Le Québec découvre ses réseaux de prostitution d’adolescentes envoyées à travers le Canada

"<em>Des personnes à vendre au Canada ? La réponse va vous choquer</em>" Affiche du gouvernement canadien (2012) contre le trafic d'être humains
"Des personnes à vendre au Canada ? La réponse va vous choquer" Affiche du gouvernement canadien (2012) contre le trafic d'être humains
Gouvernement du Canada

Parce que les proxénètes québécois vendent leur « marchandise » à un prix défiant toute concurrence, le Québec est la seule province canadienne qui exporte des jeunes filles dans tout le Canada afin qu'elles y soient exploitées sexuellement. Une « spécialité » dont se passerait bien la Belle Province.

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Elles sont jeunes, elles sont belles, mais elles sont influençables, fragiles émotivement, attirées par des promesses d’argent facile qui coule comme de l’eau ou ensorcelées par des jeunes sans vergogne qui les intègrent dans des réseaux de prostitution dont il est bien difficile de sortir : le Québec vient de réaliser que nombreuses de ses jeunes filles  tombent dans cet enfer dont on croit pourtant qu’il n’existe qu’en Thaïlande ou autres pays asiatiques réputés pour s’adonner à ce sinistre commerce.

Fugues d’ado


Tout a commencé ces dernières semaines sur les réseaux sociaux lorsque des parents paniqués ont affiché la photo de leurs filles qui venaient de disparaître afin d’augmenter les chances de les retrouver. Jade, Kimberly, Mathilde, Sarah… les prénoms et les visages se sont succédés dans nos comptes Facebook, dans nos télévisions et sur nos sites internet avec, en filigrane, la détresse des parents de ces jeunes filles qui se mourraient d’angoisse pour leurs enfants et une question, une question : comment protéger nos jeunes filles ? Car la crainte derrière la fugue de ces ados, c’est qu’elles ne tombent dans des réseaux de prostitution gérés et alimentés par les gangs de rue qui gangrènent certains quartiers de Montréal. Les jeunes ont été finalement été retrouvées par les policiers quelques jours après leurs disparitions, sans que l’on sache au demeurant si ces craintes étaient fondées. Mais la boite de Pandore venait de s’ouvrir…

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Des centres jeunesses vulnérables


Cinq des fugueuses étaient toutes des pensionnaires du centre jeunesse de Laval, une ville au nord de Montréal. Ces centres sont gérés par le gouvernement québécois, ils recueillent des jeunes en difficultés ou dont les parents ne peuvent plus s’occuper pour toute sorte de raison et ils sont des cibles de choix des gangs de rue qui gèrent ces trafics de prostitution juvénile. On parle de plaque tournante où ils viennent recruter les adolescentes, un récent rapport parle de « lieux privilégiés de recrutement de mineures ». Et les principaux recruteurs sont les gangs de rue. Internet et les médias sociaux jouent aussi un rôle crucial dans ce recrutement de ces jeunes filles qu’ils vont par la suite sortir du Québec afin de les isoler de leurs milieux. Destination Toronto et l’ouest canadien…
 

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L’horreur dans les motels sur le bord de la 401 ou dans la tour d’habitation de Toronto


Une enquête menée par une journaliste de Radio-Canada a révélé qu’un site internet qui vend de tout (de la tondeuse à gazon aux meubles Ikea d’occasion) partout en Amérique du nord affiche aussi des photos affriolantes de jeunes filles que l’on peut commander comme on se commande une pizza. Et beaucoup des jeunes Québécoises qui ont fugué sont ainsi « offertes » sur ce site. Le client va par la suite trouver la jeune quelque part dans un motel sur le bord de l’autoroute 401 qui relie Montréal à Toronto ou ailleurs dans l’ouest canadien ou dans une tour d’habitation de Toronto. Internet est le lieu de choix pour mettre sur le marché ces jeunes filles dont certaines sont aussi jeunes que 13, 14, 15 ans…

Et triste palmarès, le Québec serait, selon les policiers, la seule province canadienne à « exporter » des jeunes filles comme danseuses ou prostituées dans le reste du Canada… pourquoi ? Parce que leurs proxénètes les vendent à des prix défiant toute concurrence. Montréal a déjà la triste réputation d’être la capitale du sexe en Amérique du nord, la métropole québécoise est aussi la plaque tournante du sexe au Canada.

Impuissance des autorités ?


Les Américains font des pressions depuis deux ans sur la compagnie propriétaire de ce site pour qu’ils ferment sa section adulte, une poule aux œufs d’or qui rapporterait des millions de dollars. Le PDG a même été convoqué par le Sénat américain – il ne s’est jamais présenté. Les compagnies de crédit Visa, Mastercard et American Express ont fermé leurs services de paiement liés à ce site. Mais au Canada, rien de tel. Même s’il est illégal d’offrir des services de prostitution sur internet ou par n’importe quel véhicule de publicité, les autorités canadiennes n’ont pour l’instant pris aucune mesure pour neutraliser les opérations de ce site internet. Et les policiers semblent bien démunis pour mettre la main sur ces proxénètes et protéger ces jeunes filles.

Le gouvernement du Québec, de son côté, très critiqué pour sa politique au sein des centres jeunesses, notamment pour les mesures de sécurité qui y sont prises et pour le manque de ressources professionnelles comme des psychologues, pédopsychiatres, travailleurs sociaux et autres, vient d’annoncer la mise sur pied d’un programme de 3 millions de dollars sur 5 ans pour favoriser la collaboration entre tous ceux qui interviennent auprès des jeunes : les centres jeunesse, les policiers et les organismes communautaires, le tout afin de mieux lutter contre ce fléau de prostitution juvénile.
 

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Le centre jeunesse de Laval, sous la pression populaire et surtout celle des parents, a finalement décidé de fermer à clef ses portes afin de mieux contrôler les allées et venues de ses pensionnaires.

Mais tout le monde sait que la solution ne réside pas dans le verrouillage d’une porte. Le problème est multifactoriel et il nécessite une intervention sur plusieurs plans : tout d’abord un travail de prévention efficace auprès de ces adolescentes ainsi que la mise en place de mesures de protection pour les plus vulnérables et un soutien sans faille de professionnels comme des psychologues ou des travailleurs sociaux, ensuite il faut une plus grande intervention policière pour arrêter les proxénètes et nuire au maximum aux activités des gangs de rue. Pourquoi par exemple ne pas créer une escouade spéciale rassemblant divers corps policiers du pays ? Enfin les gouvernements devraient peut-être tenter de légiférer pour éviter que ces jeunes filles soient vendues sur des sites internet comme des tondeuses ou des vélos.

Quelques chiffres :

En 2015, le service de police de la ville de Montréal a ouvert 1800 dossiers de disparitions de filles mineures, près de 1300 de ces jeunes fréquentaient des centres jeunesse. La police a aussi ouvert quelque 200 dossiers de proxénétisme et 23 hommes ont été accusés. Les policiers estiment que l’exploitation sexuelle est au deuxième rang des activités criminelles les plus lucratives au Canada après le trafic de drogues. Une jeune fille, en fonction de sa jeunesse et de sa beauté, peut rapporter jusqu’à 300 000$ par an à un proxénète. Des chiffres qui donnent froid dans le dos…