Journée internationale contre les violences faites aux femmes : “Je déclare avoir été violée“, le manifeste des 313

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A la veille de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre 2012, en France, le Nouvel observateur publiait l'appel de 313 victimes de viol, lancé par la journaliste et femme politique Clémentine Autain. Cet initiative fait écho à un autre manifeste, également publié par le magazine en 1971, lorsque 343 femmes, qui s'étaient autoproclamées "salopes" avaient avoir avorté (on trouvait alors parmi les signataires Simone de Beauvoir, Stéphane Audran ou Gisèle Halimi.
Dans un contexte d'impunité grandissante, et après l'affaire DSK, cette nouvelle interpellation aux pouvoirs publics commence par ces mots “Je déclare avoir été violée", et se poursuit par "Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs." Aux côtés de Clémentine Autain, on remarque parmi les signataires, qui ont de 18 à 87 ans, l'ex cahmpionne de tennis Isabelle Demongeot, l'ancienne épouse de l'ex-Premier ministre Marie-Laure de Villepin ou encore l'auteur et scénariste Frédérique Hébrard.

Léa Belek, signataire de l'appel des 313, témoigne des viols et de l'inceste dont elle a été victime

24.11.2012
« Chaque fois que mon père me touchait, il mettait de la mort en moi. »
Léa Belek, signataire de l'appel des 313, témoigne des viols et de l'inceste dont elle a été victime

C’est un secret entre nous

ed Michalon, 160 pages, 16 euros
"Chaque fois que mon père me touchait, il mettait de la mort en moi". Abusée toute son enfance par son père qui lui fait jurer de garder le secret, Lea trouve refuge dans la musique. Au piano, elle laisse s’exprimer sa peine, sa colère. Lea puise en elle le courage nécessaire pour tenter de se reconstruire, se libérer de sa souffrance. À vingt-sept ans, elle parle enfin, tout en refusant de porter plainte contre son père. Dans l’espoir de protéger d’autres jeunes victimes, sa mère endosse cette responsabilité, adresse une lettre au procureur de la République pour dénoncer les agissements de son ex-mari. Au terme de deux procès éprouvants, il est condamné à douze ans de prison. Aujourd’hui, Lea témoigne pour encourager les victimes de l’inceste à briser le silence et pour faire abolir les délais de prescription. Abuser d’un enfant, c’est porter atteinte aux racines mêmes de la vie.