Terriennes

Hiam Abbass, une femme au carrefour du monde

Vingt cinq ans après sa première apparition sur les écrans de cinéma, la comédienne palestinienne d'Israël Hiam Abbass sort son premier long métrage comme réalisatrice le 12 décembre 2012. Ce film couronne un long parcours riche et passionnant : photographe, actrice, réalisatrice, scénariste, productrice, directrice d’acteurs et écrivaine, à la croisée de plusieurs langues, pays, et métiers, de quoi constituer un lourd “Héritage“.
Rencontre au festival international de films d'Arras où elle présentait son film.

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Hiam Abbass est née le 30 novembre 1960 dans le petit village de Dar Hanna en Galilée situé au nord de Nazareth en Israël. Issue de parents palestiniens d’Israël et enseignants de profession, ils inculquent à Hiam dès son plus jeune âge l’importance des études. Aujourd’hui, elle parle couramment l’arabe, l’hébreu, l’anglais et depuis plus récemment le français.

Dès l’obtention de son bac à 17 ans, Hiam quitte le domicile familial pour poursuivre des études de photographie à Haïfa puis rejoint Jérusalem où elle commence sa carrière de comédienne au sein de la troupe de  théâtre palestinienne El-Hakawati, fondé par l'exceptionnel Francois Abu Salem. En 1987, elle fait sa première apparition au cinéma dans le beau et complexe « Noces en Galilée » de Michel Khleifi, un cinéaste lui aussi de Nazareth, comme elle de ceux que l'on appelle palestiniens d'Israël ou encore arabes de l'intérieur, des citoyens dans un entre deux inconfortable et parfois créatif.

Héritage - à voir en France le 12 décembre 2012


Dans la foulée, supportant de plus en plus mal le conflit israélo-palestinien, la jeune  femme quitte Israël son pays natal pour rejoindre son amoureux à Londres puis, finit par s'installer en France où elle enchaine des rôles pour le petit et grand écran.

Parcours hors normes d'une jeune femme en rupture


En 2001, c’est en tant que réalisatrice qu’elle reçoit sa première distinction internationale, le prix Golden Bayard pour son court métrage « Le Pain ». Mais ce n’est qu’en 2002 que Hiam Abbas devient célèbre grâce à son époustouflante et mémorable prestation dans le film franco-tunisien « Satin rouge » de la cinéaste Raja Amari. 

La réalisation en attente


Jeune palestinienne d’Israël, elle a acquis une connaissance aiguë des deux sociétés, perception qui lui a valu d’être sollicitée pour conseiller Steven Spielberg sur le tournage de « Munich » en 2005. Elle travaille aujourd’hui avec les plus grands cinéastes du Proche-Orient, de l'égyptien Yousri Nasrallah à l'israélien Amos Gitaï, en tant qu’actrice mais aussi en tant que directrice d’acteurs.
En 2012, elle fait partie du jury du 65e festival de Cannes et sort le 12 décembre en France, son premier long métrage « Héritage » comme réalisatrice et coscénariste.

Presqu'au commencement, il y eut Satin rouge


A la frontière entre fiction et autobiographie, « Héritage » est avant tout un hymne à la liberté de l’individu et un regard retenu sur deux sociétés israélienne et palestinienne condamnées à vivre ensemble mais chacune dans son carcan culturel et religieux, un dur héritage pour les générations suivantes.
Hiam Abbas a su réaliser un film juste et passionnant.


Une vie à la charnière de sociétés ouvertes et fermées