Les Françaises font une percée dans les conseils d'administration 

La loi Copé-Zimmermann a donné jusqu'en 2014 aux grandes entreprises françaises pour qu'elles atteignent un premier quota de 20% d'administratrices. En fait, les femmes sont déjà 28,1% en moyenne à siéger dans les conseils – qui ne sont toutefois pas les véritables instances dirigeantes des entreprises...

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Anticiper : tel est le secret d'une bonne gestion d'entreprise. C'est cette méthode qu'ont appliquée les grands groupes français, à la suite de l'adoption, en 2011, de la loi Copé-Zimmermann leur imposant, à horizon 2014, un quota de 20% de femmes dans leur conseil d'administration, puis un autre, de 40%, à échéance 2017.

En effet, selon le dernier baromètre réalisé par Capitalcom sur la mixité, les sociétés de l'indice CAC 40 ont, dès cette année, non seulement appliqué le quota, mais l'ont même dépassé, avec la nomination de 28,1% d'administratrices. En juin 2012, la moyenne se situait à 23,4% (contre … 8,7% en 2007). L'augmentation, sur un an, est donc de  4,7 points, contre une progression de 2,6 points entre 2011 et 2012. Autant dire qu'une belle dynamique s'est enclenchée, alors que nombre de spécialistes prévoyaient plutôt une stagnation, voire un recul de la progression des administratrices, en raison de la crise économique.

Aujourd'hui, 32 des 40 sociétés cotées dans l'indice de la Bourse de Paris sont donc déjà aux nouvelles normes pour 2014. Et certaines sont même au niveau prévu pour 2020. C'est ainsi le cas de Publicis (50% d'administratrices), de Technip (41,7%) et d'Accor (40%), selon Capitalcom. De quoi se réjouir, donc.

Mais il faut toutefois mettre un bémol. Car on le sait, les conseils d'administration ne sont que des instances de gouvernance. Ces sont les comités exécutifs ou les comités de direction qui prennent les vraies décisions. Or, dans ces instances, les progrès des femmes sont bien moindres, puisque ce dernières ne représentant que 8,3% des décideurs actuellement, contre 7,9% en 2012. Quelque 16 sociétés du CAC 40 ne comptent encore aucune femme au sein de leur comité exécutif, et seules cinq sociétés (PPR, Accor, Saint Gobain, GDF-Suez et L'Oréal) y affichent « un taux de mixité » supérieur à 20%.

Verre à moitié plein ou à moitié vide, alors ? Les analystes de Capitalcom se veulent optimistes. Ils pointent ainsi la prise de consciente grandissante des grandes entreprises en ce qui concerne le « plafond de verre ». « Plus de la moitié des entreprises du CAC 40 se fixent désormais des objectifs chiffrés en matière de mixité, alors qu’elles n’étaient que 16 en 2012, soit une progression de plus de 40 % », soulignent-ils. Les objectifs – qui ne sont que cela – portant sur le nombre de femmes dirigeantes au sein de ces sociétés, sont en effet plus ambitieux, de même que ceux visant à améliorer la proportion de femmes dans l'encadrement. Il faudra donc attendre encore un peu et vérifier que les entreprises atteignent les objectifs qu'elles se sont elles-mêmes fixés.

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 
 
Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.