Terriennes

Le Québec, 25 ans après, toujours sous le coup de la tuerie masculiniste de Polytechnique

La stèle érigée en mémoire des 14 victimes de Marc Lepine, le 6 décembre 1989 - Wikicommons
La stèle érigée en mémoire des 14 victimes de Marc Lepine, le 6 décembre 1989 - Wikicommons

Le 6 décembre 1989 restera un marqueur dans l'histoire québécoise de la fin du 20ème siècle. Et sans doute aussi au delà. Ce jour-là, l'étudiant en informatique Marc Gharbi dit Lepine, abattait 14 femmes, en blessait grièvement dix autres à l'Ecole polytechnique de Montréal, avant de se suicider. Sa frénésie meurtrière contre le sexe féminin, le jeune homme de 25 ans l'explique dans une lettre “testamentaire“ par une haine de ces “féministes qui lui ont toujours gâché la vie". Un parcours qui se rattache au "masculinisme", mouvement ancien de défense de la suprématie des hommes sur le genre humain, et qui connaît un certain succès depuis une trentaine d'années, en particulier en Amérique du Nord.

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Les Québécois commémorent désormais le massacre de Polytechnique, douze jours durant, entre le 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes et le 6 décembre de chaque année. Ce féminicide commis par un étudiant à l'esprit perturbé par des théories de domination masculine du monde, est devenu en 25 ans la date charnière d'une réflexion sur les violences faites aux femmes au Québec, mais aussi dans tout le Canada. Et de cette tragédie sont nés de nouveaux acquis pour les femmes. Mais aussi un culte pervers de jeunes gens fanatisés par des théories fascisantes de toute puissance, de celles qui furent immortalisées dans des films américains tels Fight Club ou encore Magnolia, muscles, virilité, harcèlement sexuel à gogo.

Un culte fait de blogs et de commémorations a surgi en ce début de 21ème siècle pour revendiquer "l'héritage" de Marc Lepine. Un mouvement en forme de nébuleuse, rassemblée sous le néologisme de "masculinisme", qui n'a rien d'anecdotique et qu'a montré le réalisateur belge et féministe Patrick Jean dans son documentaire "La domination masculine". Des hommes tuent au nom de leur haine des femmes, comme des tragédies récurrentes le montrent aux Etats-Unis et ailleurs.

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine, un étudiant qualifié de brillant, entre d'un  pas décidé dans l'École Polytechnique de Montréal. Il a planifié depuis plusieurs mois l'enchainement de sa tuerie, grâce à son permis de port d'armes obtenu deux mois auparavant, un fusil semi automatique acheté dans la foulée, et plusieurs reconnaissances sur les lieux de son forfait futur. Ce 6 décembre, il pénètre dans une salle de classe au deuxième étage avant de séparer les femmes et les hommes, et d'ordonner à ces derniers (environ 50 étudiants) de s'en aller. Puis en proclamant son anti féminisme, il tire sur les neuf étudiantes, en tue six et en blesse trois. Après quoi, Lépine poursuit sa déambulation fatale dans le bâtiment, en quête d'autres cibles. Au total, il aura abattu quatorze femmes (douze étudiantes ingénieures, une future infirmière, et une employée de l'université). Il retourne alors l'arme contre lui-même.

Confusion des genres

Choix "paradoxal" que cette école Polytechnique, pour un chasseur de femmes dominantes. Les sciences dures en cette fin de 20ème siècle et encore aujourd'hui, sont chasse gardée des garçons. Ximena Sampson de Radio Canada s'est penchée sur la question et constate que les filles "étaient peu nombreuses dans les salles de classe de Polytechnique, moins de 10 % de tous les étudiants. Vingt-cinq ans plus tard, qu'en est-il de la place des femmes dans un domaine autrefois réservé aux hommes? Même si le nombre d'inscrites à l'École polytechnique a doublé depuis 1996, elles ne représentent encore que le quart des étudiants. En 2014, 76 % d'hommes et 24 % de femmes y sont inscrits."

Le tueur Marc Lepine abandonne sur place une lettre aux nombreuse fautes de syntaxe et d'orthographe, pour lesquels il s'excuse en préambule - cette missive ne sera dévoilée qu'une dizaine d'années plus tard. Il y expose les raisons de son geste et de son suicide dans un galimatias verbeux et confus :

"Veillez noter que si je me suicide aujourd'hui 89/12/06 ce n'est pas pour des raisons économiques (car j'ai attendu d'avoir épuisé tout mes moyens financiers refusant même de l'emploi) mais bien pour des raisons politiques. Car j'ai décidé d'envoyer Ad Patres les féministes qui m'ont toujours gaché la vie. Depuis 7 ans que la vie ne m'apporte plus de joie et étant totalement blasé, j'ai décidé de mettre des bâtons dans les roues à ces viragos.
(.../...)
Même si l'épitète Tireur Fou va m'être attribué dans les médias, je me considère comme un érudit rationnel que seul la venu de la Faucheuse on amméné à posé des gestes extrèmistes. Car pourquoi persévéré à exister si ce n'est que faire plaisir au gouvernement. Etant plûtot passéiste (Exception la science) de nature, les féministes ont toujours eux le dont de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (ex. assurances moins cher, congé de maternité prolongé précédé d'un retrait préventif, etc.) tout en s'accaparant de ceux des hommes.
(.../...)
Elles sont tellement opportunistes qu'elles ne négligent pas de profiter des connaissances accumuler par les hommes au cours de l'histoire. Elles essai toutefois de travestir celles-ci toute les fois qu'elles le peuvent. (.../...)
"

Un mémorial a été dressé devant l'école, une pierre noire gravée des quatorze noms des victimes, une liste gravée aussi dans l'histoire de Montréal. Non loin de cette stèle, Marc Lepine a été enterré dans le cimetière de Notre Dame des Neiges, une proximité qui heure encore...

6 décembre 1989 - 6 décembre 2012, le rappel des faits en images

06.12.2014Reportage de Catherine François
Nathalie Provost survivante du massacre, confie à Radio Canada ce qu'elle a lancé alors, et qu'elle regarde aujourd'hui comme une absurdité : "J'ai dit au tueur : mais on est pas des féministes !". A l'approche du 6 décembre 2014, le gouvernement québécois a aussi annoncé son intention de mieux contrôler les armes à feu sur son territoire.
6 décembre 1989 - 6 décembre 2012, le rappel des faits en images

Pour Nathalie Provost, survivante, une journée qui revient sans cesse

04.12.2014Reportage de nos partenaires de Radio Canada
"Le 6 décembre Marc Lépine est entré dans ma classe a séparé les hommes et les femmes et il a tiré. C'est une  cicatrice sur mon coeur, sur mon âme pour la vie.  C'est intimement lié à ce que je suis et je ne pourrai jamais faire comme si c'était pas là...". Dans un grand silence, Nathalie Provost a raconté ce jour particulier lors de la commémoration organisée par l'école Polytechnique.
Pour Nathalie Provost, survivante, une journée qui revient sans cesse



Francine Descarries, professeure au département de sociologie et à l’institut de recherches et d’études féministes, Université du Québec, Montréal, fait autorité dans son domaine. Elle revient sur les conséquences de la tuerie de Polytechnique au sein de la société québécoise, en particulier pour les droits des femmes, à l'aune de son propre vécu.
Francine Descarries, chez elle, quelques jours avant le 6 décembre 2014, 25ème anniversaire de la tuerie de Polytechnique
Francine Descarries, chez elle, quelques jours avant le 6 décembre 2014, 25ème anniversaire de la tuerie de Polytechnique

“Une attaque contre une société qui avait trop et trop vite changé“

propos recueillis par Catherine François, correspondante de TV5MONDE à Montréal
Catherine François : Pour vous Polytechnique c’était quoi ?

Francine Descarries : Polytechnique pour moi c’est un choc qui s’est insinué tranquillement… au début je n’ai vu que l’horreur… après ça a été le chagrin et après la colère est venue. Le jour de l’enterrement des victimes… on enterrait la grande majorité des femmes de ce tueur et dans le chœur de l’église Notre-Dame, il n’y avait que des hommes, curés, évêques, etc… c’est comme si ce pouvoir-là m’était retourné en plein visage, le patriarcat à l’œuvre pleurant ces pauvres petites victimes d’un tueur fou…

C’est une attaque contre une société qui avait trop changé et dans l’esprit du tueur cette société-là avait trop changé parce que les femmes avaient voulu prendre la place et il avait vraiment l’impression que la place que prenaient les femmes l’évacuait. Quand on occupe 100% de l’espace du privilège, on commence à penser que ce sont des droits et effectivement une femme qui entre par exemple à l’école Polytechnique si l’école impose des quotas, on peut penser qu’en raison de la tradition elle prend la place d’un homme, même chose pour une femme qui entre au Parlement. C’est interprété comme une appropriation alors que c’est simplement arriver avec une meilleure justice distributive, mettre un terme à une structure tellement patriarcale qu’on croyait qu’elle allait de soi.

Négationnisme

Depuis 25 ans, on a quand même réussi à reprendre un peu le contrôle du discours public mais le discours sur les réseaux sociaux, le discours que l’on tient un peu sous veilleuse mais qui est sous-jacent continue effectivement de minimiser la dimension patriarcale de cette tuerie et cherche par tous les moyens possibles en parlant de la folie du tueur de ne pas voir que cet acte s’adresse à des femmes.

S’il y avait eu 12 Juifs tués dans une synagogue, on aurait tout de suite parlé de Juifs tués dans la synagogue. En 1989, les premiers reportages parlaient de personnes, ils ne parlaient pas de femmes. Et donc c’est cette impossibilité de penser en dehors du schème patriarcal qui amène tant de gens à nier ou occulter ou gommer la véritable dimension de ce phénomène-là. Et il y a aussi une très petite minorité de gens qui ont essayé d’ériger Marc Lépine en héros, des blogues anti féministes qui circulent, j’en consultais encore ce matin où on parle de héros ou d’une victime.

C’est de l’anti féminisme qui est aussi porté par les masculinistes, pour moi les masculinistes sont des individus qui pour la plupart vivent dans une certaine nostalgie ou qui ont vécu un drame personnel qui est lié à leurs rapports avec les femmes, comme par exemple une séparation pas acceptée, et qui donc se retournent contre toutes les femmes, c’est de la misogynie, mais en même temps ils se retournent aussi contre le féminisme qui a été le porteur des changements qu’ils reprochent… c’est un refus, c’est un contre-mouvement pour s’opposer au féminisme et pour s’opposer surtout au fait que les femmes réclament l’égalité de faits.

CF - Quelle est la situation des femmes au Québec 25 ans après la tragédie de Polytechnique ?

F D - Quand je pense à la situation des femmes au Québec maintenant, me vient un peu la métaphore du verre à moitié plein et à moitié vide, c’est-à-dire que si on compare notre situation et surtout nos législations par rapport à d’autres pays, il est bien évident que la situation des femmes est enviable, qu’elles ont fait d’énormes progrès et qu’elles ont en main les outils pour avoir une égalité de droit. Par exemple le système de crèches publiques est un morceau du puzzle pour faciliter la vie des femmes au Québec. Ce qui est moins sûr, c’est qu’elles n’ont pas encore la clé pour atteindre l’égalité de fait.

Il reste encore trois gros problèmes au Québec qui ne sont pas encore réglés par rapport à la situation des femmes et, dans ce sens-là, il est bien évident qu’on ne peut pas parler d’égalité de faits : premièrement, c’est celui de la pauvreté des femmes, les femmes sont plus pauvres que les hommes et ce, même dans une société nord-américaine bien nantie. Deuxièmement, les femmes sont encore majoritairement victimes de violence et surtout elles le sont dans la grande majorité des cas de violence conjugale. Et troisièmement il existe encore sur le marché du travail ce qu’on pourrait qualifier de plafond de verre, c’est-à-dire que les femmes ne sont pas encore dans les grands lieux de pouvoir… Il existe une sorte de « plancher collant », c’est-à-dire qu’il est difficile pour les femmes d’accéder à ces postes de plus haute responsabilité et une des raisons sous-jacentes à tout ça et qui continue de poser un problème non-résolu, c’est la difficile articulation famille-travail, qui non seulement nous renvoie à des problèmes de structure, soit un marché du travail pensé et conçu pour des hommes en fonction de leurs horaires et leurs situations, mais en plus le marché du travail est souvent incompatible dans ses demandes avec les responsabilités des hommes et des femmes à la maison. Nous avons été socialisées comme femmes à nous sentir responsables et nous n’avons pas encore réussi à déconstruire ce mythe très ancien de l’instinct maternel et des responsabilités ménagères qui l’accompagnent et c'est là le cœur du problème c’est-à-dire que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera possible que lorsque autant d’hommes réclameront leur place égalitaire dans le domestique comme l’ont fait les femmes dans l’espace public.

CF - Il y a depuis quelques semaines au Canada un mouvement de dénonciation des violences faites aux femmes dans la foulée du scandale de l’ex-animateur de CBC Jian Ghomeshi, notamment dans les réseaux sociaux comme twitter (#beenrapednevereported) … qu’est-ce-que vous pensez de ce mouvement ?

FD - La violence faite aux femmes est un phénomène qui malheureusement remonte tellement loin dans l’Histoire que pendant très longtemps on a pensé que c’était normal. On a pensé que les hommes disposant de l’autorité et du pouvoir avaient le droit de contrôle sur les femmes. Pour moi la violence c’est un phénomène qu’on doit fondamentalement expliquer par le pouvoir ou l’inégalité, c’est-à-dire le pouvoir qui est donné aux hommes d’exercer le contrôle et l’inégalité dans laquelle sont encore tant de femmes et qui les amènent à subir cette violence-là.
Je pense que l’affaire Ghomeshi (vedette de l'audiovisuel, il a été accusé par plusieurs femmes d'avoir abusé d'elles, ndlr) révèle quelque chose de très spécifique, c’est que la société n’a pas encore développé les outils pour permettre aux femmes d’exprimer leur douleur et d’exprimer le fait qu’elles ont été victimes de violence, et pendant des années on s’est fait contester les statistiques que l’on sortait, même avec des études très sérieuses faites par Statistique Canada, en disant « vous exagérez les féministes », mais là on voit bien, à travers tous ces témoignages qui viennent de toutes les couches de la société, que nous n’avions révélé que la pointe de l’iceberg et que dans une certaine mesure, l’ONU le dit, c’est une pandémie cette violence…

Et cette violence, sous toutes ses formes, elle traverse la vie de chacune des femmes, que ce soit à travers une agression verbale, une agression du regard, un abus d’autorité parce qu’on est en position d’autorité et dans un rapport de sexe dominant ou, pire encore, l’agression sexuelle, le viol, le viol collectif, le viol de guerre… Ce sont tous des phénomènes liés à la même logique sociétale et patriarcale, c’est-à-dire que les hommes ont le droit de contrôler les femmes, d’exercer un pouvoir sur les femmes.

Il faut se rappeler qu’au Québec, jusqu’au début des années 70, l’autorité maritale permettait, selon la loi, aux hommes d’exercer un contrôle physique sur leurs femmes. Et dans beaucoup de pays encore la violence domestique n’est pas considérée comme un acte de violence si l’incident ne se produit pas en public.

Déni et silence

Dans un article d’une des femmes qui a raconté avoir été violée, il y a une phrase que j’ai retenue et qui m’a terriblement émue, je dirai bousculée. Elle écrit « 30 ans plus tard, je pense que j’ai fait la paix avec le viol mais je n’arrive pas à me déculpabiliser du fait de ne pas avoir dénoncé le violeur parce que ça laisse entendre qu’il a pu faire d’autres victimes ». C’est épouvantable de se dire qu’on est victime d’un acte et qu’on s’en sent encore responsable. On sait que dans les cas de violence et de viol, très souvent la faute est mise sur la victime, du « elle portait une jupe trop courte » à « elle se l’est bien attirée avec son caractère ». Ce que je trouve difficile, c’est le poids qui pèse sur les femmes, le poids du silence, le poids du déni, le poids d’être encore en relation avec un potentiel agresseur, de devoir cohabiter avec la personne qui exerce une violence.

Que ce soit dans un bureau, au gouvernement, à la Chambre des Communes, dans une université, les mécanismes mis en place pour soutenir les victimes de violence n’existent pas ou s’ils existent, la preuve est faite à 150% qu’ils ne sont pas efficaces, et pourquoi ? Parce qu’ils veulent tout de suite qu’on entre dans une dénonciation nominale et que tout devienne public, ce qui est extrêmement difficile souvent pour les victimes.

CF - Le « masculinisme » est-il encore actif au Québec ?

FD - J’aurais plutôt envie de vous parler de l’antiféminisme, en particulier l’antiféminisme ordinaire. L’antiféminisme ordinaire pour moi il est encore omniprésent, à la radio, la télévision, dans les reportages… c’est cette attitude qui dit « oh mais ce n’était pas si grave »… ou … « mais vous savez y a des femmes violentes aussi » quand on leur parle de 85% ou 90% de femmes assassinées par leurs conjoints.

L’antiféminisme, c’est à chaque fois qu’on m’appelle le 8 mars pour me demander : « Mme Descarries, est-ce-que vous pensez que le féminisme est allé trop loin ? » Mais trop loin par rapport à quoi ?  Par rapport à l’égalité entre des êtres humains ? Trop loin à vouloir que la violence cesse ? Trop loin à vouloir que les femmes aient le salaire qui vaille le travail qu’elles font ? Trop loin pour que les charges domestiques soient partagées ? Ben voyons donc ! Et donc pour moi me faire poser cette question-là c’est déjà de l’antiféminisme… C’est nier que, malgré tous les progrès réalisés au Québec, l’égalité de fait n’est pas atteinte mais c’est surtout nier la situation dans laquelle se trouvent des femmes dans tant de pays, où il y a encore les mutilations sexuelles, le mariage forcé, le travail domestique non reconnu, la contrainte à la maternité répétée, l’interdiction de la contraception, les crimes d’honneur etc… Alors comment oser me dire : « Mme Descarries le féminisme est-il allé trop loin ? 

L'école Polytechnique à Montréal, le lieu du crime... Wikicommons
L'école Polytechnique à Montréal, le lieu du crime... Wikicommons
CF - On parle d’une perte d’intérêt des jeunes femmes pour le féminisme, est-ce le cas ?

FD - C’est une fausse idée de penser qu’on devient féministe quand on a 16, 17 ou 20 ans, il faut des expériences de vie pour comprendre la situation dans laquelle on se retrouve. On tente de faire croire que le féminisme ne rejoint plus les jeunes et en tant que professeure d’université qui enseigne en études féministes, je peux vous dire que c’est encore un relent d’antiféminisme : si on fait croire qu’un mouvement est mort on espère pouvoir l’enterrer, mais le mouvement des femmes il n’est pas mort, il a une vitalité extraordinaire mais il est plus divisé qu’autrefois.

Mon féminisme des années 60, il est né de ma position personnelle, mon féminisme des années 2000, il est alimenté par une volonté sociale d’améliorer la situation pour toutes les femmes.

Et donc le féminisme, puisque le verre est à moitié plein ou à moitié vide, doit se transformer pour être un projet de libération, d’égalité de tous les individus, le féminisme doit continuer à être le point d’entrée de notre relecture du social pour éviter qu’on ne relègue la lutte des femmes par rapport à d’autres luttes. Mais en même temps, il ne peut plus faire abstraction du fait que plusieurs femmes participent au capitalisme, au racisme au colonialisme.

Polytechnique : se souvenir

Reportage : Téléjournal de Radio Canada

07.12.2014
Polytechnique : se souvenir