Terriennes

L'islamologue suisse Tariq Ramadan visé par une enquête pour "viol"

accusations de viol contre Tariq Ramadan
©May Vallaud, Frédéric Rassinoux / TV5MONDE

L'intellectuel Tariq Ramadan, islamologue influent mais aussi controversé, est la cible de deux plaintes pour "viol, agression sexuelle, violences et menaces de mort" en France. Poussée par la campagne #BalanceTonPorc, Henda Ayari est la seule de ses plaignantes à témoigner publiquement. Retour sur cette affaire et les échos qu'elle peut avoir en Suisse. 

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Henda Ayari est la première femme à avoir porté plainte contre Tariq Ramadan qu'elle accuse de viol. Elle est aussi la seule à témoigner à visage découvert contre l'intellectuel suisse, universitaire au Royaume Uni, polyglotte habitué des plateaux de télévision sur tous les continents, dont ceux de TV5MONDE.

"D'une situation que je pensais très agréable, très symathique, ça s'est transformé en cauchemar....", raconte-t-elle à nos confrères de France 3. 

Les faits remonteraient à mars 2012. L'agression aurait eu lieu dans un hôtel parisien. C'est à la demande de Tariq Ramadan, avec qui elle entretient une relation écrite, qu'Henda Ayari s'y serait rendue pour parler Islam.

A une époque de sa vie, Henda Ayari se dit salafiste (musulmane de stricte obédience), elle porte le foulard, et le site 20 minutes nous dit qu'elle s’est tournée vers la religion après le divorce de ses parents. 
Quelque temps plus tard voit, elle voit en Tariq Ramadan un guide spirituel alors qu'elle vient de divorcer, de renoncer au voile et qu'elle s'éloigne de la religion. 

"Il m'a littéralement sauté dessus, explique-t-elle dans les médias français. Je l'ai repoussé mais comme il est plus fort que moi, il m'a forcée et puis il m'a frappée très fort, il m'a gifflée. Ensuite, il m'a étranglée puis coupé la respiration et ce jour-là j'ai vraiment cru mourir."

Tariq Ramadan l'aurait alors violée, avant de se moquer d'elle. Henda Ayari se dit terrorisée et se tait... 
 


Sur ce dossier, et sur les suivants, Tariq Ramadan ne s'est exprimé qu'avec parcimonie et par l'intermédiaire de son défenseur. Il l'a fait pour la première fois samedi 28 octobre 2017 sur un réseau social. Soit deux jours après une deuxième plainte déposée contre lui (la plaignante a choisi de garder l'anonymat). Son avocat a porté plainte pour "dénonciation calomnieuse". 

L'islamologue et théologien suisse qui enseigne à l'Université d'Oxford se dit victime d'une campagne de calomnie. Sur la toile, ses partisans dénoncent un complot sionniste et accusent Henda Ayari de chercher à se faire de la publicité pour son livre autobiographique "J'ai choisi d'être libre" (Flammarion). Les détracteurs de Tariq Ramadan voient dans ces "révélations" ce qu'ils ont toujours dénoncé : un double discours. 

C'est désormais à la justice de faire son travail. Comme le rappellent nombre de commentateurs, les réseaux sociaux qui se transforment en tribunaux populaires n'ont aucune légitimité judiciaire. Nous devrions nous souvenir de nombreuses affaires récentes où des accusé.e.s étaient jugés coupables d'agressions sexuelles par l'opinion publique avant leur procès, culpabilité démentie ensuite par les enquêtes et l'instruction... 

Vu de Suisse

Si en France cette affaire fait beaucoup de bruits, en Grande-Bretagne où il enseigne, elle est très peu relayée. Qu'en est-il en Suisse d'où Tariq Ramadan est originaire ? L'éclairage de notre correspondant à Genève, Michel Cerruti :

Cerruti sur les accusations de viol contre Tariq Ramadan
©TV5MONDE