Présidentielle 2017 : "Les femmes doivent être représentées", rappelle Charlotte Marchandise

Interview Charlotte Marchandise TV5MONDE
©Interview menée par Mohamed Kaci/TV5MONDE

Désignée candidate sur le site LaPrimaire.org, Charlotte Marchandise se lance désormais dans la course aux parrainages pour la présidentielle française du printemps 2017. Dans son programme qu'elle a détaillé sur TV5MONDE, que prévoie-t-elle pour les femmes ? Elle répond à Terriennes. 

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De son engagement dans la présidentielle au sujet des migrants, de la santé publique en passant par l'environnement, ou encore au sujet de l'écriture d'une nouvelle Constitution pour une VIe République et une démocratie délibérative, Charlotte Marchandise détaille les idées politiques défendues lors de la primaire citoyenne sur le site LaPrimaire.org.  

Candidate désignée par plus de 30 000 internautes sur le site LaPrimaire.org, elle se présente hors de tous les partis politiques. Avec une seule femme dans chaque primaire de la gauche et de la droite, sur 7 candidats à chaque fois, les femmes sont quasi inexistantes dans cette campagne. 

Terriennes en a profité pour lui poser des questions sur les femmes en politique et ses idées pour réduire les inégalités, les discriminations envers les femmes. 

Je me suis mise à râler sur le fait qu’il n’y avait pas de femmes qui se présentaient
Charlotte Marchandise

C'est d'ailleurs en voyant qu'il y avait moins de 10 femmes sur 200 candidats pour cette élection citoyenne que Charlotte Marchandise s'est lancée. 

Terriennes : Pourquoi était-ce important de vous engager dans cette primaire citoyenne sur LaPrimaire.org ? 

Charlotte Marchandise : Je me suis mise à râler sur le fait qu’il n’y avait pas de femmes qui se présentaient. Je me suis dit que ce n’était pas possible qu’elles n’y aillent pas quand tout le monde peut y participer. 

Alors au lieu de rester à côté et de râler, c'est devenu la raison de mon engagement politique et d'ailleurs de beaucoup de mes engagements. Je me demande souvent ce je peux faire et comment être actrice. 

Dans les principaux partis, très peu de femmes ? 

C’est une interrogation qui se pose au niveau politique, pour les primaires, mais pour la politique en général. Ce manque de représentativité est aussi vrai à l’Assemblée nationale, pour les présidents de région ou de département alors qu’il y a la parité, en principe. Mais systématiquement, les hommes sont présidents. 

C’est aussi vrai dans les conseils d’administration des entreprises. On représente 52% de la population, on doit être représentées. 

Il n’y a pas que la représentation des femmes d’ailleurs qui est en question, il y a aussi toutes les personnes qui ne sont pas représentées issues d’un autre milieu social, de la "diversité" comme on dit, ou qui sont LGBT,... Des gens qui ne sont pas représentés et qui ont leur mot à dire parce qu’ils représentent une partie de la population.

Être une femme, et être une femme noire ce n’est pas pareil, il y a encore plus de difficultés

Si vous êtes élue, quels engagements prendrez-vous contre ces inégalités ? 

Il ne s’agit pas que des femmes. Il y a des personnes qui subissent de multiples discriminations. Être une femme, et être une femme noire ce n’est pas pareil, il y a encore plus de difficultés. 

Pour moi, il faut avoir une politique systématique, c’est-à-dire vérifier à chaque décret, loi ou politique que l’on mène que cela ne soit pas discriminatoire, que cela ne creuse pas les inégalités. C’est vrai par exemple sur les questions de prévention. Les campagnes que l’on fait aujourd'hui favorise les gens les plus éduqués, mais comment fait-on pour avoir un regard à chaque fois particulier sur la question des discriminations ? 

On s’attaque à un système donc on doit apporter des réponses systématiques pour ne pas pointer les gens du doigt. 

Pourtant il existe déjà des lois contre ces inégalités... 

Il faut des lois et des politiques plus volontaristes. Il faut continuer. 
Concernant la parité en politique, on parlait de la parité dans les conseils régionaux et départementaux... Mais on n’a pas été assez loin. Et puis, il y a encore des partis qui sont prêts à payer des amendes.

Il y aussi une responsabilité médiatique sur le sujet de la place des femmes en politique, sur le traitement de ce sujet

J’étais agréablement surprise de voir que François Fillon insistait sur la parité alors que ce n’est pas quelque chose qui fait consensus dans son parti (Les Républicains, droite, ndlr). Donc ça prouve que ça bouge ! 

Mais il y aussi une responsabilité médiatique sur le sujet de la place des femmes, avec ce traitement anecdotique qui est fait des femmes en politique. On voit la façon dont on parle des femmes dans un débat comme celui des primaires par exemple. On évoque ce qu’ont dit les uns ou les autres mais on se concentre sur la manière dont Nathalie Kosciusko-Morizet était habillée. Il y a aussi les réflexions comme par exemple ce que je fais de mes enfants ! Pourrait-on poser cette question aussi aux hommes s’il vous plaît ! 

Avez-vous déjà subi des commentaires sexistes dans le sérail politique depuis que vous vous êtes lancée ? 

Oui, bien sûr, sur le fait que je n’ai pas bien fait mes mèches ou la manière dont je dois m’habiller ou pas. Ce n’est pas ce qui m’affecte le plus parce que je le sais. Ce qui m'importe, c'est de ne pas m’énerver. La question c’est comment on pointe du doigt le système sans l’attaquer pour changer réellement les choses, faire comprendre que c’est discriminatoire. 

Parfois je vois des élus, des collègues qui ont des réflexions déplacées. Et ils ne voient pas que c’est déplacé. Alors je vais plutôt prendre le temps d’expliquer pourquoi c’est déplacé plutôt que de tout de suite m’énerver sinon, on n’avance pas. 

Si vous n’obtenez pas les 500 parrainages pour aller jusqu'à l'élection, êtes-vous prête à soutenir un ou une autre candidate ? 

Je vais surtout profiter de cette notoriété médiatique pour faire en sorte qu’il y a ait des femmes qui se présentent aux législatives et pas que des femmes qui aient fait Sciences Po ou l’ENA.