Terriennes

Le champion paralympique Oscar Pistorius raconte le meurtre de sa petite amie

L'athlète sud-africain Oscar Pistorius lors de son arrivée au tribunal, le 7 avril 2014 à Pretoria (afp.com - Deaan Vivier).
L'athlète sud-africain Oscar Pistorius lors de son arrivée au tribunal, le 7 avril 2014 à Pretoria (afp.com - Deaan Vivier).

Accusé du meurtre de sa petite amie Reeva Steenkamp, le champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius a péniblement raconté au deuxième jour de sa déposition, comment, l'année dernière le  jour de la Saint-Valentin, 4 balles de 9 mm ont tué celle avec qui il partageait sa vie depuis peu. Un procès au tribunal de Pretoria ultra-médiatisé. 

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A 27ans,l'athlète ne nie pas avoir tué Reeva Steenkamp mais il plaide non coupable et soutient qu'il a paniqué et tiré sur la porte fermée de ses WC en croyant à l'intrusion d'un cambrioleur.

Ce soir-là, Oscar Pistorius s'est endormi « fatigué » après avoir téléphoné à un cousin et regardé des photos sur internet avec Reeva Steenkamp, sans projet particulier pour fêter la Saint-Valentin du lendemain, un jeudi où il avait rendez-vous chez le dentiste le matin. Il s'est soudain réveillé, gêné par « la chaleur extrême » dans sa chambre, se levant pour aller sur le balcon chercher deux ventilateurs en marche, puis couvrir d'un jean qui traînait par terre la lumière bleue émise par la diode de la chaîne hi-fi.

« A ce moment-là, j'ai entendu la fenêtre de la salle de bains s'ouvrir »
, a-t-il raconté. « Je crois que c'est à ce moment-là que tout a changé », a-t-il ajouté, relancé par son avocat, visiblement tendu et cherchant tantôt à lui ménager des pauses, tantôt à combler les blancs.


« Je me suis penché sur elle, et…»

Inquiet, l'athlète amputé a précisé qu'il s'était armé pour s'y rendre, progressant à tâtons dans le couloir, sur ses moignons, prenant appui sur le mur pour garder l'équilibre et inquiet que l'intrus puisse surgir à la fenêtre ou des WC fermés.  « J'ai entendu un bruit qui venait des toilettes, ce que j'ai perçu comme quelqu'un qui allait sortir des toilettes. » C'est alors qu'il a appuyé sur la gâchette de son arme et que quatre balles de 9 mm ont traversé la porte des toilettes.

De retour dans la chambre et ne trouvant pas sa compagne dans le lit, il a ensuite appelé à l'aide, puis défoncé la porte des WC avec une batte de cricket. « Je me suis penché sur elle, et…» La suite de la phrase de Pistorius est étouffée dans ses sanglots. « Elle ne respirait plus », a-t-il articulé, avant de s'effondrer hoquetant et pleurant de façon bruyante.


June Steenkamp avec les lunettes rouges, la mère de Reeva,lors de la déposition d'Oscar Pistorius à la barre du tribunal de Pretoria<br/>(.com - Kim Ludbrook)
June Steenkamp avec les lunettes rouges, la mère de Reeva,lors de la déposition d'Oscar Pistorius à la barre du tribunal de Pretoria
(.com - Kim Ludbrook)
Une audience digne d'une séance sur le divan

La veille, au premier jour de sa déposition, Oscar Pistorius est revenu sur sa biographie sportive mais aussi familiale, décrivant la place importante de sa mère, perdue à l'âge de 15 ans et son enfance, baignée par la crainte d'un cambriolage violent dans une Afrique du Sud alors au pic de sa criminalité.

Il a insisté sur sa discipline, jamais de drogues, pas d'alcool en saison sportive, choisissant « méticuleusement ses compléments », ne prenant « rien d'interdit ». Le tribunal a même eu droit à une longue digression sur son amour des bêtes quand il a décrit son chien, « très placide et pas agressif », à l'opposé des défauts dont l'accablent l'accusation.

Bon citoyen, chrétien, mettant sa célébrité au service de nombreuses oeuvres de charité, Oscar Pistorius s'est aussi dépeint comme un garçon vulnérable en raison de son handicap, affirmant que « son chien pourrait le renverser » quand il ne porte pas ses prothèses.

En larmes, il a aussi demandé pardon à la famille de Reeva et raconté ses nuits peuplées de cauchemars depuis le meurtre, le réveillant « avec l'odeur de sang » ou en proie à des crises de terreur au point qu'il s'est une fois réfugié dans un placard.

De son côté, l'accusation croit qu'Oscar Pistorius a abattu sciemment sa petite amie, et a produit des témoignages troublants pendant les quinze premières audiences du procès. Le procès, qui a débuté le 3 mars, avait été ajourné le 28 mars car l'un des assesseurs était souffrant. Il pourrait se poursuivre jusqu'à la mi-mai

Oscar Pistorius s'excuse

Journal Afrique de TV5MONDE
Lors du premier jour de sa déposition, lundi 7 avril, Oscar Pistorius s'est excusé du meurtre de Reeva Steenkamp. Il était en pleurs.

Analyse de notre correspondant Sébastien Hervieu à Pretoria.
Oscar Pistorius s'excuse