Les prêtres pardonnent l'avortement aux Journées mondiales de la jeunesse

Le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero (2eG) accueille le pape Benoît XVI, aux côtés du roi Juan Carlos et la reine Sofia, le 18 août 2011 à Madrid.
Le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero (2eG) accueille le pape Benoît XVI, aux côtés du roi Juan Carlos et la reine Sofia, le 18 août 2011 à Madrid.

Le Vatican en a fait l'annonce sur le site de l'archevêché de Madrid. A l'occasion des journées mondiales de la jeunesse qui se déroulent du 15 au 21 août dans la capitale espagnole, les prêtres pourront accorder le pardon ecclésiastique à celles qui ont décidé d'avorter.  

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A Madrid, jusqu'à la fin de cette semaine, la 26ème édition des Journées mondiales de la jeunesse rassemble des jeunes catholiques venus du monde entier en présence du pape Benoît XVI, qui est arrivé sur place jeudi.

Parmi les évènements prévus, un « Festival du Pardon » samedi devrait donner la possibilité à tous les croyants de se confesser auprès de 2000 prêtres, dans 200 confessionnaux installés pour l’occasion dans le parc du Retiro. Lors de la dernière édition, en 2008 à Sydney, le pape avait déjà accordé des indulgences plénières à tous les présents, les dispensant de toutes peines pour leurs péchés déjà pardonnés par un prêtre. Mais cette année, le Vatican est allé plus loin.

Une note, publiée sur le site de l’archevêché de Madrid, informe en effet les fidèles que le cardinal-archevêque de la ville, Antonio Maria Rouco Valera, donnait aux prêtres présents le pouvoir de pardonner un avortement. Habituellement,  l’avortement est systématiquement puni d’une excommunication : une personne s’étant fait avorter ou ayant aidé quelqu’un à l’être est automatiquement exclue de la communauté chrétienne. Selon le canon 1398 du Code de droit canonique, seul l’évêque de la communauté d’un excommunié peut ensuite le réintégrer. Cette année, ce pouvoir sera donc transmis aux prêtres.

Cette mesure peut paraître surprenante : l’archevêque Rouco Valera, connu pour son conservatisme, a été particulièrement virulent dans le débat qui a eu lieu l’an dernier, quand le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero a rendu officiellement légal l’avortement (jusque là, les femmes devaient justifier d’un problème de santé pour se faire avorter en Espagne).

Mais justement, l’heure semble être à la réconciliation. L’Eglise espagnole perd des fidèles et de l’influence trop rapidement, et le Vatican compte bien raviver l’intérêt des jeunes pour la religion (c’est d’ailleurs le but affiché des JMJ depuis leur création par Jean-Paul II en 1985). Le pape doit ainsi rencontrer le Premier ministre Zapatero à deux reprises pendant son séjour. La consigne de l’archevêché contribuera peut-être à calmer les tensions.