville de Saint-Louis : "Les injustices, le mépris, le racisme primaire sont devenus le lot de nos compatriotes dans beaucoup de pays arabes particulièrement en Arabie Saoudite. (...) Il faudra que nous constations une fois pour toute l’absolue nécessité de mieux organiser notre pays, de rationaliser nos rapports et nos dépenses pour créer les conditions de maintien de nos enfants à l’intérieur du pays. Il faudra aussi traquer et sanctionner avec la plus grande sévérité ces négriers des temps modernes qui sont les suppôts de ce trafic ignoble d’êtres humains." 

Il appelle ainsi, tout comme le collectif de soutien à Mbayang Diop, le gouvernement sénégalais à prendre des mesures pour protéger davantage ses ressortissants qui travaillent à l'étranger.

La société civile mobilisée demande aussi au Sénégal de ratifier la convention 189 de l'Organisation international du travail qui protège les travailleurs-es domestiques si souvent maltraité-es. 

En attendant, le Sénégal reste suspendu au sort de l'infortunée Mbayang Diop, arrêtée mais non encore jugée et qui risque la peine capitale au terme d'un éventuel procès mené à charge.