Terriennes

A peine un tiers de « top managers » sont des femmes en Europe

Selon l'étude du cabinet Mercer, les Européennes ne sont que 29% en moyenne à occuper un poste à fortes responsabilités dans une entreprise. Et la crise n'arrange rien, au contraire.

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Dans les sociétés européennes, les postes à hautes responsabilités détenus par des femmes ne représentent que 29% du total en moyenne.
Dans les sociétés européennes, les postes à hautes responsabilités détenus par des femmes ne représentent que 29% du total en moyenne.
« Peut mieux faire » : c'est en substance ce qu'illustre le dernier rapport du cabinet de conseil en ressources humaines Mercer, portant sur quelque 260 000 postes de management, dans plus des 5 300 entreprises en Europe. L'équilibre homme/femme est en effet loin d'être respecté. Les postes à hautes responsabilités détenus par des femmes ne représentent que 29% du total en moyenne. 

Avec un avantage certain pour les anciens pays communistes. La Lituanie arrive ainsi en tête, avec 44% de femmes « top executives », suivie par la Bulgarie (43%), l'Estonie (37%) ou encore la Serbie (36%). De même, la Hongrie (33%) et la Slovaquie (30%) font mieux que la France, l'Espagne et le Royaume Uni ( (28%).

Enfin, les pays du Nord de l'Europe, que l'on dit généralement plus avancés en matière de droits des femmes, sont à la traîne : le Danemark, à 27% est au même niveau que le Portugal quant au nombre de femmes « top manageuses ». La Norvège, quant à elle, se situe à 25%, l'Allemagne à 20% et les Pays Bas à 19%... 

Des raisons culturelles 

Tout cela n'est pas très glorieux. On connaît les causes de cette situation : la culture des entreprises, qui valorise le « tout travail » et non pas l'équilibre vie de famille/vie professionnelle, freine la progression des femmes dans le monde des affaires, ou encore la « pénalité de maternité », qui ralentit là aussi l'ascension des femmes vers le sommet. L'Union européenne a bien adopté des politiques d'égalité hommes/femmes et cherché à réduire le fossé salarial entre les deux sexes, mais la situation ne semble évoluer que lentement. 

Un luxe en période de croissance 

Pis, selon Sophie Black, spécialiste de la rémunération managériale au sein du cabinet Mercer, citée par le magazine britannique HR (Ressources Humaines), la crise a refroidi les « ardeurs » des entreprises vis à vis des femmes. « Alors que pendant les récentes périodes de croissance économiques, nous avions remarqué que les entreprises donnaient des consignes précises aux chasseurs de tête pour la recherche de femmes à des postes de top management, cette tendance s'est amoindrie à mesure que l'économie se détériorait. Signe que pour les entreprises, nommer des femmes à des postes de haut niveau n'était qu'un luxe, que l'on s'offrait en période de vaches grasses. »

Seule consolation, celle d'observer la proportion de femmes top manageuses dans d'autres pays, moins avancés encore : l'Egypte n'affiche que 16% de femmes à des postes de hautes responsabilités, le Qatar 7% et l'Arabie Saoudite, aucune..... 

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 

Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.