Terriennes

Les Filles de Reykjavik rappeuses islandaises féministes à l'assaut du monde

Les Reykjavikurdaetur sur la scène du Cargo pour le festival Les Boréales à Caen, France – (De gauche à droite : Ragga Hólm, Steiney Skúladóttir, Steinunn Jónsdóttir, Anna Tara Andrésdóttir, Þura Stína, Salka Valsdóttir, Katrín Helga Andrésdóttir, Solveig Pálsdóttir)  
Les Reykjavikurdaetur sur la scène du Cargo pour le festival Les Boréales à Caen, France – (De gauche à droite : Ragga Hólm, Steiney Skúladóttir, Steinunn Jónsdóttir, Anna Tara Andrésdóttir, Þura Stína, Salka Valsdóttir, Katrín Helga Andrésdóttir, Solveig Pálsdóttir)  
© Alexia Luquet

L’Islande a beau être championne du monde de l’égalité femme homme, certains domaines comme la musique résistent à la parité. Le premier groupe de rap féminin de l’histoire du pays, les Reykjavikurdaetur, bouleverse la scène hip hop locale avec ses textes où sexe anal, fuck et vagin côtoient la critique du système politique en place. Rencontre lors de leur passage en France au festival Les Boréales à Caen en Normandie.

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C'est l'un de ces hasards qui peuvent enchanter les Terriennes : à l'heure de notre rencontre avec les Reykjavikurdaetur, Katrin Jacobsdottir 41 ans présidente du parti écologique de gauche, ex rockeuse, spécialiste du polar, a réussi à former une coalition tripartite, devenant ainsi la troisième femme cheffe de gouvernement en Islande : "La nouvelle première ministre Katrín Jakobsdóttir, 41 ans, démocrate, socialiste, féministe, antimilitariste déclare qu’elle va étendre le système de santé, aller plus loin que l’accord de Paris dans le changement climatique et lutter pour plus d’égalité entre les sexes" se félicitent certain.e.s sur les réseaux sociaux.

A Caen, à la mi-novembre 2017, lors de la 27ème édition des Boréales, d'autres Islandaises faisaient l'actualité. « C’était un de nos meilleurs concerts ! » lance Steiney Skúladóttir, 27 ans, encore essoufflée dans les loges. A sa gauche, sa coéquipière Kolfinna Nikulásdóttir, 26 ans, fondatrice et manageuse du groupe est en sueur, un immense sourire aux lèvres. Comme à chaque concert, les neuf membres des Reykjavikurdaetur, traduire "Les filles de Reykjavik", ont dansé, sauté, chanté, rappé jusqu’à l’épuisement. Ici, en France, le public a acclamé leur performance. Les Reykjavikurdaetur sont le groupe de rap hip-hop islandais qui se produit le plus à l’étranger depuis deux ans selon le bureau "musique export" de leur terre d’origine. En Islande, c’est une autre histoire…
 
Tout commence un soir d’été 2013 où Kolfinna et Þuríður Blær (absente lors du concert aux Boréales de Caen) ont le cœur brisé. Leur exutoire ? Le rap. Alors pour se remonter le moral elles décident de réunir toutes les Islandaises partageant leur passion. A cette époque, ce style ne fait pas encore parti du paysage musical local et leurs quelques représentants sont uniquement masculins. Les deux amies lancent sur Facebook une « soirée rap entre filles » qui a lieu dans le centre de Reykjavik, au sous-sol du « Bar 11 ». L’endroit est censé accueillir 50 personnes maximum, elles sont 200 à pousser les murs.

Vu le succès, une seconde puis une troisième soirée est organisée, au cours de laquelle elles présentent leur premier morceau : « Reykjavíkurdætur » censé promouvoir leurs prochains événements. Pendant le concert, une personne leur demande comment s’appelle leur groupe et sans réfléchir elles le baptisent du titre de leur chanson. Les filles de Reykjavik sont nées mais elles ne le savent pas encore.

Ce sont les médias qui très rapidement s’intéressent à elles et leur font prendre conscience qu’elles forment désormais une entité. Et pour cause, en 2013 c’est tout simplement le seul et premier groupe de rap composé de femmes de tout le pays -330 000 habitants, soit deux arrondissement parisiens.
 
22h55, en coulisses, quelques secondes avant leur entrée sur scène au Cargo à Caen, les neuf filles des Reykjavikurdaetur et leur ingénieur son poussent un cri de guerre pour se porter chance
22h55, en coulisses, quelques secondes avant leur entrée sur scène au Cargo à Caen, les neuf filles des Reykjavikurdaetur et leur ingénieur son poussent un cri de guerre pour se porter chance
© Alexia Luquet

Etre aussi libres que les hommes

La plupart de ces filles n’ont jamais rappé ni même fait de la musique mais ce dont elles sont sûres c’est qu’elles veulent être aussi libres que leurs homologues masculins : même gestuelle provocante, mêmes mots crus dans leurs textes ou lors d’interviews comme ce « Suck my pussy » (suce ma chatte) lancé en direct à la télévision nationale au Premier ministre de l’époque, Sigmundur Davíð Gunnlaugsson. Surtout, elles dénoncent quasi systématiquement la domination masculine d’un pays qu’elles qualifient d’égalitaire uniquement en apparence - depuis 2010, le Forum économique mondial place l’Islande au sommet du palmarès des nations les plus égalitaires au monde.
  Résultat, cette fratrie (ou plutôt cette sororité en langue française inclusive) sans langue de bois agace. Un soir de concert, le public - essentiellement masculin - les canarde de concombres. Les rappeurs islandais, eux, ne supportent pas que ces amatrices prennent tant la lumière, alors ils les accusent publiquement d’incompétence comme le rappeur Emmsje Gauti dans un Tweet assassin : « Ces filles font de la musique comme dans une fête d’anniversaire où n’importe qui pourrait rapper ».
 
Chaque membre a une approche différente. Kolfinna raconte qu’elle a commencé à prendre du recul en 2016 lorsqu’elle montait avec ses partenaires une pièce de théâtre commandée par le théâtre Borgarleikhúsið, un des plus prestigieux de la ville de Reykjavik. Les filles ont carte blanche. Kolfinna, metteuse en scène de formation, se charge de la direction et le choix du sujet se porte naturellement sur la domination masculine.
 
A la fin du show, plusieurs hommes m’ont dit qu’ils n’en revenaient pas, qu’ils ne s’étaient pas rendus compte de leur comportement et qu’ils avaient honte. On avait gagné !
Kolfinna des Reykjavikurdaetur​

La première a lieu en mai 2017. « A la fin du show, plusieurs hommes m’ont dit qu’ils n’en revenaient pas, qu’ils ne s’étaient pas rendus compte de leur comportement et qu’ils avaient honte. On avait gagné ! » s’écrie-t-elle avant d’ajouter avec ironie : « Et à partir de cette année, on va faire partie du programme scolaire ». Leur performance a en effet convaincu la directrice du théâtre de leur confier la réalisation du spectacle annuel montré à tous les lycéens de 15 ans étudiant dans la capitale.
 
La commande enthousiasme les rappeuses. Elles expliquent qu’à l’âge de leurs futurs spectateurs, elles n’avaient pas de modèle féminin et qu’elles trouvent important de montrer aux jeunes filles qu’elles ont le droit de faire la même chose que les hommes, dans tous les domaines, voire de les surpasser.

En Islande, la majorité du public des Reykjavikurdaetur a pendant longtemps été composé majoritairement de femmes. Leur audience en France est plus mixte même si les premiers rangs sont trustés par les jeunes-femmes dont quelques fans comme la personne qui parle à Solveig Pálsdóttir, au centre. A droite, Anna Tara Andrésdóttir et juste à ses côtés, Salka Valsdóttir. 
En Islande, la majorité du public des Reykjavikurdaetur a pendant longtemps été composé majoritairement de femmes. Leur audience en France est plus mixte même si les premiers rangs sont trustés par les jeunes-femmes dont quelques fans comme la personne qui parle à Solveig Pálsdóttir, au centre. A droite, Anna Tara Andrésdóttir et juste à ses côtés, Salka Valsdóttir. 
© Alexia Luquet

Pionnières féministes, rap expérimental

A écouter Les filles, ce sont elles les véritables pionnières du rap en Islande et les rappeurs, malgré leurs critiques, s’inspirent fortement de leur musique : « En 2013, il y a eu un changement dans le rap ici. Avant, tout était très similaire et puis il y a eu une explosion. Aujourd’hui, les rappeurs sont plus expérimentaux qu’il y a 4 ans » analyse Solveig Pálsdóttir, 32 ans.
 
Les Reykjavikurdaetur ont dès le départ pris la direction d’un rap expérimental, au carrefour de plusieurs genres, entre des sons de hip hop classique, en passant par le trap, le reggae ou encore le dub comme sur leur morceau Kalla Mig Hvađ ?, et son fond sonore en boucles de synthétiseurs, sonorités sombres, tempo lent et pulsé à la fois.

Problème, les radios n’accrochent pas. Les filles ont beau avoir été nommées dans la catégorie meilleur album de l’année 2017, lors de l’équivalent local des Victoires de la musique, leurs titres sont toujours boudés par les antennes nationales.
 
Salka Valsdóttur, 22 ans, la plus jeune du collectif, affirme en plissant ses grands yeux légèrement bridés qu’elle sait : « que certains présentateurs cultivent une hostilité personnelle à leur égard ». « Il faut dire qu’on ne fait pas de la pop » poursuit Steiney. Ce mot fait réagir Salka : « Pour moi on fait de la musique ‘mainstream’, je ne veux pas dire qu’on fait la même musique que tout le monde mais je crois qu’on ressemble plus à un groupe de pop que la plupart des mecs qui font du hip hop ».
 
Toutes l’avouent, être ignorées par une partie de l’industrie musicale de leur pays est « rageant ». Ce sentiment les inciterait-il à policer leurs textes qui peuvent chatouiller les oreilles chastes ? Jamais de la vie. Florilège non exhaustif : un de leurs hymnes féministes s’appelle D.R.U.S.L.A - « salope » en français -, dans leur avant-dernier morceau « Pussy pics » le refrain scande : « I wish my pussy was my face to make the world a better place” et dans leur titre F.E.M.I.N.I.S.M, elles répètent : "P.U.S.S.Y, lick it till I die", - à vous de traduire...
 

Contre les violences faites aux femmes mais pour la liberté sexuelle

« Dans nos morceaux on a un seul message mais deux approches différentes : d’un côté on dit « ne subissez plus la violence », de l’autre on fait la promotion des fessées parce que c’est une liberté sexuelle », explique dans un anglais presque sans accent Anna Andrésdóttir, 30 ans.
 
Les filles s’engagent également sur des terrains directement politiques comme le déferlement du tourisme en Islande et son impact sur la culture locale. Dans leur morceau « Reykjavikurdaetur » elles s’en prennent aux dirigeants du pays qu’elles accusent de faire passer la culture et la protection de l’environnement après leurs intérêts financiers : « Money, money, Woohoo ! Culture, culture, boohoo ! » chantent-elles.
 
Malgré ces quelques tirades acerbes dans un anglais internationalement intelligible, il serait faux de croire que les Reykjavikurdaetur rappent principalement dans cette langue. Si les refrains sont souvent écrits en anglais, les couplets, eux, sont en islandais - langue parlée par 350 000 personnes dans le monde contre 1,5 milliards pour l’anglais. Anna pense que ce système est « génial ». Steiney ajoute que « l’islandais fonctionne bien en Europe mais qu’il risque de ne pas passer aux Etats-Unis ». Et s’il faut quitter l’islandais pour percer outre-Atlantique : « Pourquoi pas ! » disent-elles en cœur.

Les Reykjavikurdaetur en pleine répétition -ici de leur morceau Kalla mig hvað ?- juste avant leur concert au Cargo pour le festival Les Boréales à Caen. (De gauche à droite : Kolfinna Nikulásdóttir, Ragga Hólm, Þura Stína, Steiney Skúladóttir et Solveig Pálsdóttir)
Les Reykjavikurdaetur en pleine répétition -ici de leur morceau Kalla mig hvað ?- juste avant leur concert au Cargo pour le festival Les Boréales à Caen. (De gauche à droite : Kolfinna Nikulásdóttir, Ragga Hólm, Þura Stína, Steiney Skúladóttir et Solveig Pálsdóttir)
© Alexia Luquet

Pour réussir, elles possèdent une arme de destruction massive : l’art de la mise en scène. En concert ou dans leurs clips, la force de leur corps vient traduire celle de leurs mots. Tout est fait pour donner une impression de puissance, souvent sexuelle : leur regard assuré, leur gestuelle saccadée ou suggestive, leurs tenues souvent déshabillées - comme cette combinaison intégrale en résille portée à même la peau par Kolfinna lors d’un concert.

Pour Anna, utiliser son corps est, dit-elle, synonyme de « sex postivism » - le français emploie aussi cet anglicisme : « C’est un mouvement au sein du féminisme. Je le vois comme une manière d’être sexuelle à ma façon, aux yeux des femmes, et non pas selon des règles dictées par les hommes. En plus, je me sens incroyablement bien quand je suis dans une énergie sexuelle. Cela booste ma confiance en moi ». Cette attitude a-t-elle un impact sur leur acte créatif ? La réponse fuse : « oui » !
 
Elles intègrent naturellement la pro-création - sans mauvais jeu de mots - à leur démarche artistique, faisant rimer liberté sexuelle avec liberté maternelle. Quatre des membres du groupe ont des enfants et pour elles, ils font partie intégrante de leur féminité. Elles le prouvent en images : dans le clip Reppa Heiminn, la chanteuse Blær (absente à Caen) rappe et tient en même temps un bébé dans ses bras devant une forêt de fesses qui se trémoussent en petites culottes. Sans oublier les concerts et clips où les rappeuses enceintes promenaient leur ventre rond à l’air entre un soutien-gorge et un legging.

Pour Ragga Holm, 30 ans, dernière recrue du clan, cette identité visuelle globale renforce leur groupe : « Lorsqu’on monte sur scène en maillot de bain et que tu regardes les photos du concert, tu vois que ces tenues apportent de la puissance à l’ensemble. Moi je porte toujours un sweat à capuche dans mon coin… Mais si tout le monde s’habillait comme moi, on aurait moins d’impact ».

« Et puis on change en fonction des dates. Au festival Sonar Reykjavik on portait des vêtements d’hôpitaux pas vraiment sexys » précise Steiney. L’occasion pour Kolfinna de souligner : « Il ne faut jamais faire de généralités sur nous ! ». Elle marque une pause et lance : « En fait je crois qu’on est une œuvre d’art ». Rire général.

Le collectif invite souvent son public à le rejoindre sur scène. C’est le cas lors du rappel pour leur concert au festival Les Boréales. Kolfinna Nikulásdóttir est montée sur la table de mixage pour le morceau Hvað er málið?. Derrière on aperçoit Ragga Hólm et Salka Valsdóttir.
Le collectif invite souvent son public à le rejoindre sur scène. C’est le cas lors du rappel pour leur concert au festival Les Boréales. Kolfinna Nikulásdóttir est montée sur la table de mixage pour le morceau Hvað er málið?. Derrière on aperçoit Ragga Hólm et Salka Valsdóttir.
© Alexia Luquet

A la conquête du monde

Kolfinna soulève en réalité une question que le groupe s’est beaucoup posée. Que sont-elles au juste ? Si les médias les ont qualifiées de groupe, Les filles de Reykjavik ont rapidement préféré se présenter comme un collectif. Et le terme semble plutôt bien choisi vu leurs multiples facettes, à commencer par leur nombre. Aujourd’hui, elles ne se produisent « plus qu’à » neuf sur scène et affirment être treize au total, mais ce chiffre a varié pendant 4 ans au gré des interviews, les rendant encore plus insaisissables. Leurs domaines d’activités sont aussi nombreux qu’elles : certaines sont graphistes, d’autres actrices, d’autres vidéastes, d’autres ingénieures du son, d’autres encore ont une formation de pianiste classique.
 
Presque toutes font partie d’autres groupes de musiques, parfois émanations directes de la maison mère, comme la formation récente appelée « Cyber », parfois créations distinctes comme le groupe de reggae Amabadama, auquel appartient Steinnun 28 ans, qui ne quitte jamais son sourire, ou encore Special K, un des multiples groupes de Katrin dont l’atmosphère de dream pop inspirée de Beach House est loin de l’univers des rappeuses. Pourtant in fine, ce patchwork de personnalités forme un ensemble -plutôt- homogène.
 
Alors comment font-elles ? « On a essayé plusieurs schémas. Au départ, on se donnait un thème, et chacune écrivait dans son coin. Ensuite, Salka créait un morceau à partir de toutes ces bribes. Maintenant on travaille à trois, quatre personnes pour chaque chanson. Tout se fait naturellement », explique Steinnun Jónsdóttir. « Pour les répétitions, on est rarement toutes ensembles sauf avant les concerts. Et celles qui montent sur scène sont celles qui peuvent venir », poursuit Þura Stina, 29 ans, la DJ du collectif.
 
Ce travail commun complexe pourrait les effrayer, et au contraire, elles veulent s’agrandir. « On recrute ! » annonce Steinnun, « mais des non rappeuses. On a déjà neuf rappeuses. Ce qu’il nous faut c’est une vidéaste, une styliste, une danseuse, une chorégraphe, une chanteuse. Et les hommes peuvent aussi postuler ! ».
 
L’occasion de demander comment se portent leurs rapports avec les rappeurs islandais. Les tensions sont « finies » affirment-elle, « maintenant ils nous adorent ». Certains comme Ulfur Ulfur, très célèbre en Islande, apparaissent dans leurs clips. Elles ont également récemment travaillé avec un nouveau groupe, les « Balconny Boyz » et « souhaitent poursuivre ces collaborations ».
 
Leur rêve musical ultime penche toutefois plutôt de l’autre côté de la mer. Elles verraient bien Major Lazer dans le rôle de leur producteur. Solveig, elle, aimerait travailler avec la rappeuse anglaise Kate Tempest quand Kolfinna répète, les yeux brillants, qu’elle veut absolument rapper avec « Gucci Mane ».
 
On est au même niveau que Björk. Parce qu’on met des dessins de vagins sur les pochettes de nos disques !
Kolfinna et Anna des Reykjavikurdaetur
Ragga se moque d’elles : personne n’a cité un artiste islandais. Qu’à cela ne tienne, elles se mettent à voter et sans l’ombre d’une hésitation toutes choisissent : Björk, l’artiste qui a révélé la musique de leur pays au monde entier. « On est au même niveau qu’elle » commence Kolfinna « parce qu’on met des dessins de vagins sur les pochettes de nos disques ! » poursuit Anna dans un éclat de rire, faisant référence au dernier album de Björk  « Utopia » et à leur single « Pussy Pics » qui utilisent tous les deux en couverture des visages en forme … de vagin.
 
Symbole féminin mis à part, Les filles ont un autre point commun avec l’interprète du film Dancer in the Dark, elles veulent « conquérir le monde » disent-elles. Plusieurs étapes restent à franchir pour mettre ce plan à exécution à commencer par appartenir au label d’une grande maison de disques. Pour le moment, elles ont auto-financé leur premier album et ne vivent pas des revenus de leur musique. Plusieurs travaillent à côté, certaines suivent des études. Solveig, plaisante : « c’est très islandais d’avoir deux ou trois boulots et un groupe de musique ».
 
Toutes espèrent rapidement pouvoir se consacrer à plein temps à leur passion. En attendant, elles préparent avec impatience leurs futurs concerts comme celui du festival By:Larm en Norvège en mars 2018. « On ne peut rien annoncer d’autre mais l’été prochain on voyagera sûrement beaucoup » glisse Steiney sur un ton mystérieux...