Pour arriver au top, mieux vaut s'y prendre de bonne heure

Fanny Berthaud, étudiante en école de commerce invitée au Women's forum 2011. Photo : C.SARRET.
Fanny Berthaud, étudiante en école de commerce invitée au Women's forum 2011. Photo : C.SARRET.

A l’image des centres qui forment les futures sportives de haut niveau, le Women’s forum recrute jeune. Cinq étudiantes de moins de 22 ans ont été invitées à participer aux conférences et à échanger avec leurs aînées, pendant trois jours intensifs à Deauville. Parmi elles, Fanny Berthaud, étudiante à l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris.

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Veste noire, chemisier élégant, petites perles blanches aux oreilles. Âgée d’à peine 20 ans, Fanny Berthaud vient de faire son premier plongeon dans le grand bain. Invitée au Women’s forum, cette étudiante en business et management à l’ESCP a fréquenté pendant trois jours, du 13 au 15 octobre, des femmes d’influence évoluant dans les hautes sphères politiques ou dans de prestigieux groupes internationaux.

« C’est une chance inespérée pour moi, confie la jeune fille. J’ai échangé avec des femmes au parcours hors normes. J’ai pu observer leur comportement, leur manière de se présenter, échanger leurs cartes et développer leur réseau. » Elle a ainsi pu rencontrer Ann Veneman, ancienne directrice générale de l’UNICEF et première femme ministre de l’Agriculture aux Etats-Unis, Ann Walker Marchant, ancienne Conseillère à la Maison Blanche et aujourd’hui Présidente d’une société de communication ou encore Alexander Harbaugh, directeur général d’Adeya, société suisse société Suisse Adeya spécialisée dans la sécurité sur les téléphones portables.

LE MOMENT PARFAIT

Admirative, un peu émerveillée, mais loin d’être intimidée, Fanny a vite pris ses repères dans ce milieu qui n'est pourtant pas le sien. « Ma mère est infirmière et mon père a mené une carrière de cardiologue. Je n'ai donc pas du tout grandi dans ce monde des affaires », indique-t-elle

Et quand on lui demande si elle n’est pas trop jeune pour déjà se projeter dans une carrière de haut niveau, elle répond illico : « Pas du tout, c’est même  le moment parfait. C’est exactement ce dont j’avais besoin. »

Fanny ne s’en cache pas. C’est une ambitieuse, une femme de tête.  Elle vise des postes à forte responsabilité et espère un jour réaliser son « rêve de petite fille : travailler dans une grande institution internationale comme l’ONU. »

Mais ne redoute-t-elle pas le fameux plafond de verre auquel se heurtent très souvent les femmes qui grimpent les échelons ? « Je ne me fais pas trop d’illusions. Ce sera difficile.  Mais les femmes s’affirment de plus en plus. Je le vois bien dans mon école. Ce sont les filles qui prennent les initiatives. En tout en cas, maintenant, après avoir participé au Women's forum, je sais que c’est possible d’arriver au top. » En attendant, la jeune fille pose ses jalons.

SPECIALISTE DU MICRO-CREDIT

En avril 2010, elle a fait partie de ces 4000 étudiants internationaux qui, dans un hôtel de New York, ont pris le rôle des puissants de la planète et simulé les débats qui agitent régulièrement l’ONU. Plus récemment, elle a co-fondé, avec six autres jeunes de son école, l’association « Women take the micro » pour mesurer l’impact du micro-crédit sur la vie des femmes.

« Les femmes sont les premières bénéficiaires du micro-crédit que ce soit en Afrique ou en Asie, explique l'étudiante. C’est un système qui est en plein développement mais qui est aussi sujet à critique.  N’ y a-t-il pas des risques de surendettement malgré les petites sommes ? Ne faut-il pas plus d’encadrement ? Quand le micro-crédit fonctionne, entraîne-t-il une émancipation des femmes ? »

En juillet prochain, Fanny partira sur le terrain. Elle y restera six mois pour rédiger son premier rapport international sur le micro-crédit.