Terriennes

La militante anti-excision, Jaha Dukureh, au top 100 du Time magazine

Jaha Dukureh, 25 ans, unique femme africaine à figurer sur le top 100 des personnalités les plus influentes de la planète du Time magazine.
Jaha Dukureh, 25 ans, unique femme africaine à figurer sur le top 100 des personnalités les plus influentes de la planète du Time magazine.
©captured'écran/pagefacebook/JahaMapenziDukureh
Jaha Dukureh, 25 ans, unique femme africaine à figurer sur le top 100 des personnalités les plus influentes de la planète du Time magazine.
Jaha Dukureh, jeune américaine née en Gambie, porte-parole de la lutte contre l'excision dans le monde, unique Africaine à figurer dans le top 100 du magazine Time en avril 2016. 

Désignée par le Time magazine comme l'Africaine la plus influente du monde, elle a fait de la lutte contre les mutilations génitales féminines le combat de sa vie. Elle, c'est Jaha Dukureh. Parcours de militante. 

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Tout commence, ou presque en 2014. Jaha Dukureh lance une pétition sur Change.org pour demander la fin de la pratique de l'excision.

Mais l'excision, cela fait bien plus longtemps que cela qu'elle vit avec, depuis sa toute petite enfance en Gambie, où elle est née. Sur le site Monde afrique, on apprend qu'elle a été excisée en 1991, elle n'était alors qu'un bébé d'une semaine. Elle quitte la Gambie, quinze ans plus tard pour les Etats-Unis où l'attend un mariage "arrangé".  Après des années de silence, elle décide de ne plus se taire. En 2013, la jeune femme crée une ONG, Safe Hands for Girls afin de lutter aux Etats-Unis et dans les pays d’Afrique contre ces violences.

Les médias et les projecteurs se pencheront sur elle en 2014, lorsqu'elle lance cette pétition, qui en moins de deux ans va enregistrer pas moins de 200.000 signatures.

"Une partie de ma féminité"


"Ils ont pris une partie de ma féminité. Et certaines femmes, dont ma demi-soeur, en sont mortes", raconte-t-elle dans sa vidéo de campagne.
 
©youtube

Si son combat est parti des Etats-Unis où elle vit avec son mari et ses enfants, il a désormais traversé l'Atlantique jusqu'au continent africain. Dix-huit pays sur cinquante-quatre y ont aboli la pratique. Faites le calcul.

Bataille gagnée en Gambie

Le président gambien, Yahya Jammeh à la tribune de la 68ème assemblée générale des Nations Unies, le 27 septembre 2013, à New-York (Etats-Unis).
Le président gambien, Yahya Jammeh à la tribune de la 68ème assemblée générale des Nations Unies, le 27 septembre 2013, à New-York (Etats-Unis).
©AP Photo/Andrew Burton

En 2015, une première victoire s'inscrit au palmarès de Jaha Dukureh. 
Son mouvement citoyen conduit le président gambien Yahya Jammeh à annoncer l’interdiction de l’excision dans son pays alors que la pratique ancestrale y est encore largement répandue. "Je suis fière d’avoir fait avancer les choses à la base et au sommet : les victimes peuvent s’exprimer et les hommes politiques réagissent ", se réjouit-elle. Avant 2015, les trois quarts des femmes étaient concernées par ce rite en Gambie. Depuis son interdiction,  ceux qui imposent ou pratiquent des mutilations sexuelles risquent jusqu’à trois ans de prison et 1 300 dollars d’amende.

Le combat continue donc pour la militante et pour toutes celles et ceux qui luttent comme elle contre les mutilations génitales féminines. Dans les 30 pays où elles sont les plus répandues, la majorité des victimes ont été excisées avant d’avoir 5 ans. Selon Plan International, pas moins de 200 millions de femmes sont excisées dans le monde. Et elles seront 86 millions de plus d’ici à 2030 si on n’y met pas fin. L’ONU s’est fixé pour objectif de faire cesser cette pratique d’ici à 2030, dans le cadre des objectifs de développement adoptés par 193 pays en septembre 2015.
 

A 25 ans, Jaha Dukereh est choisie par le magazine américain, Time magazine, pour figurer parmi les 100 femmes les plus influentes de la planète en 2016, elle en est aussi l'unique Africaine (sur trois personnalités au total). Elle voudrait utiliser cette distinction et son écho afin de porter encore plus haut et plus loin son combat. Et qui sait, comme elle en plaisante sur son compte twitter, pourquoi pas aussi décrocher d'autres "trophées"! Une belle revanche en tout cas pour toutes les petites filles excisées du monde, non ?
 

<em>(Ils sont en train de parler du futur secrétaire général des Nations Unies, je suis prête ! Quelqu'un serait prêt pour me nommer ??) </em>
(Ils sont en train de parler du futur secrétaire général des Nations Unies, je suis prête ! Quelqu'un serait prêt pour me nommer ??)
©captured'écran/comptetwitter