Les filles jouent au foot, les garçons pleurent, pour le concours "Zéro cliché" du CLEMI

Les lauréats 2017 du concours zéro clichés - filles = garçons lors de la remise de leurs prix dans les bureaux du Défenseur des droits, à Paris
Les lauréats 2017 du concours zéro clichés - filles = garçons lors de la remise de leurs prix dans les bureaux du Défenseur des droits, à Paris
(c) Jonay Chérifi - CLEMI

Pour la cinquième édition du concours "Zero cliché, filles = garçons", la moisson du CLEMI, Centre de liaison de l'enseignement et des médias d'information, s'était étendue à la vidéo. Pour la première fois, les lauréats recevaient leur prix des mains du Défenseur des droits. "Terriennes" était encore une fois membre du jury.

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L'édition 2017 du concours "zéro clichés" du CLEMI pourrait se raconter comme le conte pour enfants heureusement/malheureusement : heureusement cette année il y a eu des professeurs et des élèves pour concourir (environ 200 contributions reçues) ; malheureusement, ce n'est pas encore assez, on en voudrait toujours plus ; heureusement cette année il y avait une catégorie vidéo très inventive ; malheureusement les dessinateurs-trices étaient moins inspiré-es que lors des concours précédents, mais heureusement les lauréats ont vraiment réussi leur coup.

Lors de la remise des récompenses, Jacques Toubon, l'actuel Défenseur des droits, ancien ministre de la Justice, a insisté sur "la nécessité de déconstruire les stéréotypes dès l’école" pour "qu’il n’ait pas à connaître plus tard de plaintes pour discriminations sexistes".  Il a félicité les lauréats et leurs pofesseur-es ou instituteurs-trices en leur rappelant que "dans nos cœurs, dans nos esprits, on est tous différents mais tous égaux". Une vérité bonne à rappeler au moment où le CSA (conseil supérieur de l'audiovisuel) sanctionnait une émission de télévision (Touche pas à mon poste de Cyril Hanouna) pour ses séquences récurrentes misogyne et/ou homophobes.

Si l'on veut en finir avec le sexisme ordinaire, comme nous le disons toujours : #yaduboulot !
 


Huit prix et deux mentions spéciales ont été décernés, par un jury composé du mensuel Causette, du site Les Nouvelles News, de Terriennes/TV5MONDE et du Défenseur des droits, à des écoliers des collégiens et des lycéens : cinq vidéos, quatre articles et un dessin à retrouver intégralement sur le site du CLEMI. Voici deux vidéos et une bande dessinée à déguster sans modération.

Des larmes et des buts

L'image tremble parfois, le son est quelquefois vacillant, et pourtant les enfants de l'école du Dauphin, à Nantes, l'une des capitales de l'Ouest de la France, ont réalisé un petit film qui nous va droit au coeur. Agés de 6 à 9 ans, ils y sont les acteurs, les scénaristes et les réalisateurs.
Extérieur jour : l'action se déroule sur un stade de foot et s'achève par un duo : "c'est pas parce qu'on est des filles qu'on ne doit pas jouer au foot". Une évidence énoncée par une petite rousse à laquelle répond un petit "binoclard" : "et nous, c'est pas parce qu'on est des garçons qu'on n'a pas le droit de pleurer." On en redemande !
 

Les filles aussi rêvent d'être agentes secrètes

En ombres chinoises, et avec des dessins exécutés par leurs jeunes interviewés, les lycéennes de Victor Hugo à Paris, se sont affirmées comme de vraies réalisatrices, avec des trouvailles permettant de respecter le droit à l'image des enfants, tout en affichant un parti-pris esthétique. Elles ont demandé, façon questionnaire de Proust, à des élèves d'une école primaire ce qu'il leur venait à l'esprit lorsqu'on prononçait les mots "fille" et "garçon". Ballon, voiture, cheveux longs, poupées, intelligentes, pantalons, etc, mais aussi "agente secrète", les réponses sont parfois surprenantes...
 

Accroche et chute, une BD qui frappe juste

Au lycée François Villon de Beaugency, dans le Loiret, à deux pas de la Loire, les élèves filles et garçons mélangés, lecteurs assidus de BD, suivent le festival d'Angoulême avec engouement, une manifestation  autour de laquelle une année après l'autre, la polémique se resserre : trop peu d'auteures bédéistes invitées, trop peu récompensées. Il faut même qu'un homme s'en mêle pour qu'enfin le consensus se brise autour de cet événement phare de la culture française. Riad Sattouf avait refusé sa récompense, après avoir écrit une lettre ouverte aux organisateurs. L'année précédente des bédéistes femmes, du monde entier, s'étaient rassemblées en un collectif pour mieux combattre le sexisme dans leur secteur.
Cette état de discriminations flagrantes inspire donc ce "Coup de Théâtre" à Zoé Villette, Julie Folliot, Chanelle Bechet, Yoaz Clanet et Tom Duval, élèves de seconde de cet établissement qui a reçu deux récompenses à l'occasion du concours "zéro cliché". 
 
Pour mieux visualiser la BD, en grand format, aller > <a href="http://www.clemi.fr/fileadmin/user_upload/Lycee_Villon_BD_festival_Angouleme.pdf">ici </a>
Pour mieux visualiser la BD, en grand format, aller > ici

Les autres lauréats :

L’information sportive est-elle sexiste ?
"Quelle place la presse sportive ou les rubriques sportives laissent-elles aux femmes ? Nos constats sont inquiétants..."
Collège Freppel d'Obernai (Alsace - Bas Rhin) A lire > ici

Où sont les filles dans la cour de récréation ?
"Nous nous sommes beaucoup intéressées à l’égalité entre les hommes et les femmes car dans notre vie quotidienne et plus particulièrement dans la cour de notre collège, nous sommes confrontées à certaines difficultés. A cause d’un terrain de foot dessiné au milieu de la cour, la répartition de l’espace n’est pas égalitaire et cela nous empêche de nous déplacer normalement. De plus, les garçons qui jouent sur ce terrain interdisent aux filles d’y accéder et de le traverser. Cela crée des conflits inutiles."
Collège La Rose blanche, Paris - A lire > ici

Etre une fille dans un lycée du bâtiment, un exercice de style
"Au lycée André Cuzin, il y a treize filles dont neuf lycéennes. Il y a 400 élèves au total. Nous avons réuni huit filles et Nathalie Bonnaire, élue des parents au Conseil d’administration a aussi contribué. Dans cet article, nous allons nous intéresser à la vie des filles, dans un lycée de garçons pas toujours très murs…"
Lycée André Cuzin Caluire (Rhône) A lire > ici

Les métiers destinés
"Si plombier ou esthéticien paraît bizarre à entendre c'est que les clichés liés au genre des métiers nous sont imposés dès le plus jeune âge… Et ces stéréotypes nous empêchent parfois d'exercer le métier de nos rêves…"
Lycée Villon de Beaugency (Loiret) A lire > ici

"A toi l'égalité"
Vidéo réalisée par le Lycée Louis de Foix - Bayonne (Pyrénées-Atlantiques)
A regarder > ici

"Oui, non, as-tu été confronté-e à un stéréotype sexiste ?"
Vidéo réalisée par le Collège César Franck / Paris
A regarder > ici

Suivez Sylvie Braibant sur Twitter @braibant1