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Législatives 2017 en France : grande marée féminine en vue à l’Assemblée

Des électrices dans l'isoloir, dimanche 11 juin 2017 à Paris (France). <br />
©AP Photo/Laurent Cipriani<br />
 
Des électrices dans l'isoloir, dimanche 11 juin 2017 à Paris (France). 
©AP Photo/Laurent Cipriani
 

Miser sur des candidates : voilà peut-être et-ou sans doute le pari gagnant de ce premier tour des législatives françaises. Sur 577 postulant.e.s, 245 femmes arrivent en tête. Un record jamais atteint en France. Si les électeurs et électrices confirment cette déferlante dimanche 18 juin 2017, la nouvelle Assemblée sera composée de presque 43% de députées.

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Le premier tour des législatives restera-t-il celui des records, d’abstention mais aussi des bons résultats féminins ? Les chiffres parlent d’eux-même. A l’issue du vote, 245 femmes se placent en tête. Si on poursuit les calculs, et si elles sont toutes élues, cela aboutirait à voir presque 43% de députées prendre place dans la future Assemblée.
 
Un chiffre jamais atteint en France, En 2012, 155 femmes avaient été élues. Il s'agissait déjà d'un record, avec un taux qui s'élevait à 26,9 %.

La France, actuellement en 60ème position mondiale, derrière l'Irak et le Soudan du Sud, se hisserait du coup à la seconde place des pays européens, et à la septième dans le monde, en matière de parité parlementaire, derrière la Suède qui compte 46% de femmes à son Parlement et devant le Sénégal ou l'Espagne (42%).
 

Pari gagnant pour En Marche

Parfois il y a donc des paris gagnants, et celui qu’a fait le mouvement  La République en marche concernant les femmes semble avoir payé lors de ce premier tour des législatives.

Le mouvement du président français était celui qui avait investi le plus de femmes candidates, avec les écologistes d'EELV, dépassant même les candidatures masculines (266 candidatures féminines contre 260 masculines). Ce choix, associé à la vague macroniste qui semble s’être abattue sur le vote, (si on met de côté le nombre d’abstentionnistess) se concrétise dans les résultats sortis des urnes.

Sur les 245 femmes arrivées en tête, 192 ont été investies par le parti présidentiel. Suivent ensuite 25 candidates MoDem, 9 pour Les Républicains, 6 estampillées Front national et 2 pour l'UDI.

C’est bien de faire voter des lois sur la parité pour la société civile mais ce serait bien aussi de l’appliquer à soi même
Marie Lebec, 26 ans, LREM, 47,9% au 1er tour

Voila des résultats qui viennent tordre le cou à l'idée selon laquelle des circonscriptions "gagnables" autrefois réservées aux hommes résisteraient aux femmes. "Ces résultats prouvent que l’on entre dans une nouvelle lecture dans les relations hommes femmes, on ne cantonne plus les femmes au poste de suppléantes. Il y a un vrai changement de paradigme On était dans une très mauvaise lecture de ce que pouvait être les attentes de la société", nous confie Marie Lebec, plus jeune candidate LREM d'Ile-de-France. Elle a recueilli 47,9% des suffrages au premier tour dans sa circonscription, la 4ème des Yvelines (à l'ouest de Paris).

Marie Lebec, 26 ans, (LREM), plus jeune candidate de la région Ile-de-France.
Marie Lebec, 26 ans, (LREM), plus jeune candidate de la région Ile-de-France.

Pour la quasi-future députée, "l'Assemblée reste un lieu macho. Alors justement cela va secouer l’institution, ça va l’obliger à avoir un autre regard sur l’égalité hommes-femmes, c’est bien de faire voter des lois sur la parité pour la société civile mais ce serait bien aussi de l’appliquer à soi même !". La militante, ex-attachée parlementaire, ajoute aussi avoir été extrêmement choquée par l'affaire Denis Baupin, et qu'on y fasse si peu de cas dans les coulisses parlementaires.

"Une forme de virilisation"

Le constat est clair : la progression des candidatures féminines se confirme sur tout le territoire. D’ailleurs, c’est assez inédit : dans 83 circonscriptions, les deux finalistes sont des femmes.
Exemple de duel féminin dans la 17ème circonscription parisienne entre Béatrice Failles (LREM) et Danielle Obono (LFI - La France insoumise de Jean Luc Mélenchon). Pour la candidate de la République en marche, arrivée en tête avec 31% des suffrages, "voir entrer autant de femmes dans l'Hémicycle, ça peut tout changer ! Ca peut fluidifier énormément de choses, moins d’hostilités et de stérilité dans les débats".

Affichant un parcours professionnel atypique, journaliste, historienne, haute fonctionnaire notamment au sein du ministère de la Défense où de l'armée, cette nouvelle recrue de LREM de 49 ans estime que travailler dans ces milieux, particulièrement masculins, a permis de lui faire du "cuir". Elle regrette aussi une forme de virilisation qui s'impose aux femmes dans ces secteurs, "exemple avec Mme Alliot Marie lorsqu’elle est arrivée à la tête des Armées, on a vu sa garde robe changer, du tailleur féminin au début, peu à peu elle s’est convertie au pantalon pour finir avec un manteau et des gants". Et de conclure : "A nous de changer les indicateurs, et montrer que l'on peut être totalement performante, (voire plus !), mais de manière différente".