Le fragile chemin des Afghanes vers leur liberté

Le départ des troupes américaines approche. Pour la condition des femmes afghanes, le bilan est mitigé. Même si plus de droits leur ont été octroyés, leur situation reste fragile. Elle dépendra désormais de l’évolution politique du pays, sans la présence des États-Unis.

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Le fragile chemin des Afghanes vers leur liberté

24.10.2013Sémiramis Ide
Une décennie d’occupation internationale, consécutive aux attentats du 11 septembre 2001 et à la chasse à Oussama Ben Landen protégé des talibans, s’est écoulée. Les troupes américaines vont se retirer en 2014. L’Afghanistan devra effectuer sa première transition démocratique lors de la présidentielle du mois d’avril où les Afghans devront choisir le successeur de Hamid Karzaï à la tête de l’État. Pour les femmes, l’heure est décisive. Elles espèrent garder leurs droits et leur indépendance, nouvellement acquise. Certaines d’entre elles peuvent aujourd’hui aller à l’école ou travailler.
 
Mais les perspectives d’amélioration de leur condition restent fragiles. La première cause est d’ordre sociale : les violences contre les femmes sont largement répandues et ancrées dans la société afghanes. 87 % des femmes afghanes seraient victimes de maltraitance, selon les données publiées en 2011 par l’ONG Oxfam France.
 
Enfin, l’économie, l’insécurité ambiante et les aléas de la politique afghane pourraient aussi remettre en cause les avancées dans les droits des femmes. Après dix ans de présence de l’Otan, l’insécurité y est encore très forte et le pays est en proie à une violente insurrection des talibans. Toutefois, ces derniers pourraient intégrer le processus démocratique lors du prochain scrutin, a déclaré le président afghan à la chaine britannique BBC le 3 octobre 2013.
 
"Ce sont des Afghans. Là où le président afghan, le gouvernement afghan peut nommer des talibans à un poste gouvernemental, ils sont les bienvenus", en poursuivant "donc pour être clair, (...) ils sont les bienvenus dans le gouvernement afghan, au même titre que tous les autres Afghans". M. Karzaï a tenté de rassurer en affirmant que la participation des talibans ne porterait pas préjudice aux femmes.