Terriennes

Les plaintes pour viols augmentent en France

L'ancienne joueuse de tennis Isabelle Demongeot épuisée au terme du procès contre son ancien entraîneur Regis de Camaret, en novembre 2012, condamnée au terme d'un marathon judiciaire à 8 ans de prison pour avoir violé deux de ses élèves.
L'ancienne joueuse de tennis Isabelle Demongeot épuisée au terme du procès contre son ancien entraîneur Regis de Camaret, en novembre 2012, condamnée au terme d'un marathon judiciaire à 8 ans de prison pour avoir violé deux de ses élèves.
AP Photo/Laurent Cipriani

Le nombre de viols dénoncés aux autorités a augmenté de 18% en cinq ans, en France, selon Le Figaro du 11 août 2015. Mais cette accroissement traduit-il celui de la réalité ?

dans

"Sur les cinq dernières années, les viols dénoncés aux autorités ont augmenté de 18% (de 10.762 faits en 2010 à 12.768 faits en 2014), tandis que les viols sur mineurs ont grimpé, dans le même temps, de plus de 20% (de 5.751 à 6.936 faits répertoriés)", peut-on lire dans le journal  selon des données que le quotidien a pu consulter.

Un viol toutes les quarante minutes en moyenne

"Trente-trois viols sont déclarés chaque jour en France, soit un toutes les quarante minutes en moyenne !", note Le Figaro avant de souligner, qu'"il ne s’agit que des affaires signalées aux autorités de police et transmises aux parquets."

Aussitôt des réactions ont accueilli ces chiffres alarmants. Comme celle de la sénatrice des Hauts de Seine Esther Benbassa qui s’interroge sur les politiques de prévention et le rôle des féministes dans celles-là.
 

.



"La zone grise demeure considérable. Les enquêtes de victimation (ces sondages de grande ampleur réalisés par l’Insee auprès de victimes, NDLR), attestent que le taux de plainte pour viol est inférieur à 10%", explique au journal Christophe Soullez, le directeur de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). L’Insee tente des pondérations de haut vol pour rapprocher les faits connus de la réalité souvent cachée.

Le nombre de faits rapportés à la population place "la Guyane en tête des départements les plus exposés à ce type d’atteintes, statistiquement parlant: un viol annuel pour 2.000 habitants en moyenne. La Martinique et la Guadeloupe affichent également des taux de signalement particulièrement élevés", détaille le journal.

"Paris arrive juste en-dessous dans le classement, avec plus de 600 viols déclarés en 2014. Ailleurs en métropole, ce sont les secteurs ruraux comme la Sarthe, l’Yonne, l’Orne ou le Loiret qui déclarent le plus d’affaires par habitants," conclut Le Figaro.

Réalité des chiffres ?

Difficile donc de savoir si le nombre de plaintes en forte augmentation reflète d’abord un changement dans l’attitude des femmes face aux crimes sexuels, ou un réel accroissement de ceux-ci. Autrefois honteuses, se sentant même parfois coupables et très réticentes à déclarer des viols et autres abus, les femmes, mieux informées, se sentiraient-elles moins honteuses à se rendre dans un commissariat ?

Le calvaire récent, de la plainte au procès, de la tenniswoman Isabelle Demongeot face à l’omerta du monde du sport, nous rappelle qu’il est toujours très compliqué pour une victime de s’exposer…  Les policiers seraient-ils mieux formés, plus accueillants et moins culpabilisants ? Sans doute un peu de tout cela mélangé…