Terriennes

Enquête sur la disparition des femmes autochtones au Canada : du concret, enfin !

point d'étape Commission d'enquête sur la disparition des femmes autochtones
Par nos partenaires de Radio-Canada

De nouvelles audiences publiques se tiendront cet automne, annonce la Commission sur la disparition des femmes autochtones au Canada... Enfin une bonne nouvelle !

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La Commission chargée de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) au Canada l'a annoncé simultanément à Vancouver en anglais et à Québec en Français : les audiences publiques qui donnent la paroles aux victimes et à leur famille reprendront entre septembre et décembre. Ainsi devraient-elles couvrir la majorité des provinces, territoires et communauté. 

Programmées entre le 11 septembre et le 4 décembre, ces audiences vont permettre aux victimes et à leurs proches de partager leurs histoires. Elles seront précédées de visites sur le terrain pour aider les témoins et les communautés à se familiariser avec la démarche, mais aussi pour les préparer sur le plan psychologique et social : "Ces exercices vont nous amener à saisir les tendances et nous permettre de ramasser les faits au regard des causes systémiques. Cette préparation va nous permettre de comprendre les problématiques locales auxquelles font face les femmes et les jeunes filles," explique Michèle Audette, commissaire à l'ENFFADA.

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Il était temps que les choses bougent et cela faisait longtemps que les familles et communautés autochtones réclamaient du concret. Il est vrai que la Commission, qui pêchait déjà par défaut de communication, a dû faire faire à une vague de démissions, officiellement "pour raisons personnelles". A commencer par sa directrice générale, Michelle Moreau, qui déplore, au passage, le manque de moyens qui entrave l'action des commissaires : "Quand on a mandat limité à un peu plus de 2 ans, et qu'il faut attendre six mois pour des ordinateurs, alors tout devient une montagne," explique-t-elle.

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Reste un noyau dur d'une soixantaine personnes mobilisées pour répondre au mandat de la Commssion. Désormais, la plupart des femmes autochtones et leurs familles, qui attendaient cette enquête depuis plus de dix ans, souhaitent aller de l'avant. D'autres, comme Sheila North Wilson, grande cheffe des Premières Nations du Manitoba Keewatinowi Okimakanak, continuent de réclamer la démission de la Commissaire en chef pour donner un nouveau départ à l'enquête. Or cette dernière, la juge Marion Buller, une femme autochtone, n'a pas du tout l'intention de partir.