L'Arabie saoudite scandalisée par une femme non voilée, vue en minijupe sur Twitter

Une jeune femme en minijupe qui remonte d'un pas lent et légèrement chaloupé l'allée d'un site historique dans le désert. Ailleurs, une touriste parmi tant d'autres. Ici, une grave offense à la décence. Interpellée par la police, elle a finalement été relâchée sans inculpation.

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En Arabie saoudite, les femmes sont tenues de sortir en public vêtues d'une abaya noire, l'habit traditionnel qui les recouvre de la tête aux pieds. Dans ce pays ultra-conservateur, la vidéo publiée le week-end dernier sur les réseaux sociaux, au départ sur le compte Snapchat "mannequin Khulood", a fait scandale.

On y voit une jeune femme aux cheveux longs détachés, sans voile, qui porte une minijupe, un t-shirt qui découvre le nombril et des lunettes de soleil. Une séquence la montre de dos, puis de face, en train de marcher dans un fort historique à Ushaiqer, à 200 kilomètres au nord-ouest de la capitale Ryad.


La vidéo a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes appelant à poursuivre la jeune femme en justice pour entorse aux règlements dans le royaume.

Quant aux autorités de la région de Ryad, dont dépend Ushaiqer, elles voulaient poursuivre en justice la jeune femme pour s'être montrée en tenue "indécente". La Commission pour la promotion de la vertu et la prévention du vice avait annoncé qu'elle allait "adopter les mesures nécessaires contre cette transgression (de l'ordre moral), en coordination avec les autorités compétentes".

Relâchée sans inculpation

Rapidement interpellée, une jeune femme a été interrogée par la police de Ryad. Elle a reconnu avoir visité le site historique en compagnie d'un gardien, en affirmant les images ont été diffusées sur les réseaux sociaux à son insu. La police l'a relâchée mardi soir et le dossier a été clôturé par le procureur, selon le ministère de l'Information. "Un signe d'espoir", pour Clarence Rodriguez, correspondante pendant douze ans à Riyad et spécialiste de l'Arabie Saoudite :

Clarence Rodriguez
Outre les règles vestimentaires, les Saoudiennes sont soumises à une série de restrictions, dont l'interdiction qui leur est faite de conduire une voiture. Une petite brèche a été ouverte dans ce système le 5 mai lorsque les Saoudiennes ont été autorisées par décret royal à effectuer différentes démarches administratives sans besoin de tuteur.

► Le dossier de Terriennes sur les femmes en Arabie saoudite