Nadia El Fani et les Femen arrêtées : “le corps peut aussi être un étendard en Tunisie“

Le procès de trois militantes européennes de Femen ayant manifesté seins nus à Tunis pour soutenir Amina Tyler, membre tunisienne de leur groupe et aux prises multiples avec la justice, avait été renvoyé au mercredi au 12 juin 2013, et les accusées maintenues en détention. La réalisatrice franco-tunisienne Nadia El Fani, réalisatrice du documentaire "Nos seins, nos armes" est venue sur le plateau de TV5Monde renouveler son soutien aux unes et à l'autre.

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La Une du quotidien français Libération du 6 juin 2013
La Une du quotidien français Libération du 6 juin 2013
Le juge a renvoyé le procès des militantes Femen à Tunis afin de pouvoir trancher à cette date sur la demande de plusieurs associations islamistes qui veulent se constituer partie civile.

Les deux Françaises, Pauline Hillier et Marguerite Stern, et l'Allemande Josephine Markmann sont entrées dans la salle d'audience vers 09H30 GMT, habillées du safsari, un voile traditionnel tunisien qui recouvre la femme de la tête aux pieds. Quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées devant le palais de Justice de Tunis où elles sont jugées, pour exprimer leur colère contre les Femen.

Ces trois militantes avaient mené la première action seins nus de Femen dans le monde arabe le 29 mai 2013 en soutien à Amina Sbouï, dite Tyler, une activiste tunisienne détenue depuis la mi mai. Celle-ci était entendue au même moment par un juge d'instruction de Kairouan (centre) dans le cadre de nouvelles poursuites pour atteinte aux bonnes moeurs et profanation de sépulture.

Signe de la sensibilité du sujet dans ce pays dirigé par les islamistes d'Ennahda et confronté à l'essor de groupes salafistes, la Tunisie avait arrêté dans son hôtel puis expulsé la veille de l'audience une militante ukrainienne, Alexandra Shevchenko, venue soutenir ses consoeurs.

Nadia El Fani : “Le corps peut être un étendard“

Journal Afrique TV5MONDE
La réalisatrice, qui soutient depuis Paris, les Femen aux prises avec la justice tunisienne, a toujours refusé le compromis : "Je soutiens et soutiendrai toujours ceux qui soutiennent les droits des femmes. Amina a pris en charge tout le destin de la Tunisie sur ses jeunes épaules de 18 ans en portant haut et fort la cause des femmes. (.../...). Le corps est porté par ces militantes comme un étendard, à l'inverse de ce que l'on veut y voir, à l'inverse de la vision pornographique du corps des femmes".
Nadia El Fani : “Le corps peut être un étendard“