Jeu vidéo FIFA 16 : place aux footballeuses !

Alex Morgan en haut à droite avec l'équipe féminine des État-Unis, championnes du Monde 2015. (AP Photo/Elaine Thompson)
Alex Morgan en haut à droite avec l'équipe féminine des État-Unis, championnes du Monde 2015. (AP Photo/Elaine Thompson)

Pour la première fois, deux joueuses de football se retrouvent sur la jaquette du célèbre jeu vidéo « FIFA 16 » vendu en Amérique du Nord. Autre nouveauté : les « gamers » pourront choisir de jouer avec des équipes nationales féminines.

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Deux stars, deux femmes. L'Américaine Alex Morgan, championne du monde 2015 avec son équipe, et la Canadienne Christine Sinclair ont été choisies pour figurer sur les couvertures du jeu vidéo FIFA 16 distribué aux Etats-Unis et au Canada à partir de septembre.

Une décision inédite annoncée par l’éditeur du jeu le 20 juillet. Leur but ? Promouvoir la possibilité de jouer avec des équipes féminines et non plus uniquement masculines. Douze équipes nationales sont proposées : Allemagne, Angleterre, Australie, Brésil, Canada, Chine, Espagne, États-Unis, France, Italie, Mexique et Suède.
 
« C’est un honneur incroyable d’être l’une des premières femmes sur la couverture du FIFA d’EA Sports », s’est réjouie Alex Morgan. « Etre présente dans le jeu et faire la promotion du foot féminin avec Alex est quelque chose de spécial et une autre étape enthousiasmante pour les femmes dans le sport», a expliqué l’attaquante canadienne de 32 ans, Christine Sinclair.
 

Pas de joueuse sur la pochette française

 
En France, les joueuses de l’équipe nationale, quart de finalistes à la dernière Coupe du monde 2015 au Canada, n’auront pas le même privilège sur les boites françaises de jeu vidéo. L’attaquant argentin Lionel Messi, multiples Ballon d'or, partagera l’affiche avec le jeune joueur du club Atletico Madrid et de l’équipe de France masculine, Antoine Griezmann. Ce choix résulte d’un vote des internautes où ne figuraient que des hommes.

Pourtant, les stars dans l’équipe de France féminine ne manquent pas, à l’instar d’Eugénie Le Sommer, Louisa Necib, Elodie Tomis, Marie-Laure Delie ou encore Gaëtane Thiney, pour ne citer qu’elles. Mais le football féminin en France, et globalement en Europe, n’a pas (encore ?) la même aura qu’en Amérique du Nord où la pratique du « soccer », l’équivalent du football, est mixte depuis de nombreuses années.

Encore des efforts à faire

 
Malgré quelques initiatives significatives, comme la création en 2014 des 24h du sport féminin par le CSA, à laquelle TV5MONDE est partenaire, pour améliorer la visibilité des sportives, celles-ci ne bénéficient pas encore du même intérêt médiatique que leurs homologues masculins.
 
Et les clichés dans le sport perdurent. Les phrases du type « le sport, ce n’est pas fait pour les filles » sont loin d’avoir disparues. Comme la dernière polémique sur le tweet sexiste de la Fédération anglaise de football féminin à la fin de la Coupe du monde, qui félicite les joueuses de pouvoir reprendre « leur rôle de mères, compagnes et filles » dès leur retour en Angleterre. Les footballeuses anglaises ont pourtant réalisé leur meilleur résultat dans la compétition en terminant à la troisième place face aux anciennes championnes du monde allemandes.
 
Reste aussi à savoir comment les footballeuses virtuelles du nouveau FIFA 16 vont être reçues dans le monde des « gamer » (joueurs de jeux vidéos), où le sexisme et les violences envers les femmes sur et derrière l’écran restent des pratiques courantes.