Quand les républicains américains malmènent les femmes : top 5 des dérapages

Manifestation anti-avortement, le 22 janvier 2009 a` Washington / Photo Alex Wong AFP Getty Images
Manifestation anti-avortement, le 22 janvier 2009 a` Washington / Photo Alex Wong AFP Getty Images

Todd Akin, candidat républicain au Sénat dans le Missouri, a soulevé un tollé dans les médias après des propos tenus dimanche sur un plateau de télévision. Questionné sur la légalisation de l'avortement, il a répondu qu'un "vrai viol" entraîne rarement une grossesse. S'il est aujourd'hui la cible des critiques, il n’est pas le seul parmi les politiques américains à pérorer des inepties, donner des preuves d’un profond conservatisme ou multiplier les dérapages en public. Florilège.

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« D’après ce que j’ai compris des médecins, si c’est un véritable viol le corps féminin a des moyens d'empêcher la fécondation », et donc provoque rarement une grossesse, répond Todd Akin à la question  : « Êtes-vous pour l’avortement en cas de viol ? » sur un plateau de télévision dimanche 19 août. Ce candidat républicain au Sénat dans le Missouri a soulevé un vent de polémique sur l’avortement en s’exprimant ainsi. Beaucoup se demande alors ce qu’il entend par « vrai » et a contrario « faux » viol. Le mystère reste entier. Ses propos restent confus ainsi que l'homme politique qui a dit s'être mal exprimé.
 
Sur Twitter, le hashtag #legitimaterape donne lieu à de nombreuses critiques et suscite un débat houleux sur la toile. Certains évoquent même une guerre menée par les républicains contre les femmes pour ne pas évoquer d’autres sujets politiques trop sensibles à leurs yeux pendant la campagne.

Pour le Washington Post , Todd Akin souffrirait d’un mal qui atteint beaucoup d'autres politiciens malheureux : dire ce qu’ils ont en tête. Nombreux sont ceux que l'on retrouve dans le camp républicain quand il s'agit d'avortement ou de contraception.

Mitt Romney s’exprimant à la Liberty University en Virginie le 12 mai 2012 / Photo AFP JIM WATSON
Mitt Romney s’exprimant à la Liberty University en Virginie le 12 mai 2012 / Photo AFP JIM WATSON
1. Mitt Romney retourne sa veste

De « pro-choix » quand il était gouverneur, l'adversaire républicain de Barack Obama pour la présidentielle a viré au « pro-vie », donc fervent opposant à l’avortement. Un changement de position qui lui vaut parfois les critiques de son propre camp conservateur.

Le 22 février 2012 lors d'un débat sur CNN, il répondait à une question sur la contraception. Il aborde alors une proposition de Barack Obama consistant à demander à l'Eglise catholique de fournir à ses employées une assurance santé incluant la contraception, la stérilisation et la pilule du lendemain. « Impensable!», s'exclame-t-il. « Je ne pense pas que nous ayons déjà vu dans l'histoire du pays ce type d'attaque contre la conscience, la liberté et la tolérance religieuse ».

2. Pilule contre cancer de la prostate

En février 2012, un législateur du New Hampshire, Jeanine Notter, s’appuie sur une étude publiée dans le British Medical Journal de novembre 2011 pour soutenir que la prise de pilule par les femmes peut entraîner un cancer de la prostate chez les hommes. Le lien de cause à effet reste flou. Même les auteurs de l’étude ont tenu à souligner que cela relevait pour l’instant d’une hypothèse.





3. Échographies et avortements

L’ancien candidat républicain à la présidentielle, Rick Santorum, a déclaré en février 2012 que « beaucoup de tests prénatals sont faits pour identifier des déformations in utero et la procédure habituelle encourage les avortements ». Il poursuit « Nous savons que 90% des enfants porteurs du syndrome de la trisomie 21 aux États-Unis sont avortés ». Une affirmation qui ne repose sur aucune statistique nationales mais seulement régionales selon le site de vérification d'informations politifact.


4. Vaccins et retards mentaux

En septembre 2011, au cours des primaires du camp républicain, Michele Bachmann se met hors jeu. Elle déclare lors d'un débat télévisé –sans preuve médicale- que le vaccin du papillomavirus utilisé contre le cancer du col de l’utérus provoque des retards mentaux chez les jeunes filles qui en bénéficient.
Elle soutient même ensuite, pour étayer sa thèse, qu'après le débat le témoignage qu'une mère lui a fait corrobore ce qu’elle a avancé. Tollé dans la classe politique, les médias et parmi les médecins qui craignent un recul du nombre de vaccinations prévenant ce cancer. C'en est fini de la présidentielle 2012 pour Michele Bachmann.


Sarah Palin, ancienne candidate à la présidentielle américaine 2007 pour le Tea Party / Photo AFP
Sarah Palin, ancienne candidate à la présidentielle américaine 2007 pour le Tea Party / Photo AFP

5. Sarah Palin envers et contre l'avortement


Sarah Palin s'est faite remarquer lors de la campagne présidentielle 2007 pour ses propos très conservateurs en matière d'avortement toujours entourée à la tribune de toute sa famille. Dès 2006, lors d'un débat public télévisé , elle annonce qu'elle « choisirait la vie » même dans le cas où sa fille était victime d'un viol. Elle ne soutiendrait l'avortement qu'en cas de danger pour la mère. Hors course pour l'élection 2012, elle reste toujours dans le paysage politique conservateur.

Quand les médias s'en mêlent

La star des ondes fait des vagues

L'éditorialiste Rush Limbaugh, star de la radio aux États-Unis a brillé par son ultraconservatisme à nouveau. A son micro, il a traité l'étudiante Sandra Fluke de « salope » et de  « prostituée » au motif qu'elle venait de défendre lors d'une audition au Congrès une proposition de l'Administration Obama visant à ce qu'universités et hôpitaux catholiques remboursent la pilule. Après les vives réactions soulevées par ses propos et le désistement de plusieurs annonceurs de son émissions radio, Rush Limbaugh a dû s'excuser publiquement.