Terriennes

Euthanasie : décès en Belgique d'Anne Bert, l'écrivaine française qui a choisi sa mort

Anne Bert chez elle, lors d'un reportage de nos confrères de France 5, le 12 avril 2017.
Anne Bert chez elle, lors d'un reportage de nos confrères de France 5, le 12 avril 2017.
©capture d'écran/youtube/France5
Anne Bert chez elle, lors d'un reportage de nos confrères de France 5, le 12 avril 2017.
Anne Bert, écrivaine et auteure de "Le tout dernier été" (Fayard), morte euthanasiée le 2 octobre 2017 dans un hôpital de Belgique.

Dans un livre "Le tout dernier été" qui doit paraître cette semaine, Anne Bert expliquait son combat pour une mort "choisie". La romancière, atteinte de la maladie de Charcot, est morte ce lundi 2 octobre en Belgique, comme elle l'avait choisi, euthanasiée. Elle avait 59 ans.  

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Anne Bert, qui souffrait d'une maladie dégénérative incurable et défendait la liberté de "choisir sa fin de vie" en France, a été euthanasiée lundi 2 octobre 2017 dans un hôpital belge, "comme elle l'avait souhaité", a annoncé sa fille à l'AFP.

L'écrivaine de 59 ans, qui avait déjà interpellé les candidats à la présidentielle en janvier, a souhaité faire évoluer les mentalités et la législation française, avec "Le tout dernier été" (Fayard), un livre qui évoque son "combat" pour un départ choisi.
Anne Bert s'est éteinte lundi matin peu après 09h00 en Belgique, a indiqué sa fille dans un appel téléphonique à l'AFP, information confirmée peu après par son éditeur Fayard.

Un départ choisi

Romancière et ancienne éditrice, Anne Bert, qui résidait en Charente-Maritime, souffrait d'une sclérose latérale amyotrophique (SLA) aussi appelée "maladie de Charcot", qui conduit à une paralysie des muscles qui l'"emmure progressivement".
 
Les conservateurs qui affirment que la vie doit être vécue jusqu'au bout de l'enfer
Anne bert
Son livre, un récit intime blâmant les "conservateurs qui affirment que la vie doit être vécue jusqu'au bout de l'enfer" doit être publié le 4 octobre. Anne Bert avait prévenu quelques semaines avant sa mort qu'elle ne serait "plus là pour sa parution".
 


Aucun traitement curatif n'existe pour l'affection dont elle souffrait, diagnostiquée chez elle en octobre 2015.
 

La loi française "insuffisante"

La loi française autorise depuis 2016 la "sédation profonde et continue" jusqu'au décès, une administration de substances anti-douleur qui s'apparente à un droit à être endormi sans être réveillé. Mais elle s'applique uniquement aux malades déjà en phase terminale et n'autorise pas l'euthanasie active, c'est-à-dire l'administration d'un produit provoquant directement la mort.
 

Cette législation "répond plus aux préoccupations des médecins qu'aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d'insupportables souffrances", regrettait Anne Bert dans sa lettre ouverte aux candidats à la présidentielle. "Endormir un malade pour le laisser mourir de faim et de soif est-il réellement plus respectueux de la vie que d'y mettre fin par l'administration d'un produit létal?", poursuivait-elle.
 
Extrait de <a href="https://anneelisa.wordpress.com/2017/01/15/euthanasie-lettre-ouverte-aux-candidats-a-lelection-presidentielle-2017/" target="_blank">la lettre ouverte</a> d'Anne bert aux candidats à la présidentielle française 2017.
Extrait de la lettre ouverte d'Anne bert aux candidats à la présidentielle française 2017.
Crédit capture d'écran

 
Je veux mourir en paix, avant d'être torturée Anne bert, Un tout dernier Eté
"Je veux mourir en paix, avant d'être torturée", écrit-elle dans son livre, "passer la frontière pour fuir l'interdit".
 

Elle avait choisi de mourir en Belgique où elle était suivie depuis décembre. 
Dans ce pays, l'euthanasie active est autorisée depuis 2002 pour les patients souffrant d'un mal incurable et qui ont formulé leur demande "de manière volontaire, réfléchie et répétée".


 

Début septembre, elle s’était notamment confiée au micro de France Inter. "Je ne veux pas vivre l’horreur que me promet cette maladie. Il me faut une assistance totale, du lever au coucher (...) Il faut partir à un moment où on est vulnérable. (…) Il n’y a pas d’émotions particulières quand je regarde mon jardin. Sûrement quelque chose en moi ne peut concevoir que c’est la dernière fois. Ce n’est pas bouleversant. J’ai imaginé comment j’allais être morte", déclarait-elle alors. Ce jour est arrivé, c'était son choix.