Pour sauver le droit à l'avortement aux Etats-Unis, la force de l'humour contre Donald Trump et Mike Pence

Les 45èmes, président et vice-président des Etats-Unis, avec leurs dames : Donald Trump et sa femme Melania à droite, Mike Pence et son épouse Karen à gauche
Les 45èmes, président et vice-président des Etats-Unis, avec leurs dames : Donald Trump et sa femme Melania à droite, Mike Pence et son épouse Karen à gauche
AP Photo/Julie Jacobson

Après la victoire de Donald Trump, la contre-offensive s'organise aux Etats-Unis pour la sauvegarde de droits fondamentaux, comme l'interruption volontaire de grossesse. Le futur vice-président Mike Pence, croisé des militants anti-avortement, est la cible d'une campagne drôle et efficace : des dizaines de milliers de dons sont faits en son nom au planning familial. Génial.

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Au lendemain de son élection, il paraît que, lors de sa première interview télévisée diffusé par la chaîne CBS dans la mythique émission "60 minutes", Donald Trump aurait mis de l'eau dans son vin sur certains sujets : il se contenterait d'expulser 3 millions de migrants au lieu des 10 annoncés (sic) et ne détricoterait pas entièrement "l'Obama care", l'assurance santé pour tous imaginée par le président sortant.

Mais sur deux autres promesses de campagne, le futur 45ème président des États Unis reste inébranlable : pas question de remettre en cause le deuxième amendement qui permet à tout citoyen de posséder une arme à feu ; et en tant que "pro life résolu", il nommera immédiatement un juge suprême de la même obédience, ce qui permettra à tous les Etats qui le souhaitent de bannir de leur juridiction le droit à l'avortement.
"Voici ce qui va se passer. Je suis pro-life (anti-avortement) et les juges seront pro-life", a-t-il dit.
 

Mike Pence, les femmes et l'enterrement de l'IVG

Un cadeau à ses électeurs peut-être, à son son vice-président sûrement. Mike Pence défend une position ultra-conservatrice. Il a été jusqu'à proposer, dans l'Etat d'Indiana dont il est gouverneur, de procéder à un enterrement après un avortement ou même une fausse couche.
Dans une tribune en 1997, M. Pence avait aussi moqué les femmes qui "veulent tout avoir, une carrière, des enfants et un garage avec deux voitures". Il citait une étude signalant un "retard de développement émotionnel" chez les enfants gardés en crèches plutôt qu'à la maison, pour dénoncer "le grand mensonge selon lequel 'les mères ne comptent pas'".
En 2007, cet évangéliste pur et dur avait tenté de faire adopter un amendement pour éliminer le planning familial de la Fédération. Il a poursuivi sa croisade en cherchant à introduire une loi similaire en 2011 devant la Chambre des représentants qui a adopté un projet bloquant les fonds fédéraux destinés à l'organisation (le funeste vote a été défait par le Sénat).  En Indiana (Etat du Midwest et très "classe moyenne blanche"), il a pris des mesures restreignant considérablement l'accès à l'avortement, de même qu’il a drastiquement réduit le financement public à "Planned Parenthood". Cela a conduit à la fermeture de cinq cliniques proposant contraception et interruptions volontaires de grossesses.

La réaction ne s'est pas faite attendre. Les réseaux sociaux ont lancé à la vitesse cybernetique cette suggestion : le planning familial (Planned Pernthood aux Etats Unis), déjà fortement menacé ces derniers temps dans certaines régions sous les coup de boutoirs des adversaires de la contraception et de l'interruption volontaire de grossesse, est en quête de donateurs pour maintenir ses services. Les dons sont nominatifs ou anonymes, mais vous pouvez mettre n'importe quel patronyme avec votre obole. Aussitôt dit, aussitôt fait : les antennes du Planned Pernthood ont reçu des milliers de cadeaux tombés du ciel, au nom de... Mike Pence, son ennemi juré.

Le secrétariat du vice-président en devenir est, depuis, inondé de certificats de réception accompagnés d'un petit mot de remerciement pour son engagement auprès de ces millions d'Américaines prises au piège d'une grossesse non désirée.

"Mike Pence  n'est pas un fan de l'avortement. Alors vous pouvez donner au planning familial en son nom" suggère cette vidéo rigolote.
 

"Je viens juste de verser un don au planning familial au nom de Mark Pence, c'est facile, et un certificat lui sera adressé", se félicite une autre.
 


"Tout ça sent très bon", se réjouit encore une autre.
 

"Le planning familial a reçu plus de 160 000 donations depuis l'élection de Trump, pour une somme supérieure à 20000 $, au nom de Mike Pence", annonce un troisième.
 
« Voilà donc une forme de justice poétique » écrit la journaliste Claire Warner (qui se présente drôlement comme spécialiste en névrose sur son compte twitter) pour le média féministe en ligne Bustle.com (bustle signifie agitation en français).
On rappellera que les dons peuvent aussi être adressés au Planned Parenthood depuis le monde entier...