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Ma thèse en 180 secondes : la Béninoise Marielle Agbahoungbata remporte la finale

La Beninoise Marielle Yasmine Agbahoungbat (au centre) gagnante de la 4ème édition du concours Ma thèse en 180 secondes. 
La Beninoise Marielle Yasmine Agbahoungbat (au centre) gagnante de la 4ème édition du concours Ma thèse en 180 secondes. 
(c) ULiège - M. Houet

La doctorante Marielle Yasmine Agbahoungbata a remporté, jeudi 28, la finale internationale de « Ma thèse en 180 secondes », un concours de vulgarisation scientifique. Cette 4ème édition 2017 qui se déroulait à Liège, en Belgique, a non seulement été largement dominée par l’Afrique mais aussi par les femmes (15 candidates sur 20 au total). La lauréate, originaire du Benin, présentait une thèse sur les eaux usées.

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« Cette victoire me fait très plaisir parce que ce n’était pas du tout gagné d’avance. J’avais quelques peurs parce que tout le monde est bon, il faut l’avouer », a déclaré Marielle Yasmine Agbahoungbata à l’agence universitaire de la Francophonie, au lendemain de la finale internationale du concours Ma thèse en 180 secondes, organisée par la CPU et le CNRS.
 
Le Liégeois Alexis Darras, et la Française Sabrina Fadloun ont quant à eux remporté à égalité le prix du public.

Une thèse sur les eaux usées

Au cours de cette compétition, Marielle Yasmine Agbahoungbata monitrice de travaux-pratiques et de cours de callistographie à l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin), devait comme 19 autres concurrents issus de pays ou régions francophones, présenter sa thèse en français et dans des termes simples à un public diversifié et non initié.
Trois minutes seulement pour faire un exposé limpide, convaincant et accessible à tous, avec pour seul appui une diapositive.
 
C'est une recherche fondamentale parce qu'aujourd'hui, l'ONU estime encore que 80% des eaux polluées du monde sont encore mal traitées. 
Marielle Yasmine Agbahoungbata, chercheuse
Et à la lecture de l’intitulé de sa thèse, on ne peut que saluer l’existence d’une telle compétition. Le titre exact ? Elaboration de matériaux photocatalyseurs à base d’oxyde de titane pour l’élimination des micropolluants organiques des milieux aqueux.

Vulgairement, il s’agit de travaux de recherches sur le traitement des eaux usées pour accroître l’accès à l’eau potable.

Prestation de Marielle Agbahoungbata 

La gagnante est « contente », comme le rapporte le site de la rtbf.be :  «  C'est une recherche fondamentale parce qu'aujourd'hui, l'ONU estime encore que 80% des eaux polluées du monde sont encore mal traitées. Donc ça demeure un problème ».
 
Dans les coulisses du concours, il se dit que Marielle Yasmine Agbahoungbata a « bluffé le public » dès la première phrase de son pitch. D’emblée, elle lance à l’auditoire qu’elle est venue leur parler de « leur moitié ».

L’attention des 600 personnes réunies à l'Université de Liège où se déroulait l'événement est  alors à son comble. Le pubic s’attendait en effet à se voir exposer une thèse sur les choses du cœur, quand finalement elle annonce qu’il sera question de l’eau. Elément qui compose entre 60 et 90 % du corps humain.

La Béninoise a fait mouche, la salle est conquise par sa prestation (ci-dessous, en images).
Gagnate benin

Un concours dominé par l'Afrique et les femmes 

Les candidats et candidates ont dû s’astreindre à plusieurs heures de travail de répétition sur le contenu de l’exposé mais aussi sur l’éloquence. Les jeunes chercheurs étant très peu formés à l’art oratoire. Ils ont d’ailleurs été entraînés pendant deux jours par un metteur en scène et un journaliste.
 
Gagner ce prix c’est vraiment une fierté parce qu’on ne voyait pas tout de suite que l’Afrique pouvait s’en sortir. Marielle Yasmine Agbahoungbata, chercheuse
Un exercice très apprécié par cette titulaire d’un DEA en chimie inorganique. « Car ça m'a permis  de comprendre davantage ma propre thèse à force de chercher les outils, les moyens pour l’expliciter et la vulgariser (…), explique-t-elle. Et , ça me permet de juger les travaux effectués à travers le regard que les gens ont porté sur ce que j’ai fait. »

« Gagner ce prix c’est vraiment une fierté parce qu’on ne voyait pas tout de suite que l’Afrique pouvait s’en sortir donc c’est particulièrement cela qui me réjouit », a encore ajouté la brillante scientifique. Pourtant, le continent était en force. Sur les 15 pays représentés (Belgique, Bénin, Cameroun, Canada, Côte d’Ivoire, France, Indonésie, Liban, Maroc, RD Congo, Roumanie, Sénégal, Suisse, Tunisie et Etats-Unis), sept sont situés sur le continent Africain.

Et sur les 20 participants, les participantes étaient au nombre de 15, preuve, s’il en fallait encore, de l’importance des femmes dans la recherche.
 
Après Paris, Montréal, Rabat et Liège, la prochaine édition (2018) de Ma thèse en 180 secondes se déroulera à Lausanne ( Suisse).

Suivez Lynda Zerouk sur Twitter : @lylyzerouk