Terriennes

Etre chercheuse archéologue dans un univers d'hommes

Imitation (cosplay) par Camilla Luddington, de Lara Croft, archéologue de fiction et de jeu virtuel, belle, intelligente et athlétique, qui s'aventure de par le monde dans d'anciennes tombes ou ruines pleines de danger.
Imitation (cosplay) par Camilla Luddington, de Lara Croft, archéologue de fiction et de jeu virtuel, belle, intelligente et athlétique, qui s'aventure de par le monde dans d'anciennes tombes ou ruines pleines de danger.
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Laura Mary, doctorante en archéologie, a lancé, pour ses recherches, un appel à témoignages aux femmes "ayant été témoins ou victimes de remarques, comportements sexistes, d'agressions sexuelles, dans et hors chantier archéologique". Terriennes relaie son appel avec des extraits de son article paru dans la revue Simonae.fr.

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De Lara Croft à River Song en passant par Evelyn Carnahan-O’Connell, la femme archéologue nourrit une série de fantasmes. Universitaire, aventurière et pilleuse de tombe, elle possède à la fois un physique avantageux, un pistolet armé et un compte en banque bien rempli. La réalité est cependant bien éloignée de la fiction. De par sa profession, la femme archéologue tout comme son homologue masculin doit faire face sur le terrain à une série de contraintes. (…./...)

Hier...

Pour en savoir plus

L'intégralité de l'article de Laura Mary, "La place des femmes dans la discipline archéologique : Entre plafond de verre et harcèlement sexuel", accompagné de toutes ses références (https://simonae.fr/sciences-culture/sciences-nouvelles-technologies/plac...) est à retrouver sur le site de la revue en ligne Simonae.fr "un magazine garanti sans sexisme, sans racisme, sans LGBTQIphobies, sans grossophobie, sans validisme et écrit par des concerné·e·s pour des concerné·e·s"
Voir aussi la page facebook de la revue et son compte twitter

Contrairement à d’autres disciplines telles que la sociologie, la psychologie ou encore l’histoire, l’archéologie ne s’est ouverte que relativement tard au féminisme, entre le début des années 1980 et le début des années 1990 selon les pays. Ce retard peut notamment s’expliquer par la forte sous-représentation des femmes dans le domaine. Au cours des années 1976-1986, sur l’ensemble des personnes ayant obtenu leur doctorat en archéologie aux Etats-Unis, 36% étaient des femmes. Sur ce pourcentage, la moitié seulement, soit 18% du total, a pu accéder à un poste universitaire par la suite. Ce chiffre passe à 24% au cours des années 1990 mais les femmes restent cantonnées à des postes subalternes, souvent à temps partiel, dans de petites universités ou des collèges sans programme d’études supérieures, où elles sont par ailleurs moins payées que les hommes à positions égales. Seul 10% d’entre elles arrivent à être nommées professeures. De plus, elles sont  majoritairement reléguées au laboratoire, le travail de terrain - davantage exigeant physiquement parlant- restant l’apanage des hommes. À la même époque en Grande-Bretagne, elles ne sont que 17% à pouvoir accéder à un poste universitaire et les perspectives de promotion demeurent minces voire inexistantes. (…/...)

...Et aujourd’hui ?

Même si le féminisme a irrémédiablement laissé son empreinte sur l’archéologie, la situation n’a en réalité que peu changé. En 2007, Magaret Conkey soulignait que les femmes archéologues sont toujours sous-représentées dans la discipline, et ce malgré les nombres croissants d’étudiantes en archéologie sur les bancs de l’université et de diplômées sortantes chaque année. Par ailleurs, selon le rapport annuel 2012-2013 sur le statut économique de la profession réalisé par l’American Association of University Professors, les hommes demeurent majoritaires dans les plus hautes fonctions liées à la discipline et gagnent en général un meilleur salaire, tandis que les femmes ont davantage de chances de travailler à un poste temporaire moins bien payé. Elles publient également en moyenne moins que les hommes, sont moins citées si elles apparaissent en autrice unique d’un article, sont moins invitées aux colloques.  (…./.…)

Les remarques et attitudes sexistes ainsi que le harcèlement sexuel demeurent également bien présent·e·s. S’inspirant du projet Everyday Sexism, la Dr Hannah Cobb créa en 2015 le projet EveryDIGsexism qui avait pour objectif de cataloguer l’ensemble des comportements sexistes propres à la discipline archéologique. Les hashtags #ArchSwan et #everyDIGsexism témoignent des remarques, attitudes et gestes déplacés auxquelles les femmes archéologues doivent faire face en dehors et sur chantiers. Cela se matérialise par des propos paternalistes (emploi du prénom, tutoiement alors que l’on ne connaît pas l’interlocuteur), des remarques non-désirées sur le physique, une confiscation de la parole lors d’une conférence (manterrupting), une déconsidération du travail fourni (soupçon d’avoir obtenu sa place/son poste en ayant couché/séduit), des commentaires d’ordre sexuel, des contacts physiques non-sollicités, etc. (.../...)


APPEL À TÉMOIGNAGES :

Si vous êtes une étudiante/doctorante/docteure en archéologie et que dans le cadre de vos études ou de votre travail, vous avez assisté ou vous avez été victime de remarques sexistes et/ou de harcèlement sexuel, votre témoignage nous intéresse. Vous pouvez nous le transmettre de manière anonyme ou non dans les commentaires de l'article à retrouver ici https://simonae.fr/sciences-culture/sciences-nouvelles-technologies/plac..., ou vous pouvez également me DM sur twitter (@anemonenyme).