Terriennes

Polémique d'été en France : burkini ou pas burkini, telle est la question…

Femme portant un burquini, en Égypte
Femme portant un burquini, en Égypte
Giorgio Montersino, Wikicommons

En quelques jours l'information a fait le tour du monde : des villes françaises au bord de la Méditerranée interdisent le port du burkini, maillot de bain intégral, sur leurs plages. Une polémique d'été, symbole des fractures françaises en période d'attentats.

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Ce vêtement de bain, contraction en forme de jeu de mots de burqa et bikini, recouvrant tout le corps à l'exception du visage, imaginé pour être conforme avec certaines interprétations des textes musulmans, est une matière hautement inflammable en France (et ailleurs), pas seulement parce que le textile brûle facilement.
Autrefois, sur les plages ensoleillées, certain-es en Europe s'étripaient au sujet des nudistes, du bikini, du monokini. La roue a tourné avec le monde, pas très rond d'ailleurs, et il ne se passe pas un été sans qu'ici ou là, personnages politiques, médias, citoyens, croyants ou pas, d'une religion ou d'une autre, s'invectivent au sujet du burkini. Et donc des musulmanes. Qu'il soit coloré ou pas, ample ou moulant, chaque année, c'est reparti mon burkini !

Avec d'autres tenues vestimentaires des Françaises pratiquant l'islam, le burkini est devenu la contraction de toutes les contradictions et de tous les clichés d'une société française confrontée à un temps rythmé par des attentats meurtriers au nom de fanatiques et à l'amorce d'une campagne électorale où tous les coups sont permis : réfugiés, terrorisme, immigration, intégration, désintégration, laïcité.

Des internautes lecteurs/lectrices de Terriennes nous ont parfois accusées de "défendre le voile". Nous ne défendons ni le voile, ni le burkini, ni le nudisme, ni le bikini, ni le monokini, ni le maillot de bains une pièce, ni la combinaison de plongée. Si nous défendons quelque chose, c'est la liberté : de se vêtir dans les limites imposées par la loi, émanation des démocraties parlementaires, de s'exprimer, de penser, etc… Si le refus de porter le voile entraîne dans certaines contrées des risques de mort, nous le dénonçons. Mais s'il nous semble que seules les femmes, en France en particulier les musulmanes, sont stigmatisées pour leurs tenues vestimentaires, nous ne pouvons l'approuver. Telles ces interdictions très localisées cet été sur des plages de la Méditerranée.
 

Le burkini signe avant coureur des attentats ?


Trois mini-évémements, dans trois villes de la Côte d'Azur, ont ainsi enflammé le personnel politique hexagonal, la presse nationale ou internationale, et la toile. A Marseille (Bouches du Rhône), à Cannes puis Villeneuve-Loubet (Alpes maritimes) le burkini a été interdit. Dans un parc aquatique privé de la commune des  Pennes-Mirabeau à 17 kms au Nord de la capitale de la région Alpes/Provence/Côte d'Azur, une association (non confessionnelle) de femmes des quartiers populaires du nord de Marseille avait "privatisé" le SpeedWater Park pour la journée du 10 septembre 2016, avec la consigne donnée aux participantes de "ne pas venir en deux pièces" mais avec un costume de bain cachant le corps "de la poitrine aux genoux". L'initiative, parfaitement légale, avait cependant provoqué un tollé parmi des élus locaux et certains politiques, la plupart de droite et d'extrême droite, dénonçant notamment une nouvelle expression d'un "communautarisme" mettant en cause le modèle républicain et une "atteinte à la dignité des femmes". Le parc aquatique a fini par annuler l'événement.

En Corse, ça se corse
Le maire socialiste de Sisco  en Haute-Corse, Ange-Pierre Vivoni, a, lui aussi, pris un arrêté interdisant le burkini, après les incidejnts violents du 13 août sur les plages de sa commune. Premier maire de gauche à prendre une telle mesure, Ange-Pierre Vivoni a expliqué à l’AFP : « Ce n'est pas contre la religion musulmane mais pour éviter que l'intégrisme ne se propage. » La veille, une violente rixe entre jeunes Corses et familles d'origine maghrébine avait fait cinq blessés. Après enquête il apparaît qu'aucune des baigneuses ne portait le Burkini motif pourtant invoqué pour le proscrire ... 

Plus à l'Est, les autorités des villes de Cannes et Villeneuve Loubet ont décidé d'interdire le port du burkini sur leurs plages. Thierry Migoule, directeur général des services de la ville de Cannes avait justifié la décision avec une bel aplomb confus : « Il ne s’agit pas d’interdire le port de signes religieux à la plage, mais les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ». Lionnel Luca, maire Les Républicains (droite) de Villeneuve-Loubet s'est justifié au nom de l'hygiène dans un premier temps : "On m'a signalé sur l'une de nos plages un couple dont l'épouse se baignait habillée, explique Lionnel Luca, et j'ai considéré que cela n'avait pas lieu d'être pour des raisons d'hygiène et que cela était malvenu compte tenu du contexte général." Puis il a affirmé vouloir "'éviter tout trouble à l'ordre public dans une région marquée par les attentats".

Pour les deux édiles, il y aurait donc un fil direct entre le burkini et les attentats. Le port du burkini sera traqué à la plage et passible d'une amende de 38 euros. Une mesure illégale pour la Ligue des droits de l'homme et même un effet miroir pour le président de la section locale de la LDH de Cannes- Grasse, Hervé Lavisse : "Il s’agit d’un abus de droit que nous nous réservons de porter devant les tribunaux (...) A quand une milice des mœurs comme au pays des Mollah (Iran) ? " a-t-il lancé.
 


Ces mesures ont été contestées devant la justice administrative (compétente en France pour juger des litiges entre particuliers et administrations) par le Collectif contre l'islamophobie en France. Le juge n'a rien trouvé à y redire : selon son interprétation, les arrêtés respectent la loi sur la laïcité interdisant à quiconque "de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s'affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers. (.../...) Dans le contexte d'état d'urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice il y a un mois (…) le port d'une tenue vestimentaire distinctive, autre que celle d'une tenue habituelle de bain, peut en effet être interprétée comme n'étant pas, dans ce contexte, qu'un simple signe de religiosité".

Dans les heures qui ont suivi, les uns et les autres se sont positionnés à travers leurs réseaux sociaux. Edwy Plenel, le directeur du site Médiapart clairement engagé dans la lutte contre l'islamophobie a dégainé très rapidement avec une photo de baigneuses, immortalisées au début du 20ème siècle.


Un argument quelque peu provocateur pour l'une de ses lectrices "suiveuses".


Le journaliste s'est alors expliqué dans un long éditorial : "Ainsi sur une plage, chacun d’entre nous peut penser ce qu’il veut des postures choisies par les autres estivants (selon leurs cultures, leurs convictions, leurs religions, etc.), mais aucun d’entre nous n’a le droit d’imposer autoritairement aux autres son choix à la manière d’un uniforme obligatoire. Ainsi, de même que je m’opposerai demain de toutes mes forces à un pouvoir qui obligerait les femmes à couvrir leur corps dans l’espace public, de même je m’oppose aujourd’hui à ce qu’on interdise sur les plages une tenue qui les couvre parce qu’elle serait liée à une religion. Dans les deux cas, nous cédons nos libertés individuelles au profit d’une logique autoritaire et discriminatoire qui, dans le premier cas, vise les femmes en continuant d’en faire une minorité politique opprimée et, dans le second cas, vise les musulmanes en les constituant comme minorité à exclure."

D'autres ont cherché à dépassionner le débat avec une ironie poétique :


Et il a aussi celles et ceux qui rappellent les principes fondamentaux d'une société démocratique, en refusant les amalgames, et en s'élevant contre ces interdictions, comme la pourtant farouche défenderesse de la laïcité Sérénade Chafik, écrivaine franco-égyptienne, et féministe : "Peut-on interdire le burkini sur une plage publique. Non l'Etat ne peut interdire une tenue vestimentaire. (.../...) C'est sur le plan politique que le travail doit être fait. C'est par le travail de terrain, que le travail peut être fait. Notre travail est celui d'expliquer pourquoi le voile (même choisi)  n'est pas un vrai choix (.../...) Ce travail doit être fait dans le respect des personnes pour ne pas transformer la laïcité en un devoir mais un droit."

Le Premier ministre dans la bataille
"Je comprends les maires qui, dans ce moment de tension, ont le réflexe de chercher des solutions, d’éviter des troubles à l’ordre public", déclare Manuel Valls dans un entretien au quotidien régional La Provence. "Je soutiens donc ceux qui ont pris des arrêtés, s’ils sont motivés par la volonté d’encourager le vivre ensemble, sans arrière-pensée politique. Les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme".

On ne relayera pas ici les invectives croisées des politiques, des hommes (essentiellement). On s'arrêtera cependant sur les propos échangés par blogs interposés, entre la sénatrice centriste Nathalie Goulet, Vice-Présidente de la Commission des Affaires Etrangères de la chambre haute du Parlement français, et Isabelle Kersimon, journaliste "indépendante", qui collabore au journal Le Causeur, lieu d'expression laïciste et coauteure d'une "Islamophobie, la contre-enquête".

Rappeler le droit n'est pas soutenir l'usage du burkini
Nathalie Goulet, sénatrice

La première se contente de rappeler raisonnablement le droit : "Donc, du simple point de vue du droit le burkini n'est pas interdit dans un espace privé. Chacun et chacune peut en penser ce qu'il veut mais dans un espace privé il ne peut être interdit que si, par exemple, le règlement sanitaire du centre aquatique interdisait la baignade habillée. (.../...) Ce rappel simple du droit m'a valu bien des commentaires et des injures... c'est le lot! Rappeler le droit n'est pas soutenir l'usage du burkini. Les réseaux sociaux et leurs raisonnements extrêmes en 140 signes sont l'arène, on le sait, de tous les raccourcis. J'ai donc précisé à de nombreuses reprises que je ne soutenais pas l'usage du port du burkini mais que je faisais un rappel du droit applicable, provoquant des tombereaux d'insultes."

Le burkini, pas plus que le voile islamique, ne sont des obligations religieuses, mais des manifestations de la propagande wahhabite
Isabelle Kersimon, journaliste

La journaliste polémiste lui répond sur le plan des émotions  : "Non, sénatrice Goulet, il n'y a pas de "climat islamophobe" en France suite aux attentats qui ont frappé notre pays depuis l'affaire Merah en 2012. Bien au contraire, nos compatriotes font, dans leur immense majorité, preuve d'une force morale admirable et d'une capacité de résilience d'autant plus remarquable qu'elle est violemment mise à l'épreuve.
Non, sénatrice Goulet, l'islam n'est pas considéré comme "une religion de l'étranger". Et enfin, non, le climat n'est pas révélateur d'une intolérance à l'égard de nos compatriotes musulmans.
Le burkini, pas plus que le voile islamique, ne sont des obligations religieuses, mais des manifestations de la propagande wahhabite en France et dans le monde. Ils sont les manifestations d'un islam rigoriste et intolérant, sexiste et discriminant, et il aurait suffi à Madame Goulet de se rendre sur le site de l'association organisatrice pour y lire des propos que tout démocrate, si tolérant soit-il, ne peut que réprouver et condamner.
"

Le burkini "made in France" vu d'ailleurs


Ce débat, vu de Londres, cette capitale que nous aimons tant vilipender pour son communautarisme, semble absurde. La chercheure Huda Jawad écrit régulièrement dans les colonnes du quotidien The Independent. Elle ne voit dans ces nouveaux interdits que pure misogynie. "Bannir le burkini est misogyne et les féministes occidentales se détournent en fermant les yeux", constate-t-elle dans une longue tribune lancée d'outre-manche.

Bannir le burkini est misogyne et les féministes occidentales se détournent en fermant les yeux
Huda Jawad, chercheure, Londres

"J'ai pris mon visage entre mes mains en me demandant si on pouvait aller vers le pire et c'est alors que j'ai lu les justifications du directeur des services municipaux de Cannes pour bannir le burkini 'parce que ces vêtements ostentatoires sont une forme d'allégeance à des mouvements terroristes qui sont en guerre avec nous'. Choisir de confondre une tenue vestimentaire inspirée par le culturel et le religieux - que les femmes choisissent de porter afin de se sentir à l'abri de regards appuyés tout en s'adonnant à un passe-temps estival -, avec un groupe terroriste est une pratique connue 'd'altérisation' d'un groupe de citoyens en temps de crise nationale."

Le quotidien espagnol El Païs s'interroge lui aussi : "Avec cette interdiction, les maires n'attisent-t-il pas le débat sur la laïcité en France et les symboles religieux ?" Tout en rappelant que la laïcité signifie, en France, avant tout la neutralité de l'Etat qui garantit aussi la liberté de culte.

Et ailleurs, dans des pays qui furent également frappés par le terrorisme, le burkini est-il devenu un chiffon rouge ?

Au Royaume Uni, comme aux Etats-Unis ce vêtement n'a pas provoqué de discussion particulière. Le New York Times commente ainsi ces derniers soubresauts hexagonaux : "Ces décrets d'interdiction sont les dernières décisions prise au nom de la laïcité - le terme français pour la séparation de l'Église et de l'État - qui ciblent les vêtements musulmans, un point régulier de discorde en France. Les politiciens diffèrent profondément sur la façon de définir la laïcité : certains reconnaissent que ce principe est de plus en plus utilisé pour justifier des mesures qui visent les musulmans, plutôt que pour laisser le gouvernement hors de toute religion et vice versa, l'intention originale du principe."

Marx et Spencer a ouvert au printemps 2016 dans la capitale britannique un rayon de mode inclusive (c'est à dire qui prend en compte tous les apports culturels extérieurs) où des burkinis sont proposés. La Suède l'a autorisé dès 2009 dans ses bassins ou sur ses côtes.  En Allemagne, le même argument prévaut - l'important c'est que les femmes, les étudiantes, les écolières se baignent : "En burkini ou en bikini, tout le monde à l'eau !"

Des ventes de burkini dopées en Australie


L'AFP nous apprend que le burkini fut inventé en Australie en 2007, dans un pays peu soupçonné de complaisance à l'égard des minorités, par Aheda Zanetti, une jeune musulmane qui voulait permettre à ses coreligionnaires de pouvoir elles aussi s'adonner aux joies de la plage. Il est même désormais porté par des femmes sauveteuses en mer, dans les mêmes couleurs, rouge et or, que les maillots des sauveteurs. Et la dispute hexagonale a dopé les ventes en lignes de l'inventrice du vêtement de toutes les discordes : six fois plus qu'avant ce mois d'août 2016, dont 30% à des non musulmanes...

L'Espagne, en général, n'y accorde guère d'importance. En particulier la maire Podemos de Barcelone, Ada Colau, qui critique ses confrères français : "Notre principale préoccupation c'est que les femmes puissent se baigner, vêtues comme elles le veulent, c'est leur liberté". Le burkini est autorisé dans tous les Sunparks de Belgique, afin que "toute personne puisse  profiter de l’eau tout en respectant les règles de leur religion". Hafida Bachir, présidente de La Vie féminine, mouvement féministe respecté à Bruxelles, a réagi aux interdictions décidée en France, par un tweet un brin excessif qui lui a valu des réactions de mépris immédiates. Comme un transport au delà des frontières des violences du débat français...
 


La féministe belge, interrogée depuis Bruxelles sur le plateau de TV5MONDE le 16 août 2016 dans le 64', revient sur la difficulté de faire entendre une autre voix dans le débat français, en particulier auprès de féministes figées dans une attitude résolument fermée à toute discussion. Elle craint aussi que les mesures prises en France ne touchent la Belgique : "quand on s'enrhume en France, on éternue en Belgique", dit-elle en signalant que certains voudraient interdire le Burkini sur les plages d'Ostende.
 


Depuis 2014, au Maroc, des hôtels ont cherché à le bannir discrètement de leurs plages et piscines privées, inquiets qu'il fasse fuir leur clientèle occidentale, au grand dam des islamistes du Parti justice et développement qui administrent de nombreuses villes marocaines.

Mais le débat a fait rage au Québéc ou en Suisse. A Bâle par exemple, les autorités municipales ont récemment modifié les règles vestimentaires dans les piscines, en invoquant des motifs d'hygiène : seins nus, bikinis et maillots seront autorisés dans le bassin féminin, de même que les burqinis, mais en version moulante uniquement… Un argument sécuritaire et hygiéniste qui ne convainc pas les gérants de la piscine du Lignon à Vernier (canton de Genève) :  « L’accès est autorisé à toute personne en maillot de bain. Nous estimons que le burkini entre dans cette catégorie », explique le magistrat verniolan Yvan Rochat. Selon lui, le motif de la sécurité est bancal: « Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui serait mort à cause d’un maillot de bain intégral. »

En 2015, le sociologue, enseignant, essayiste et chroniqueur québécois, souverainiste et conservateur tendance Alain Finkelkraut, Mathieu Bock-Côté se prononçait avec virulence dans le Journal de Montréal, où il livre régulièrement ses opinions : "L’argument de nos multiculturalistes est toujours le même : en quoi cela me dérange-t-il que cette femme décide de porter le burkini ou la burqa, ou le niqab, ou le simple voile ? C’est son choix, non ? Certaines personnes portent la coupe punk ou le string, d’autres, étrangement, se tatouent même le corps intégralement, pourquoi ne pas se montrer tolérant envers une simple marque de pudeur ostentatoire ? Les choses ne sont toutefois pas aussi simples. À les entendre, la société n’existe plus, il n’y a que des millions d’individus blindés dans leurs droits. Surtout, on ne saurait traiter le burkini comme un symbole parmi d’autres. Il symbolise non seulement de manière grossière l’infériorisation des femmes. Il représente aussi un refus manifeste, agressif et militant de la société d’accueil, à laquelle on dit qu’on ne s’intégrera jamais."

Le maire de la ville de Québec, Régis Labeaume, lui emboîte le pas lorsqu'il se dit convaincu que les femmes musulmanes qui doivent se baigner dans un tel « accoutrement » ne l'ont pas décidé : « Je suis certain que ce n'est pas leur choix ». Faux, lui réplique Souheila Djaffer, une mère de famille célibataire qui élève seule ses trois garçons :  « Je suis monoparentale et je le porte. C'est ma conviction personnelle. Si une femme va à la piscine, ça veut dire que c'est elle qui a pris la décision. Un homme qui oblige sa femme à porter le foulard ne la laissera pas partir à la piscine, même en burkini ».

Le parti d'en rire


Le magazine satirique algérien en ligne El Manchar a choisi de rire de tout cela avec un faux reportage : "Pris pour une femme portant un burkini, un plongeur a été verbalisé à Cannes. Ne comprenant rien à la situation, l’homme s’est défendu en affirmant aux agents qu’il ne s’agissait pas de burkini mais d’une combinaison de plongée. Mais manque de bol, son uniforme répondait exactement à l’habit visé par l’arrêté municipal : un maillot couvrant l’intégralité du corps à l’exception du visage. Les policiers lui expliquent que leur job n’est pas d’interpréter l’arrêté mais de l’appliquer et qu’en conséquence ils sont tenus de le verbaliser."

Pour Le Soir, grand quotidien francophone de Bruxelles, le dessinateur Kroll résume brillamment la querelle en deux coups de crayon :

Kroll - Le Soir, reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur

Ou encore deux autres versions ironiques de cette dispute qui rebondit jour après jour : à gauche depuis la France, le regard de la dessinatrice La Sauvage jaune, auto-définie sur twitter comme une "Mowgli au féminin", et à droite Dilem, le caricaturiste de TV5MONDE et du quotidien algérien francophone Liberté.
 


Pendant ce temps, dans d'anciennes villes tenues par le groupe Etat islamique, et libérées par l'avancée des combattants syriens ou irakiens, des hommes rasent leur barbe et des femmes arrachent leur burqua avec jubilation.